« L’attentat de Hanau devrait être un signal d’alarme pour les voisins de l’Allemagne »

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Des proches pleurent Ferhat Unvar, l’une des victimes de la tuerie, le 24 février à Hanau, Allemagne.
Des proches pleurent Ferhat Unvar, l’une des victimes de la tuerie, le 24 février à Hanau, Allemagne. KAI PFAFFENBACH / REUTERS

La chancelière Angela Merkel a qualifié la tuerie de Hanau de « crime de haine ». Elle a ainsi mis ces tirs mortels sur le même plan que la série d’attentats commise par le Parti national-socialiste souterrain (NSU) entre 2000 et 2011, l’assassinat du préfet Walter Lübcke en juin 2019 et l’attentat contre la synagogue de Halle en octobre 2019. Ces quatre actes terroristes ont en commun d’avoir profondément perturbé la perception qu’ont les Allemands d’eux-mêmes.

Ceux-ci se sont longtemps crus vaccinés contre toute dérive d’extrême droite grâce à leur maîtrise particulière du passé (le Vergangenheitsbewältigung) c’est-à-dire leur travail mémoriel sur le nazisme. Aucune autre société européenne n’a pu profiter d’une éducation civique aussi approfondie pour prévenir toute radicalisation. Mais aucun autre Etat européen ne peut être considéré à ce point comme étant le berceau de l’extrémisme de droite.

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Dans son rapport annuel 2018, l’Office fédéral de protection de la Constitution a comptabilisé 24 100 militants d’extrême droite, et classé comme violents plus de la moitié d’entre eux. Le nombre de militants d’extrême droite violents a ainsi doublé presque tous les dix ans depuis 1990. Il est cependant extrêmement difficile de comparer ces chiffres alarmants dans un cadre de référence européen. Une étude comparative de la gravité des violences d’extrême droite dans les Etats membres de l’UE serait actuellement vouée à l’échec : les données sont collectées sur des bases différentes.

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Bien que la prise de conscience politique et sociétale de la menace soit très récente, l’extrémisme de droite est une constante dans l’histoire de l’Allemagne de l’après-guerre. Encore aujourd’hui, le national-socialisme reste l’idéologie de référence de cette mouvance, même si les différents groupuscules ne sont pas homogènes idéologiquement et qu’ils ont adopté des comportements et une apparence nettement plus « modernes ».

Une nébuleuse plus complexe et volatile

Les crimes politiques commis par l’extrême droite n’ont cependant attiré que très peu l’attention jusqu’aux années 2000. Les services de renseignement se préoccupaient au premier chef, sous la menace de la Fraction armée rouge (RAF), des crimes commis par l’extrême gauche et, depuis quelques années, de ceux imputables au terrorisme islamiste et au djihadisme. Plus tard encore, le service de renseignement allemand qui surveillait les groupes extrémistes a commis une erreur stratégique en conservant une vision des années 1990.



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