En Italie, Salvini provoque un tollé en critiquant les avortements d’étrangères

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Le chef de l’extrême droite italienne, Matteo Salvini, a déclenché une vague d’indignation lundi 17 février après avoir dénoncé le recours selon lui fréquent de femmes étrangères aux urgences médicales pour des avortements, en raison d’un « style de vie non civilisé ».

L’interruption volontaire de grossesse (IVG, jusqu’au troisième mois) a été légalisée en 1978 en Italie. Au-delà du troisième mois, l’avortement reste possible pour des raisons thérapeutiques limitées. Mais c’est une intervention difficile à effectuer car 70 % des gynécologues refusent de la pratiquer au nom de l’« objection de conscience ».

« Nous avons eu des signalements selon lesquels certaines femmes, qui ne sont ni de Rome ni de Milan, se sont présentées pour la sixième fois aux urgences de Milan pour une interruption de grossesse », a déclaré Matteo Salvini, qui dit s’appuyer sur le témoignage d’infirmières aux urgences. « Ce n’est pas mon travail, ni celui de l’Etat de donner des leçons de morale ou d’éthique à qui que ce soit, il est juste que la femme choisisse pour elle-même et pour sa vie. Mais on ne peut pas considérer les urgences comme la solution à un mode de vie non civilisé », a lancé le chef des souverainistes, lors d’une réunion publique à Rome.

Et de poursuivre :

« Certains ont pris les urgences pour un distributeur automatique de soins sans payer un centime. Il est temps de dire stop aux milliers de citoyens non italiens qui campent aux urgences. La troisième fois que vous vous présentez, vous payez. »

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Le monde médical dément

Ces propos ont suscité un tollé dans la classe politique, le chef du Parti démocrate (centre gauche, au pouvoir), Nicola Zingaretti, dénonçant « les insultes, les théories extravagantes et les statistiques aléatoires » de M. Salvini. « Heureusement, dans les services d’urgences italiens, on n’écoute pas ses provocations. On ne touche pas aux femmes. On ne touche pas au service sanitaire italien », a ajouté M. Zingaretti.

Le monde médical a aussi réagi, mettant en doute la situation décrite par Matteo Salvini. « L’avortement ne se pratique pas en Italie dans les services d’urgences, cela semble étrange, voire impossible, à moins que ne survienne une pathologie, un avortement spontané, ce qui est rare », a expliqué Pina Onotri, la secrétaire générale du Syndicat des médecins italiens SMI.

Pour la docteure Gisella Giampa, gynécologue à l’hôpital Sandro Pertini de Rome, M. Salvini « généralise à partir de cas rares ». « Je pratique la gynécologie d’urgence depuis longtemps et je peux dire que le cas de figure qu’il évoque n’arrive quasiment jamais », a-t-elle déclaré, précisant que l’avortement en Italie s’inscrit dans un parcours de soins bien précis.

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