Ursula Von der Leyen auditionnée par le Bundestag dans le cadre de l’« affaire des consultants »

0
40


Ursula von der Leyen lors de son audition par la commission d’enquête parlementaire au Bundestag,  à Berlin, le 13 février.
Ursula von der Leyen lors de son audition par la commission d’enquête parlementaire au Bundestag,  à Berlin, le 13 février. JOHN MACDOUGALL / AFP

A Berlin, les dernières apparitions publiques d’Ursula von der Leyen dataient de juillet 2019, quand elle quitta le ministère de la défense pour se préparer à ses futures fonctions de présidente de la Commission européenne. On se souvient notamment des photos la montrant aux côtés d’Angela Merkel, dont elle avait été de tous les gouvernements depuis 2005, et d’Annegret Kramp-Karrenbauer (« AKK »), qui récupérait le portefeuille de la défense. La chancelière et ses deux « dauphines », l’une en partance pour Bruxelles, l’autre se préparant à lui succéder à Berlin… « Ce n’est pas ainsi que nous avions imaginé la fin du patriarcat », titra ironiquement, à l’époque, le quotidien Die Tageszeitung.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Allemagne : « l’affaire des consultants » secoue le ministère de la défense

Jeudi 13 février, Ursula von der Leyen était de retour à Berlin pour un rendez-vous dont elle se serait bien passée, et dont les hasards du calendrier firent qu’il ait lieu alors que la droite allemande est en pleine crise, trois jours après que « AKK » a annoncé qu’elle renonçait à être candidate à la chancellerie. L’objet du rendez-vous : l’audition de Mme von der Leyen par la commission d’enquête parlementaire chargée de faire la lumière sur les conditions dans lesquelles le ministère de la défense, du temps où elle le dirigeait, a eu recours à des consultants extérieurs grassement rémunérés.

Les embauches relevaient d’un « niveau hiérarchique inférieur »

Durant son audition, qui a duré presque cinq heures, l’ancienne ministre a certes reconnu qu’il y avait eu des « erreurs » dans l’attribution de certains contrats. Mais elle a récusé toute implication personnelle, expliquant que les embauches relevaient d’un « niveau hiérarchique inférieur » au sien. Elle a également assuré avoir pris les mesures nécessaires quand la Cour des comptes, à l’automne 2018, a calculé que son ministère avait versé plus de 200 millions d’euros à des conseillers venus du privé rien qu’en 2015 et 2016, soit plus d’un quart de ce qu’ont coûté l’ensemble des consultants extérieurs ayant travaillé pour le gouvernement fédéral entre 2014 et 2018. A l’époque, la Cour avait estimé à moins de la moitié le nombre de contrats établis par le ministère de la défense dans le respect des procédures habituelles en matière d’appels d’offres.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Mystérieuse suppression des données de l’ancien portable d’Ursula von der Leyen

Pour Mme von der Leyen, « il est d’autant plus regrettable que des erreurs aient été commises » que le recours à des consultants extérieurs était nécessaire, selon elle, pour mettre en œuvre l’ambitieuse politique de modernisation dont elle fut chargée au ministère de la défense. Pour la Bundeswehr (l’armée allemande), les années von der Leyen ont en effet marqué un tournant. Dans un contexte de montée des tensions internationales (annexion de la Crimée par la Russie, guerre contre le terrorisme…), l’Allemagne entendait désormais « s’impliquer plus tôt, avec plus de détermination et de façon plus substantielle », comme elle l’avait expliqué elle-même, le 31 janvier 2014, lors de la Conférence sur la sécurité de Munich.



Source link

Have something to say? Leave a comment:

Booking.com