En Iran, le guide Ali Khamenei reste inflexible

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Le guide Ali Khamenei prononce son sermon lors de la prière du vendredi qu’il a choisi de diriger, le 17 janvier, à Téhéran.
Le guide Ali Khamenei prononce son sermon lors de la prière du vendredi qu’il a choisi de diriger, le 17 janvier, à Téhéran. AFP PHOTO / HO / KHAMENEI.IR

Dans la tourmente, il a fallu fixer la ligne du régime, une ligne dure. Pour Ali Khamenei, l’heure n’est pas à la réconciliation nationale mais à la consolidation de sa base, les plus fervents partisans de la République islamique. Vendredi 17 janvier, le Guide de la révolution iranienne a voulu se montrer inflexible.

Après l’assassinat de Ghassem Soleimani, les frappes de missiles iraniennes sur des installations militaires américaines en Irak et le crash du Boeing d’Ukraine Airlines abattu par la défense aérienne iranienne, le chef de la République islamique avait décidé de diriger la prière du vendredi pour la première fois depuis 2012. La mesure exceptionnelle a donné l’occasion au guide d’annoncer, en temps de crise, les orientations du régime. Juché sur un balcon face à des centaines de dignitaires religieux, militaires et civils de la République islamique, un fusil à lunette posé comme c’est l’usage contre son pupitre, l’ayatollah Ali Khamenei a tâché de reprendre le contrôle du récit officiel.

« Les deux semaines qui viennent de s’écouler ont été marquées par des événements amers ou moins amers, a déclaré Ali Khamenei. Le jour où des millions d’Iraniens et des dizaines de milliers d’Irakiens sont descendus dans la rue, pour faire leurs adieux au grand commandant, fut un jour marqué par la volonté de Dieu. Cette volonté a également été exprimée le jour où les missiles des gardiens de la révolution ont frappé la base américaine. »

Les intérêts américains visés

La mise en scène de l’unité nationale lors des funérailles du général Soleimani, puis le triomphalisme qui a accompagné la première opération militaire iranienne directement dirigée contre des cibles américaines avaient pourtant été coupés dans leur élan par l’indignation suscitée par les mensonges officiels initiaux sur la catastrophe aérienne du 8 janvier. Ali Khamenei a paru vouloir l’effacer de l’histoire avec ses 176 victimes. Le guide n’est pas revenu sur les responsabilités du régime, se contentant d’exprimer son chagrin personnel en appelant les Iraniens à ne pas se détourner du seul deuil qui compte vraiment — celui du général Soleimani — et du seul événement significatif des semaines passées, l’attaque réussie contre les intérêts américains.

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« Khamenei n’a présenté aucune réforme. A dessein. La crise de crédibilité que traverse la République islamique depuis les manifestations de novembre et leurs centaines de victimes, tuées par la répression, et approfondie par le crash est secondaire pour lui », relève Clément Therme, spécialiste de l’Iran au Centre d’étude des relations internationales de Sciences Po : Il doit d’abord répondre à la crise de légitimité en ressoudant ses partisans grâce au carburant traditionnel du régime : l’antiaméricanisme. »



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