En Grèce, bientôt une femme présidente de la République

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La présidente du Conseil d’Etat, Ekaterini Sakellaropoulou, le 18 octobre 2018 à Athènes.
La présidente du Conseil d’Etat, Ekaterini Sakellaropoulou, le 18 octobre 2018 à Athènes. VASSILIS REMPAPIS / AFP

Ekaterini Sakellaropoulou, 63 ans, devrait dans quelques jours devenir la première femme de l’histoire grecque à être désignée présidente de la République. Le nom de l’actuelle présidente du Conseil d’Etat a été proposé par le premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, et sera soumis aux votes des députés grecs mercredi 22 janvier. « La Grèce se tourne vers l’avenir, a expliqué mercredi soir Kyriakos Mitsotakis lors d’une allocution télévisée. C’est un choix qui incarne l’unité et le progrès. » La proposition du premier ministre grec semble en effet faire l’unanimité.

L’élection du président de la République constitue parfois un exercice délicat, à l’origine, en décembre 2014, de la chute du gouvernement conservateur d’Antonis Samaras puisque le candidat proposé, l’ex-commissaire européen Stavros Dimas, n’avait pas recueilli le nombre de voix requis au Parlement. Mais, cette fois, Ekaterini Sakellaropoulou devrait dépasser sans difficulté le seuil des 200 voix (sur 300) nécessaire pour être élue.

En effet, les 158 députés de la Nouvelle Démocratie, le parti conservateur du premier ministre, les 22 élus du centre gauche Kinal et même le groupe parlementaire du Syriza (86 députés) vont voter pour sa nomination à ce poste hautement honorifique.

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« Valeurs progressistes »

Le parti de l’ex-premier ministre de gauche radicale Alexis Tsipras a certes critiqué le calendrier de cette annonce, survenue quelques heures après un revers politique suscité par le rétablissement du ministère de l’immigration, qui avait été supprimé six mois plus tôt lors de la formation du gouvernement conservateur de Kyriakos Mitsotakis. Mais difficile pour l’ex-premier ministre de ne pas soutenir la candidature de Mme Sakellaropoulou : M. Tsipras l’avait lui-même désignée en octobre 2018 comme première femme à la tête du Conseil d’Etat. « Elle a toujours vigoureusement servi la justice, la protection des droits individuels et la neutralité religieuse de l’Etat (…) Son élection récompensera les valeurs progressistes qu’elle a défendues en tant que juge », a reconnu jeudi Alexis Tsipras.

Originaire de Thessalonique, Ekaterini Sakellaropoulou s’est distinguée dans sa carrière dans plusieurs affaires de protection de l’environnement, notamment contre un barrage hydraulique qui aurait asséché une rivière en Thessalie. Elle avait par ailleurs soutenu la suppression de la mention de la religion sur les cartes d’identité grecques au début des années 2000, de même qu’une loi votée sous Alexis Tsipras permettant aux enfants nés de parents étrangers, mais ayant effectué la majorité de leur scolarité en Grèce, d’obtenir la nationalité grecque. En 2018, en tant que présidente du Conseil d’Etat, à la suite des plaintes d’associations de parents d’élèves grecs se plaignant de la présence d’écoliers immigrés dans les établissements, elle avait également décrété que l’insertion à l’école des enfants réfugiés était « légale et nécessaire ».



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