[Société] VIDEO – En attendant la prochaine éruption : évacuation du volcan, mode d’emploi

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L’observatoire volcanologique du piton de la Fournaise nous annonce la première éruption de 2020 pour bientôt. Alors, autant se préparer à cette éventualité : au mois d’octobre dernier, près de 50 randonneurs ont été évacués, en urgence, mais sans encombre, du sommet du volcan, quelques heures avant son entrée en activité. A qui le tour de monter dans l’hélicoptère de la gendarmerie ?

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C’est un rituel fixé dans le dispositif spécifique ORSEC piton de la Fournaise : « Dès que nous recevons l’arrêté préfectoral d’alerte 1 [éruption probable ou imminente], l’hélicoptère décolle », rappelle le Peloton de gendarmerie de haut montagne (PGHM), basé au Détachement air (ex-Base aérienne 181) de Gillot à Sainte-Marie. C’est ici qu’est hébergée la Section aérienne de la gendarmerie (SAG), avec ses deux hélicoptères, dont le fameux EC145 à la capacité d’emport étendue, en service depuis bientôt douze ans.

Mais gare, ça souffle autour, contrairement à la vénérable Alouette III ou à l’Ecureuil : autant être prévenu en cas de récupération express par les anges du ciel. Si les prémices d’une éruption volcanique devaient être détectés lors de votre visite au volcan, voici le déroulement des opérations. 

 

Le sommet en premier

 

Si la météo le permet, les hommes à bord de la machine vont effectuer une reconnaissance des itinéraires balisés, celui du sommet principalement. C’est la raison pour laquelle, en période de « vigilance volcanique », les randonneurs sont invités à ne pas sortir de ces sentiers, pour faciliter leur repérage et leur éventuelle évacuation. Il s’agit du premier niveau d’alerte du dispositif ORSEC volcan, en vigueur actuellement, il correspond notamment à la présence de signes d’agitation du piton de la Fournaise.

La zone sommitale est prioritaire lorsque tombe l’ordre d’évacuation. Pour mémoire, en février et en juin 2019, c’est ici qu’ont débuté les deux premières des cinq éruptions de l’année dernière. Les fissures éruptives se sont ouvertes à quelques dizaines de mètres du belvédère sur le cratère Dolomieu, au terminus du sentier d’accès au sommet. Les coulées l’ont d’ailleurs coupé lors de l’éruption de février et ont obligé l’Office national des forêts (ONF) à retracer l’itinéraire pour contourner la zone dangereuse.

 

Rangez tout ce qui vole

 

Il faut compter environ une demi-heure entre le déclenchement de l’alerte et l’arrivée de l’hélicoptère au volcan. Dès qu’il commence à survoler l’enclos, les gendarmes utilisent le haut-parleur dont il est équipé pour demander aux randonneurs de faire demi-tour et de regagner leur point de départ. 

Arrivé dans la zone du sommet, la machine se pose ou, si la topographie ne le permet pas, prend un simple appui sur patin pour embarquer le plus efficacement possible le maximum de visiteurs. A son approche, rangez casquettes, chapeaux et tout ce qui peut voler, tenez fermement vos sacs et bâtons de marche (mieux : repliez-les et rangez-les), regroupez-vous en vous accroupissant. Surtout les enfants, soyez vigilants : le souffle des pales peut projeter des lapilli et scories tant que la machine n’est pas posée.

 

Ne bougez pas sans y être invités

 

Pas question d’hélitreuiller (trop long), sauf cas extrême, et la machine ne coupe pas ses turbines. Attention aux pales qui continuent de tourner ainsi qu’au rotor de queue. Renoncez à toute approche inconsidérée. Pour des raisons de sécurité, vous devez obéir aux consignes transmises par gestes essentiellement, en raison du bruit. Outre le pilote, un homme de la SAG et un du PGHM sont à la manoeuvre, à l’embarquement comme au débarquement. En principe, ne vous dirigez pas tout seul vers la machine sans y être invité : attendez qu’on vienne vous chercher pour vous guider. 

Le transfert vers l’aire de poser du Pas de Bellecombe, à proximité du parking, prend moins de trois minutes. L’arrivée sur l’hélisurface est évidemment plus confortable, mais les mêmes consignes sont à respecter. Dès votre sortie, vous devez vous accroupir ou vous asseoir, regroupés à quelques mètres devant la porte l’hélicoptère selon les indications données, en tenant vos affaires et en sécurisant les enfants. Ne cherchez pas à vous éloigner de la machine tant qu’elle n’a pas redécollé.

La règle, explique un gendarme du PGHM, est de toujours rester en vue directe du pilote ou du mécanicien, afin que les personnels puissent s’assurer de la bonne compréhension des consignes et repartir sans attendre pour la rotation suivante. En octobre dernier, jusqu’à neuf personnes (dont trois jeunes enfants) ont été évacuées en un seul voyage. Durée du débarquement entre le poser et le redécollage : trente-neuf secondes exactement !

 

L’hélico parfois impuissant

 

Une fois le sommet évacué, l’hélicoptère embarque les randonneurs présents plus bas dans la pente et en particulier ceux les plus vulnérables : personnes plus âgées, enfants. En fonction de la situation, les autres visiteurs finiront de rentrer à pied.

Reste le cas où la météo ne permet pas le survol du volcan, comme au mois d’août dernier. Les gendarmes du PGHM doivent alors arpenter à pied l’itinéraire du sommet, après avoir gagné le Pas de Bellecombe en voiture depuis leur base si la couche nuageuse interdit une dépose à la Plaine-des-Cafres. A toute chose malheur est bon : à mauvaise météo, beaucoup moins de randonneurs en général.

 

Déficit d’information sur l’activité en cours

 

Une évacuation en hélicoptère laisse toujours un souvenir impérissable à ses bénéficiaires, comme ceux rencontrés en octobre dernier. Touristes partagés entre la déception pour certains de ne pas avoir pu découvrir le gouffre du cratère Dolomieu, coupés dans leur élan juste avant leur arrivée au sommet, et l’émerveillement d’un survol non prévu au programme, un véritable bonus au cours de leur séjour à La Réunion.

Un bémol toutefois pourrait ternir cet enthousiasme : un gros effort d’information reste à faire à l’égard des 120 000 marcheurs (environ) qui descendent chaque année dans l’enclos. Combien d’entre eux (locaux ou de l’extérieur) s’informent ou sont informés de l’état du volcan avant de se mettre en route ? Les panneaux affichés au niveau de la descente dans l’enclos (portail), de portée générale, ne font aucune référence à l’actualité volcanique en cours et au comportement à adopter en cas de signes d’une prochaine éruption, avant même l’arrivée des services de secours. Reste à savoir quand les projets en cours sur ce point aboutiront.

 

Texte, photos, vidéos :

François Martel-Asselin

 

 


 

En mai 2015, un couple de touristes tombait en plein déclenchement de l’alerte éruption. Son récit avec des images spectaculaires -> L’éruption du 17 mai 2015 vécue en direct : la vidéo et le récit



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