Les démocrates veulent voter un texte pour limiter le pouvoir de Trump de déclarer une guerre à l’Iran

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Nancy Pelosi, la présidente démocrate de la Chambre des représentants, à son arrivée au Capitole de Washington, mercredi 8 janvier.
Nancy Pelosi, la présidente démocrate de la Chambre des représentants, à son arrivée au Capitole de Washington, mercredi 8 janvier. J. Scott Applewhite / AP

Les démocrates organiseront jeudi 9 janvier un vote controversé au Congrès américain sur un texte visant à empêcher Donald Trump de faire la guerre à l’Iran, Washington retrouvant ses profondes divisions politiques après un rare moment d’union pour appeler à la désescalade.

Le président américain a beau avoir dépêché certains de ses plus hauts responsables sur la colline du Capitole pour informer à huis clos les parlementaires de tous bords sur l’Iran, rien n’y a fait.

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Les lignes partisanes ont largement défini les conclusions des parlementaires à la sortie des briefings. Pour la plupart des républicains, le secrétaire d’Etat Mike Pompeo, le chef du Pentagone Mark Esper, la directrice de la CIA Gina Haspel et le chef d’état-major américain, le général Mark Milley, ont donné un exposé « très utile » et convaincant.

Rares voix dissonantes chez les Républicains

Mais pour une majorité de démocrates, ils ont laissé de « nombreuses questions sans réponses ». « Nos inquiétudes n’ont pas été levées », a tranché Nancy Pelosi, puissante présidente de la Chambre des représentants, contrôlée par les démocrates. La chambre basse se prononcera donc jeudi sur une résolution « visant à limiter les actes militaires du président à l’égard de l’Iran », a-t-elle annoncé.

Ce texte a moins de chances de passer ensuite le cap du Sénat, contrôlé par le camp républicain du locataire de la Maison Blanche. Même si une rare voix est sortie indignée du briefing : le sénateur républicain Mike Lee.

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« Il est inacceptable que de hauts responsables de l’exécutif, je me fiche qu’ils soient de la CIA ou du ministère de la défense, ou autre, viennent nous dire que nous ne pouvons pas discuter et débattre du bien-fondé d’une intervention militaire avec l’Iran », s’est-il emporté. « Cela va à l’encontre des valeurs américaines » et « c’est anticonstitutionnel ».

Précisant qu’il était entré à la réunion sans savoir s’il voterait pour une résolution similaire à celle de la Chambre, il a lâché qu’après ce briefing « insultant », son choix était fait : il la soutiendra si et quand elle sera présentée au Sénat. Un autre républicain anti-interventionniste, Rand Paul, devrait aussi le faire.

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Une « frappe disproportionnée » selon les démocrates

En annonçant qu’elle organiserait ce vote jeudi, Nancy Pelosi a une nouvelle fois reproché à Donald Trump d’avoir fait tuer la semaine dernière le puissant général iranien Qassem Soleïmani à Baghdad : Il s’agissait d’une « frappe militaire disproportionnée et provocatrice » décidée « sans consulter le Congrès ».

« Cet acte a mis en danger nos militaires, diplomates et concitoyens en créant le risque d’une grave escalade des tensions avec l’Iran », alors même que le président Trump « a démontré qu’il n’avait aucune stratégie cohérente », a-t-elle déploré.

De nombreux membres de l’opposition démocrate s’interrogeaient sur la légalité de la frappe pour éliminer Soleimani, et sur la réalité d’attaques « imminentes » que le général iranien préparait, selon l’administration américaine, contre les intérêts américains.

Les informations confidentielles transmises par ces hauts responsables ne les ont pas convaincus. « Je repars non seulement insatisfait mais avec de vraies inquiétudes », a déclaré le sénateur Robert Menendez.

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« Je ne pense pas que les Etats-Unis soient plus en sécurité » après la mort du général Soleimani, a renchéri la sénatrice Elizabeth Warren, candidate pour la primaire démocrate dans la course à la Maison Blanche.

Mais la plupart des républicains se disaient convaincus. L’ancien candidat à la primaire républicaine contre Donald Trump, Ted Cruz, a dit avoir reçu « un volume considérable d’information sur la menace imminente », qui aurait visé, selon lui, « des Américains, des militaires, au Moyen-Orient ».



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