Aux Etats-Unis, Elizabeth Warren tempère ses propos pour éviter la glissade

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Elizabeth Warren, candidate à l’investiture démocrate pour la présidentielle américaine,  et l’ancien secrétaire au logement Julian Castro, qui a annoncé son soutien à la sénatrice après avoir abandonné la course. Ici lors d’un meeting à Brooklyn, le 7 janvier.
Elizabeth Warren, candidate à l’investiture démocrate pour la présidentielle américaine,  et l’ancien secrétaire au logement Julian Castro, qui a annoncé son soutien à la sénatrice après avoir abandonné la course. Ici lors d’un meeting à Brooklyn, le 7 janvier. Bebeto Matthews / AP

Le meeting a commencé avec plus de quarante minutes de retard. Officiellement parce qu’Elizabeth Warren était allée saluer ses fans qui n’avaient pas pu entrer dans le superbe théâtre kitsch de Brooklyn qui faisait salle comble. De manière beaucoup plus vraisemblable, parce que la candidate progressiste attendait de savoir ce qu’il en était des frappes iraniennes sur les bases où sont stationnées des forces américaines en Irak.

La sénatrice du Massachusetts a expédié l’affaire en commençant par « une note sobre » : des pensées pour les soldats américains et leurs familles. « Ceci nous rappelle que nous devons avoir une désescalade de la tension. Les Américains ne veulent pas d’une guerre en Iran. » Et puis c’est tout. Comme ses partisans interrogés avant le meeting, la candidate ne veut pas vraiment parler politique étrangère.

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Le souci, c’est de battre Donald Trump. Avec des idées nouvelles. « Si tout ce que les démocrates peuvent offrir c’est “business as usual” après Donald Trump, les démocrates perdront », a mis en garde la candidate à l’investiture démocrate pour la présidentielle de novembre, qui a conclu son meeting par un « 2020 est notre moment dans l’histoire ». Vraiment ? Le moment Warren semble un peu passé : elle régresse dans les sondages et peine à lever des fonds, tandis que son rival, le progressiste Bernie Sanders, a repris de l’avance, en dépit de son accident cardiaque, soutenue par l’égérie de l’aile gauche du parti, Alexandria Ocasio-Cortez.

« Cela fait partie de la campagne, gérer les hauts et les bas. Quand on est président, il faut aussi le faire », veut croire David Callaghan, 62 ans, retraité de Wall Street. Surtout, à moins d’un mois du Caucus de l’Iowa, qui lancera la vraie primaire, tout reste incertain. « Quel momentum ?, s’interroge James Park, 56 ans, architecte d’origine sud-coréenne. Quand [Barack] Obama a percé, il y avait un momentum. Pareil quand les femmes sont descendues dans la rue après l’élection de Donald Trump ou lors de metoo. Là, il n’y en a pour aucun candidat. Ils sont trop nombreux », poursuit M. Park, qui soutient l’ancien maire de New York, le milliardaire Michael Bloomberg.

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Pas de champion évident

Le meeting révélait un peu le désarroi des démocrates sans champion évident. Willa Hernandez, 28 ans, soutient le sénateur du Vermont Bernie Sanders, mais est venue assister au ralliement de Julian Castro, 45 ans, ancien ministre du logement d’Obama qui vient de quitter la course à l’investiture démocrate : « Je suis latino, je rêverais qu’un latino soit élu. Elizabeth Warren est la première candidate des femmes blanches riches, pas des latinos. » Willa Hernandez estime que la sénatrice ne comprend pas les classes populaires, en dépit de ses origines modestes, et parle depuis Harvard, dont elle fut professeure. De même, Alicia Shaw, Afro-Américaine de 40 ans, ne se sent « pas très connectée » à Mme Warren et a fait le déplacement car elle soutenait Julian Castro.



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