Face aux engins pilotés à distance, la recherche de nouvelles parades

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Un drone armé Reaper, sur la base militaire de Niamey, le 17 décembre 2019. Photo fournie par le ministère des armées.
Un drone armé Reaper, sur la base militaire de Niamey, le 17 décembre 2019. Photo fournie par le ministère des armées. Malaury Buis / AP

« Oui, nous pouvons être défaits par des engins à 100 euros munis de quelques kilos d’explosif, capables de détruire un radar ou un véhicule », admettait récemment un général de l’armée française. La mobilisation a été lancée quand, en 2016, deux soldats ont été blessés par un drone piégé tombé au sol, en Irak. Le commandement des opérations spéciales a aussitôt envoyé sur le terrain un prototype de fusil antidrones. Le ministère de la défense a accéléré ses programmes de protection.

Sur les champs de bataille, à l’intérieur des frontières, la menace est devenue un sujet majeur pour toutes les forces de sécurité. En 2018, près de 400 000 drones vendus dans le commerce ont volé dans l’espace national français, indique l’armée de l’air. Qui décrit « trois besoins : la protection des emprises sensibles, celle de zones temporaires pour des événements, celle de convois, par exemple de matières dangereuses ». Signe de cette préoccupation : pour les JO de 2024, le système de protection des aéroports de Paris sera directement connecté au commandement militaire de la défense aérienne qui surveille le ciel français 24 heures sur 24.

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Partout, on cherche la parade. Du côté des Etats-Unis, la lutte antidrones bénéficie de 500 millions de dollars dans le budget en cours du Pentagone. Les gros engins volants ne posent pas de problème nouveau – comme des aéronefs classiques, ils peuvent être repérés par des radars et détruits par des missiles. Les petits drones sont plus difficiles à neutraliser. Les industriels rivalisent donc d’inventivité.

Arrive des essaims de drones

Un faisceau à micro-ondes (champ électrique dirigé pour détruire les circuits d’une machine) vient d’entrer en phase de test dans l’armée de l’air américaine, tandis que les forces israéliennes expérimentent des minidrones cuirassés lancés directement contre des appareils attaquants pour les détourner de leur trajectoire.

Mais si les technologies sont disponibles – brouillage, prise de contrôle à distance, laser brûlant le drone, capture –, toutes ont des limites. Le brouillage de la 4G, grâce à laquelle les appareils pilotés à distance circulent, par exemple, est une arme à double tranchant : elle peut obérer les réseaux civils de communication alentours, paralyser les propres moyens des forces de sécurité.

Certains drones peuvent aussi passer en mode « suicide » dès qu’ils repèrent une intervention sur leur fréquence. Et le brouillage n’arrête pas les engins préprogrammés sur une cible. « Comment traitera-t-on demain des drones malveillants qui se placeront dans le sillage d’une livraison de colis par les airs ? », s’interroge la direction générale de l’armement au ministère français. Ces difficultés s’accroissent à mesure que les fabricants mettent au point des engins commerciaux de plus en plus rapides, dépassant les 100 km/h, avec un rayon d’action croissant, au-delà de 250 km. Avec la 5G, surtout, tout opérateur pourra piloter un petit drone depuis n’importe quel point de la planète vers un autre.



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