Les populations indigènes du Yucatan appelées à se prononcer sur le « Train Maya »

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Des sympathisants de l’Armée zapatiste de libération nationale, lors d’une manifestation contre le « Tren Maya », à Mexico, le 25 janvier.
Des sympathisants de l’Armée zapatiste de libération nationale, lors d’une manifestation contre le « Tren Maya », à Mexico, le 25 janvier. RODRIGO ARANGUA / AFP

C’est un projet pharaonique : sur 1 500 kilomètres, la voie ferrée est censée relier les ruines mayas entre elles pour doper le tourisme du sud-est du Mexique, bien au-delà de la station balnéaire de Cancun (Quintana Roo).

Baptisée « Train Maya », l’initiative symbolise la politique de grands travaux du président de gauche, Andrés Manuel López Obrador (« AMLO »). Mais l’ouvrage menace un patrimoine à la fois archéologique et écologique unique au monde, incitant les défenseurs de l’environnement à tirer le signal d’alarme. Le sort du mégaprojet controversé est entre les mains des communautés indigènes, appelées, samedi 14 et dimanche 15 décembre, à décider du lancement ou non du chantier.

« Si les gens disent non, ça s’arrêtera là », assure AMLO, adepte de la démocratie directe. Son gouvernement organise une consultation populaire dans 3 425 villages mayas situés près du tracé. Si le oui l’emporte, les travaux devraient commencer en avril 2020. Quatre ans plus tard, le train traversera à 160 kilomètres-heure cinq Etats pour former une boucle autour de la péninsule du Yucatan, région la plus visitée d’un pays classé au septième rang des destinations touristiques mondiales (41 millions de visiteurs étrangers).

L’objectif : connecter entre eux différents sites mayas, avec leurs spectaculaires pyramides et des stations balnéaires aux plages de sable fin.

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« Désenclaver les zones défavorisées »

La journée, le train à usage mixte sera pour les touristes et les passagers locaux. La nuit, ses wagons transporteront des marchandises, convertissant les quinze stations en pôles de développement régional. « De quoi désenclaver des zones défavorisées qui ne bénéficient pas des retombées du tourisme », milite le président Lopez Obrador.

Evalué à 5,6 milliards d’euros, le projet est devenu emblématique du mandat (2018-2024) du premier président de gauche de l’histoire récente du pays. « AMLO » veut créer des emplois pour lutter contre la pauvreté qui frappe plus de quatre Mexicains sur dix. Un fléau qui atteint 76 % de la population dans l’Etat du Chiapas (Sud-Ouest), où passerait le train.

Les déplacements et la reproduction des jaguars pourraient être affectés par les voies ferrées.

Mais le remède pourrait s’avérer pire que le mal. Un groupe de biologistes de l’université du Yucatan s’est inquiété « des possibles conséquences dramatiques pour l’écosystème ».



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