Tabata Amaral, la rénovation politique en « trompe-l’œil »

0
46


La députée Tabata Amaral lors d’une interview au Congrès brésilien, le 17 avril 2017.
La députée Tabata Amaral lors d’une interview au Congrès brésilien, le 17 avril 2017. EVARISTO SA / AFP

La députée Tabata Amaral, du Parti démocratique travailliste (PDT, gauche), n’avait qu’une demi-heure à nous consacrer, « tant son agenda médiatique est chargé », avait prévenu sa chargée de presse. Mais avec un débit très accéléré, la jeune femme de 26 ans réussit à dire beaucoup, dans un discours parfaitement articulé, glissant chiffres et références pour appuyer des idées qu’elle présente toujours comme « des convictions profondes ».

Celle qui a été choisie parmi les 100 personnalités de l’année par le magazine Time et les 100 femmes les plus influentes par la BBC s’est fait connaître du grand public lors d’une confrontation avec le ministre de l’éducation, dans une commission parlementaire, en avril. La députée, qui avait promis pendant sa campagne de faire une « nouvelle politique », ne prend pas de gants pour interpeller Ricardo Velez Rodriguez : « Vous êtes en poste depuis trois mois. Ce n’est pas possible de nous présenter un PowerPoint avec deux, trois souhaits. Où sont les projets ? Les objectifs ? En trois mois, on peut vraiment faire mieux. Alors, ou vous changez d’attitude, ou vous démissionnez. » Une semaine après, le ministre de 76 ans, qui avait accumulé les bourdes, quittait son ministère.

Sur les réseaux sociaux, Tabata Amaral devenait alors l’égérie de la gauche, comparée par la presse à la représentante Alexandria Ocasio-Cortez aux Etats-Unis, tandis que le Brésil découvrait son parcours atypique : issue d’un milieu très pauvre de la périphérie de Sao Paulo, elle a obtenu une bourse de l’université Harvard en astrophysique, puis en sciences politiques, en gagnant, très jeune, des concours d’excellence en mathématiques. A tous les micros, Tabata répétait que le Brésil a besoin « d’une vraie rénovation politique : plus de jeunes et de femmes, et vraiment formés professionnellement ». Un discours qui plaît énormément, alors que la crise de confiance envers la politique bat des records dans le pays.

En faveur de la réforme des retraites

Trois mois plus tard, pourtant, elle bascule de son socle au sein de la gauche ; elle est taxée de « traître » et violemment attaquée sur les mêmes réseaux sociaux pour avoir voté en faveur de la réforme des retraites du président Jair Bolsonaro, s’opposant à la consigne donnée par son parti mais suivant une décision prise au sein du mouvement Acredito (« Je crois »). Cette structure, de même que des fondations telles que RenovaBr (« Renouvelle le Brésil »), le Réseau d’action politique pour la soutenabilité (RAPS) et Agora (« Maintenant »), a émergé récemment et est financée par l’élite du pays. Elles contribuent toutes à l’ascension d’un nombre croissant de politiques, dont Tabata Amaral.



Source link

Have something to say? Leave a comment:

Booking.com