L’étrange demande d’asile à la France du meurtrier présumé d’un Géorgien de Berlin

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L’ambassade de France à Moscou, rue Bolshaya Yakimanka, en 2010.
L’ambassade de France à Moscou, rue Bolshaya Yakimanka, en 2010. LEMEZZA

La France ne s’attendait sûrement pas à une telle requête de la part d’un tueur professionnel suspecté de travailler pour des services secrets. Arrêté le 23 août, à Berlin, quelques instants après l’assassinat de Zelimkhan Khangochvili, dit « Tornike K. », un ex-commandant géorgien insurgé de la deuxième guerre en Tchétchénie (1999-2000), un certain Vadim Sokolov a déposé une demande d’asile à laquelle la France pourrait devoir répondre. Dès le 26 août, les autorités allemandes ont transmis cette requête au consulat de France à Moscou, au motif que ce Russe est entré, début août, dans l’espace Schengen par Paris. Or, la convention de Dublin stipule que c’est le pays qui accueille, en premier, le demandeur d’asile qui doit instruire le dossier.

On est loin des cas habituellement traités par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides. L’enquête menée par Berlin a en effet mis en évidence que le passeport du suspect était valide, mais que les informations contenues étaient fausses. Il s’agirait en fait de Vadim Krasikov, 54 ans, qui a fait l’objet d’un mandat d’arrêt international pour le meurtre d’un homme d’affaires russe, en 2013, à Moscou. Le parquet fédéral allemand s’est saisi, mercredi 4 décembre, de l’affaire, en précisant que le crime a été commis « soit pour le compte d’entités étatiques de la Fédération de Russie, soit pour celui de la République autonome tchétchène ».

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C’est la deuxième fois que l’Allemagne s’adresse à la France dans cette affaire. Le parquet fédéral a transmis, en septembre, une demande d’entraide judiciaire concernant le dénommé Sokolov. Elle vise son entrée dans la zone Schengen et son séjour en France avant de commettre son crime, après un passage par Varsovie. C’est en effet le consulat de France, à Moscou, qui lui a délivré, en urgence, le 30 juillet, un visa pour quatre-vingt-dix jours, avec multiples entrées.

Empreintes digitales

Fin août, le site d’investigation Bellingcat assurait que l’adresse personnelle de Sokolov, à Saint-Pétersbourg, figurant sur le passeport litigieux n’existait pas et que le formulaire de demande du visa n’avait été que partiellement rempli, évoquant notamment l’absence de mention d’un employeur. Une source officielle diplomatique française, contactée jeudi 5 décembre, a démenti cette affirmation. D’après les informations du Monde, Vadim Sokolov, qui se présente comme un célibataire de 49 ans, a bien inscrit qu’il travaillait comme ingénieur pour l’entreprise de construction Zao Rust, basée à Saint-Pétersbourg. Il a déclaré un revenu mensuel de 80 000 roubles et fourni une attestation d’employeur.



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