De la rue à l’assiette, vies de chiens au Cambodge

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Un abattoir où sont tués des chiens destinés à la consommation, dans la province de Siem Reap au Cambodge, le 25 octobre.
Un abattoir où sont tués des chiens destinés à la consommation, dans la province de Siem Reap au Cambodge, le 25 octobre. TANG CHHIN SOTHY / AFP

LETTRE DE BANGKOK

Cachez ce chien que je ne saurais voir ! La prise en compte croissante de la souffrance animale commence à avoir de – timides – effets sur la consommation de viande de chien en Asie : en 2018, la municipalité de Hanoï a recommandé aux Vietnamiens, parfois très friands – tout comme certains Chinois et Sud-Coréens –, de la chair de nos amis à quatre pattes, d’arrêter d’en consommer. Le message, publié sur le site Web de la capitale du Vietnam, précisait que manger du chien « avait un impact négatif sur l’image d’une ville moderne et civilisée ».

S’il est difficile de jauger les conséquences de ce conseil dans un pays où certains croient encore que la viande de chien donne de l’énergie et augmente les performances sexuelles, des signes montrent tout de même que la mode de la consommation de viande canine serait en baisse : pour toute une partie de la classe moyenne, le chien ne serait plus un plat mais un animal domestique. Le maire adjoint d’Hanoï, Nguyen Thi Minh, estime cependant que, sur les 490 000 chiens et chats de la capitale, 10 % sont élevés dans des buts commerciaux – ce qui inclut les raisons gastronomiques.

Pratiques sanguinaires

Au Cambodge voisin, la consommation des chiens reste en tout cas une industrie florissante : selon l’ONG Four Paws (« Quatre pattes »), deux à trois millions d’animaux seraient abattus chaque année dans ce pays. Les conditions d’abattage sont épouvantables : les chiens sont étranglés ou égorgés, et parfois noyés. Selon certains reportages, ces pratiques sanguinaires finissent parfois par affecter la santé mentale des bourreaux.

On assiste ainsi au Cambodge à l’émergence de tout un trafic où se bousculent vendeurs de chiens, employés d’abattoirs clandestins et patrons de restaurants annonçant en devanture, à Phnom Penh ou Siem Reap, la ville des temples d’Angkor : « Ici, on sert de la viande spéciale. » Une façon indirecte de dire au consommateur qu’il y a du chien – et du chat – au menu.

Toujours selon la même ONG, les chiens seraient proposés par une centaine de restaurants de la capitale et par une dizaine à Siem Reap. A raison de l’équivalent de deux à trois dollars par kilo pour l’achat d’un chien sur pattes, le commerce est juteux : dans un pays où le salaire mensuel d’une ouvrière du textile tourne autour de 200 dollars par mois, un trafiquant de chiens peut espérer gagner de 750 à 1 000 dollars mensuels.



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