Meetings nationaux: montrer ses muscles pour convaincre

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Les trois blocs principaux espèrent chacun attirer la plus grosse foule.

Une bonne foule est-elle signe de victoire ? Nos interlocuteurs n’en sont pas tous convaincus. Cependant, ce qui est certain, c’est qu’elle requinque les partisans, activistes et politiciens eux-mêmes. Et peut, non des moindres, attirer les indécis…

Montrer leur force. C’est un des enjeux des meetings que tiennent les partis politiques ce matin, dimanche 3 novembre. Le MMM de Paul Bérenger sera à Port-Louis alors que l’Alliance Morisien mobilise ses partisans à Vacoas. Navin Ramgoolam et Xavier-Luc Duval ont, eux, donné rendez-vous aux électeurs à Quatre-Bornes. Des meetings nationaux à la veille des élections font parties du folklore local comme le précise Reza Issack, ancien député du Parti travailliste. Mais il n’y a pas que. «C’est également une ultime tentative de convaincre l’électorat, voire pour mendier de votes», dit-il sans langue de bois.

Jérôme Boulle, un ancien député du MMM et qui a eu l’occasion d’exercer comme directeur de campagne électorale, explique qu’un meeting national à quelques jours des élections comporte plusieurs enjeux. Il faut d’abord essayer de comprendre les indécis. Une bonne partie d’entre eux ne font leur choix que quelques jours avant les élections. «Tout le monde aime être dans le camp des vainqueurs. Les partis politiques doivent montrer qu’ils ont la masse derrière eux pour attirer ces indécis. Si le meeting d’un parti est un fiasco, les indécis ne voteront pas pour lui», analyse l’ancien député mauve. Amédée Darga, également ancien député et ministre, s’aventure un peu plus loin. Cet exercice sert également à mobiliser les «électeurs opportunistes». Eux, ils avaient décidé de s’abstenir, mais ils changent d’avis quand ils voient un parti très fort. «Ils vont voter pour ce parti», explique l’ancien ministre.

Cependant, il ne suffit pas d’amasser une grosse foule pour se vanter d’être le parti ou l’alliance ayant la cote. Jérôme Boulle affirme que ces meetings seront l’occasion pour les différents partis de montrer que toute la nation mauricienne est derrière eux. Donc, les organiseurs veillent à ce que toutes les composantes de la société soient présentes. Il faut qu’il y ait des jeunes, des femmes, des personnes âgées, des personnes de différents milieux sociaux et de diverses origines. «Ce faisant, les leaders pourront dire que l’île Maurice est derrière eux», maintient-il. Dans ces manifestations, poursuit l’ancien député, il est important que chaque circonscription manifeste sa présence. C’est très significatif. Ils pourront se vanter qu’ils ont le soutien de l’électorat rural et urbain.

Pour sa part, déclare Amédée Darga, ces meetings peuvent changer la perception de l’électorat ou enlever les doutes dans la tête des électeurs. «Ceux qui avaient déjà pris la décision de voter parti X seront confortés dans leur choix. Ils seront rassurés. Bien sûr, il y a aussi l’influence sur les indécis», ajoute-t-il.

D’ailleurs, en parlant d’assurance, elle ne concerne pas que les électeurs. Une bonne foule à la veille des élections galvanise également les activistes. «C’est bon pour le moral des dirigeants», affirme Reza Issack. Il n’y a pas que les leaders ou les activistes. «Des candidats qui sont sur une estrade voyant une grosse foule devant eux sont gonflés à bloc. Les activistes, eux, seront encore plus motivés pour être sur le terrain», précise Amédée Darga.

Il y a le meeting de 1987 qui est pris comme exemple. Celui de l’Union MMM-MTD-FTS n’avait pas attiré bonne foule contrairement à son adversaire, l’alliance composée de MSM-PTr. Pour galvaniser la troupe, l’alliance dirigée par le MMM devait organiser un second meeting national quelques jours plus tard avec une meilleure foule et elle devait obtenir un score de 47 %.

Toutefois, Reza Issack reconnaît qu’une bonne affluence est bonne pour le moral, mais il insiste que ce n’est pas forcément un indicateur ou un signe de victoire. Un avis que ne partage pas Jérôme Boulle. Pour l’ancien député, le tournant des élections des 2014 a été deux photos juxtaposées de drone dans les colonnes de l’express. L’un montrant la bonne foule de l’alliance Lepep et, l’autre, alliance PTr-MMM, avec une audience médiocre. D’ailleurs, pour les élections de 2019 aucun de ce type d’appareil volant ne sera autorisé à survoler les meetings pour prendre des clichées… sauf probablement ceux de la police qui pourront soumettre un rapport par la suite au gouvernement.




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Lexpress

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