Tripoli retrouve sa fierté dans la contestation

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Publié aujourd’hui à 11h45

Abir Faytrouni, pharmacienne de 24 ans, place Al-Nour, à Tripoli, dans le nord du Liban, le 25 octobre. « J’aime qu’on soit réunis, riches et pauvres, toutes générations confondues. Tripoli a retrouvé son unité. Si le mouvement s’arrête, tout sera encore plus sombre », prévient la jeune femme.
Abir Faytrouni, pharmacienne de 24 ans, place Al-Nour, à Tripoli, dans le nord du Liban, le 25 octobre. « J’aime qu’on soit réunis, riches et pauvres, toutes générations confondues. Tripoli a retrouvé son unité. Si le mouvement s’arrête, tout sera encore plus sombre », prévient la jeune femme. DALIA KHAMISSY POUR “LE MONDE”

Dès qu’elle le peut, Abir Faytrouni quitte sa blouse de pharmacienne pour rejoindre les manifestants de la place Al-Nour, à Tripoli, dans le nord du Liban. « Tripoli a tellement souffert des divisions ! Et nous voici unis », se réjouit la jeune femme de 24 ans, au milieu d’une foule qui agite des drapeaux libanais et vibre au son d’une reprise de Helwa Ya Baladi, la chanson de Dalida. Comme à Beyrouth, toutes les générations sont représentées et la jeunesse est au premier plan : ces Tripolitains de 20 ans qui ont soif d’une vie décente, de dignité, et qui réclament un renouveau politique.

Traversée par les disparités sociales, Tripoli participe au mouvement de contestation qui secoue le Liban depuis le 17 octobre, dénonçant la corruption et l’incurie des dirigeants. Baignée par la Méditerranée, la seconde ville du pays est aussi la plus pauvre, bien qu’elle compte d’immenses fortunes investies en politique, comme le millionnaire et ancien ministre Mohamed Safadi et le milliardaire et ancien premier ministre Najib Mikati.

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Elle s’est longtemps sentie mal aimée, délaissée, stigmatisée. Elle se croyait condamnée à l’immobilité : « Il y a toujours eu une situation critique : des incidents sécuritaires intermittents, la pauvreté… », résume le jeune Mohamad Baalbaki. Et voici que la capitale du nord du Liban retrouve sa fierté. « Tripoli, mariée du Liban », « Tripoli, ville de la liberté et de la coexistence » : les slogans qui s’étalent sur des affiches géantes autour de la place sont euphoriques.

« Nouveau contrat social »

Et l’on veut y croire, à cette renaissance, dans une ville qui a trop souffert de la violence – les affrontements meurtriers entre banlieues pauvres, les attentats sanglants… – et du focus incessant sur la présence d’islamistes radicaux. « Tripoli n’a pas changé : elle montre son vrai visage, celui d’une ville multiple, dynamique, que l’on a voulu réduire à la guerre et à l’extrémisme, juge Imane El-Hoz, 24 ans, étudiante. Et Tripoli brille, dans la contestation nationale, par sa mobilisation et sa joie. C’est pour cela qu’elle s’est gagnée le surnom de “mariée de la révolution”. » Inhabituelle, la séquence, au début du mouvement, où un jeune DJ, Mahdi Karima, a électrisé la foule depuis l’étage d’un immeuble désaffecté de la place d’où partent harangues et chansons, a fait le tour du monde.



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