un nouveau témoignage embarrassant pour Donald Trump

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Le président avait imposé son avocat personnel aux diplomates chargés de l’Ukraine et voulait que Kiev enquête sur un groupe lié au fils de son rival Joe Biden, assure l’ambassadeur américain auprès de l’Union européenne.

Le Monde avec AFP et AP Publié aujourd’hui à 17h26

Temps de Lecture 2 min.

L’ambassadeur Gordon Sondland lors de son arrivée pour une audition au Congrès, le 17 octobre.
L’ambassadeur Gordon Sondland lors de son arrivée pour une audition au Congrès, le 17 octobre. Pablo Martinez Monsivais / AP

Ce n’était que partie remise. Malgré l’interdiction du président Dondalt Trump, Gordon Sondland, l’ambassadeur des Etats-Unis auprès de l’Union européenne, a été entendu à huis clos par la Chambre des représentants, jeudi 17 octobre, et a pris soin de se dissocier du président.

Le rôle de Rudy Giuliani en question

Avant de témoigner devant les élus enquêtant dans le cadre d’une procédure de destitution contre le président républicain, l’ambassadeur a rendu public une déclaration liminaire dans laquelle il explique que le président américain avait « ordonné » aux diplomates chargés de ce pays de parler à Rudy Giuliani au sujet des efforts de l’Ukraine pour lutter contre la corruption. « Nous avons été déçus par l’ordre du président d’impliquer M. Giuliani », a-t-il ajouté.

« Pour nous, les hommes et les femmes du département d’Etat et pas l’avocat personnel du président devraient être responsables de tous les aspects de la politique étrangère des Etats-Unis en Ukraine. »

Lors des échanges qui ont suivi, « M. Giuliani a souligné que le président voulait une déclaration publique du président [ukrainien Volodymyr] Zelensky sur la lutte contre la corruption », a-t-il poursuivi. Selon lui, Rudy Giuliani a « mentionné précisément » le groupe gazier Burisma comme un « sujet d’enquête important pour le président ».

M. Sondland a assuré qu’il ne savait pas à l’époque que Hunter Biden, le fils de Joe Biden – bien placé pour affronter Donald Trump lors de la présidentielle de 2020 –, siégeait au conseil de surveillance de cette entreprise – il l’a rejoint en 2014 et en a démissionné en avril 2019. L’ambassadeur explique aussi qu’il désapprouve le recours à un gouvernement étranger pour mener une enquête ayant pour but d’influencer les élections américaines.

L’une des ex-collaboratrices de l’ex-conseiller américain à la sécurité nationale John Bolton s’était alarmée de pressions de la Maison Blanche sur l’Ukraine. Selon des informations du New York Times et de NBC News, John Bolton voyait Rudy Giuliani, l’avocat personnel du président, « comme une grenade dégoupillée prête à faire sauter tout le monde ».

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Série de témoignages

Gordon Sondland est le dernier d’une série de témoins à être interrogés à huis clos par des élus. Sa comparution est particulièrement attendue, car des messages textuels et d’autres témoignages le placent au centre d’un dialogue de politique étrangère avec l’Ukraine.

Vendredi, Marie Yovanovitch, l’ex-ambassadrice des Etats-Unis en Ukraine a témoigné malgré l’interdiction de la Maison Blanche et a affirmé que Donald Trump avait fait pression durant des mois pour son rappel à Washington sur la base de « fausses accusations ». Mardi, les élus du Congrès ont interrogé un haut responsable du département d’Etat spécialiste de l’Ukraine, George Kent. Mercredi, c’était le tour de Michael McKinley, conseiller du secrétaire d’Etat Mike Pompeo jusqu’à sa démission en fin de semaine dernière.

« Nous voulons avancer vite », a expliqué l’élu démocrate Mark Pocan, en rappelant que l’objectif était de soumettre des articles de mise en accusation du président au vote de la Chambre des représentants avant la fin de l’année. Il reviendra ensuite au Sénat d’organiser le procès de Donald Trump. Compte tenu de la majorité républicaine dans cette enceinte, sa destitution est à ce stade peu probable.

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