30,3 arpents de Pas géométriques à Saint-Félix : de nouvelles allégations pointent du doigt des politiciens 

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L’affaire concernant l’hôtel Sheraton qui devait voir le jour sur les Pas géométriques de Saint-Félix est une saga sans fin. Cette fois, c’est une enquête d’une publication sud-africaine, Maroela Media, qui jette de l’huile sur le feu dans un article mis en ligne le mardi 15 octobre. Le dossier porte sur Clear Ocean Hotel & Resort Ltd, qui devait ériger un hôtel 5-étoiles à Saint-Félix pour Rs 12,6 milliards. Trois ans après l’obtention du bail, le chantier n’a toujours pas été ouvert.

«Many SAs’ Mauritius dreams are believed to be shipwrecked. » C’est le titre choisi par la publication sud-africaine Maroela Media pour son article visant à dénoncer les agissements des promoteurs de Clear Ocean Hotel & Resort Ltd (COHRL). Elle soutient que des politiciens mauriciens sont directement impliqués. 

Pour étayer ses dires, Maroela Media s’appuie notamment sur des mails qu’aurait envoyés la directrice d’une des compagnies derrière COHRL à un associé. Dans ces échanges, elle nommerait plusieurs fois un ancien ministre travailliste de l’Environnement, mais aussi très brièvement une autre personnalité politique qui fait partie du Conseil des ministres sortant. Contacté, l’ancien ministre travailliste nie toute implication dans cette affaire. 

Dans un courriel en date du 17 avril 2018, cette directrice fait référence, selon Maroela Media, à une somme de USD 16 millions (Rs 560 millions) devant être payée à une personnalité. Concernant l’autre politicien qui fait partie du gouvernement sortant, elle affirme qu’il va « go under » si le projet n’est pas mené à bon port. 

Le procès-verbal d’une réunion, qui aurait eu lieu en février dernier à Kaapstad, Afrique du Sud, entre cette directrice et des investisseurs potentiels de Western Cape, insinue que « l’ex-ministre (Deva) doit être payé USD 15 millions quand les fonds entrent ». Cette somme équivaut à environ Rs 525 millions. Contactée par Maroela Media, la directrice nie les allégations. 

L’affaire débute en 2006. Midas Acropolis Ltd, une autre entreprise qui n’a aucune expérience dans l’hôtellerie, obtient le bail du ministère mauricien du Logement et des terres, le 10 octobre 2006. Elle décroche ensuite un Environmental Impact Assessment (EIA). Le 1er décembre 2014, soit dix jours avant les élections générales, elle reçoit un autre EIA du ministère de l’Environnement, pour construire une station de dessalement. 

Mais en 2015, Midas Acropolis rend le bail, n’ayant pas pu démarrer le projet malgré les multiples délais accordés par les autorités mauriciennes. Le 3 novembre 2016, COHRL, constituée des deux sociétés Pelangi Resorts Holding Ltd (70 % d’actions) et Boutique Grand Surface Co. Ltd (30 %), reçoit un bail sur les 30,3 arpents de Pas géométriques occupés précédemment par Midas Acropolis. Ses promoteurs affirment que leur projet est une continuation de celui de Midas Acropolis et que, par conséquent, ils n’ont pas besoin d’un nouveau EIA, même si le projet subit des modifications. 

Or, le ministère de l’Environnement exige qu’une nouvelle demande soit déposée. Chose qui ne sera jamais faite. COHRL s’entête à aller de l’avant avec le même permis EIA. Tout comme Midas Acropolis, COHRL n’a aucune expérience dans l’hôtellerie. Trois ans après l’obtention du bail, le chantier n’a pas encore été ouvert, et ce malgré plusieurs délais supplémentaires accordés. Plusieurs des sociétés subsidiaires de COHRL ont été mises sous administration judiciaire. 

Alors que le ministre du Logement et des terres, Mahen Jhugroo, avait annoncé, en mai dernier, au Parlement qu’il accordait un dernier deadline, jusqu’au 30 juin de cette année, et malgré le fait que COHRL ne se soit toujours pas conformée avec les conditions du bail, le contrat n’a pas encore été résilié.

Pelangi répond aux allégations 

Sollicité, Rocky Boodhoo, directeur de Pelangi Resorts Holding, société qui est actionnaire principale de COHRL, nous a répondu en répercutant les arguments du groupe de promoteur. Le contenu de l’article est faux dans son intégralité, selon le directeur. « Nous tenons à souligner que Clear Ocean n’a pris part à aucun stratagème ni à aucun acte illégal. » Il souligne que Clear Ocean réfute les accusations suggérant la participation de l’ancien ministre travailliste. Rocky Boodhoo soutient que ce qui précède ne préjuge en rien des actions en justice pouvant être engagées pour les propos diffamatoires formulés dans l’article. 

Il rappelle que Clear Ocean a fait une demande pour le terrain en 2015 et qu’elle a reçu le bail en septembre 2017 après avoir soumis les documents requis et versé un dépôt pour le terrain, le bail, les frais d’enregistrement et le Consolidated Fund. Rocky Boodhoo ajoute que les constructions n’ont pas débuté car il n’a pas encore reçu le Planning Clearance pour demander un permis de construction. « Nous avons fait servir, il y a deux mois, deux mises en demeure au ministère du Logement et des Terres. » 

Il ajoute que les constructions débuteront quand l’autorisation de planification sera émise. « À cause de l’absence du Planning Clearance, la société subit une perte énorme. Nous avons déjà injecté Rs 217 millions dans le projet », fait ressortir le directeur. Il décrie aussi un harcèlement de la part de certaines personnes qui ne veulent pas que ce projet « qui créera beaucoup d’emplois pour les gens de la région » aboutisse.



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Defi Media

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