Les chaînes de valeur, nouvelles voies de développement, selon la Banque mondiale

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Dans un rapport, publié le 8 octobre, l’institution de Washington rappelle l’importance de toutes les étapes allant de la conception à la distribution d’un produit, ces chaînes de valeur qui ont contribué depuis dix ans à réduire la pauvreté dans les pays émergents.

Par Publié aujourd’hui à 15h36, mis à jour à 17h25

Temps de Lecture 2 min.

C’est la nouvelle courroie de transmission du commerce mondial. Les chaînes de valeur (c’est-à-dire toutes les étapes dans la conception, la fabrication et la distribution d’un produit) jouent un rôle essentiel dans la croissance du PIB, l’amélioration de la qualité des emplois et la réduction de la pauvreté, selon la Banque mondiale qui leur consacre son rapport annuel sur le développement dans le monde, publié mardi 8 octobre. Eclatées en multiples tâches et dispersées à travers le monde, ces chaînes offrent aux entreprises des pays émergents la possibilité de s’insérer dans l’économie mondiale, entraînant avec elles une partie du tissu économique local. Signe de leur importance : les biens intermédiaires, qui participent à la fabrication d’un produit fini, représentent désormais plus de la moitié du commerce mondial.

Pour illustrer son propos, l’institution installée à Washington donne l’exemple du géant sud-coréen Samsung, qui se fournit auprès de 2 500 entreprises disséminées dans le monde pour fabriquer ses smartphones. Les deux provinces du Vietnam où sont installés quelques-uns de ces fournisseurs sont devenues les plus riches du pays et la « pauvreté y a chuté considérablement », selon le rapport.

Davantage d’emplois pour les femmes

Selon les estimations de la Banque mondiale, une hausse de 1 % de la participation d’un pays dans ces chaînes mondiales de valeur augmenterait les revenus par habitant de 1 %, soit deux fois plus que le commerce traditionnel. Ensuite, les pays qui sont les plus intégrés aux chaînes de valeur mondiales, auraient le mieux réussi à lutter contre la pauvreté. Ce qui fait dire à l’institution de Washington qu’elles contribuent davantage au développement que la simple exportation de produits finis. Autre avantage : les entreprises intégrées dans ces chaînes de valeur emploient davantage de femmes que la moyenne observée dans les pays où elles sont implantées, même si ces dernières sont encore rares à accéder à des postes d’encadrement ou de managers.

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Ce plaidoyer pour les chaînes de valeur ne fait pas l’unanimité. Dans une note publiée en août 2017, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) s’inquiète du « risque de spécialisation sur une étroite frange de production » et de « la surdépendance aux entreprises multinationales dans l’accès à ces chaînes de valeur ». Et la Cnuced de conclure : « Une telle intégration superficielle se manifeste également dans l’asymétrie de pouvoir entre fournisseurs et entreprises donneuses d’ordre, et dans les faibles capacités de négociation des pays en développement ».

Une organisation de production qui risque de contribuer au réchauffement climatique

Pour tirer bénéfice de ces chaînes de valeur, la Banque mondiale préconise, notamment, l’accélération des investissements dans les infrastructures routières, portuaires ou ferroviaires pour renforcer leur connectivité et éviter la création d’enclaves de prospérité déconnectées du reste du pays. Les Etats doivent aussi miser sur la formation car ces chaînes bénéficient principalement aux emplois qualifiés, au risque de creuser les inégalités dans des pays où le réservoir de main-d’œuvre non qualifiée est important.

« Les gouvernements doivent s’assurer que les chaînes de valeur mondiales bénéficient à de nombreux groupes sociauxen particulier les pauvres et les femmes – et que l’environnement soit protégé », souligne ainsi Pinelopi Koujianou Goldberg, chef économiste à la Banque mondiale. Cette organisation de la production mondiale risque, en effet, de contribuer au réchauffement climatique en augmentant les distances parcourues entre les différentes étapes de production, et en produisant davantage de déchets à cause des emballages utilisés pour leur transport, surtout dans le secteur électronique.

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