Au Brésil, l’affaire des « oranges » provoque une crise au sein du parti présidentiel

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Plusieurs cadres du Parti social-libéral, la formation du président Bolsonaro, se retrouvent suspectés de détournements de fonds publics.

Par Publié aujourd’hui à 16h34

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Le président brésilien Jair Bolsonar, au palais Planalto à Brasilia, le 8 octobre.
Le président brésilien Jair Bolsonar, au palais Planalto à Brasilia, le 8 octobre. ADRIANO MACHADO / REUTERS

Au Brésil, on appelle cela une « orange ». Pourtant, contrairement à l’agrume, l’expression ne renvoie pas à quelque chose de sain, mais au contraire à un scandale financier, et plus précisément à une personne dont l’identité est utilisée pour dissimuler une fraude, commise par un tiers. L’origine de la métaphore populaire est mystérieuse. Mais, à la faveur d’une affaire de détournement de fonds touchant le pouvoir, elle se retrouve aujourd’hui à la une des médias du pays.

Selon le Parquet, qui a remis, vendredi 4 octobre, les conclusions de son enquête, le ministre du tourisme, Marcelo Alvaro Antonio, serait en effet suspecté de se trouver au cœur d’une vaste affaire de détournement de fonds de campagne. Le scandale, révélé par le quotidien Folha de Sao Paulo début 2019, impliquerait, dans plusieurs régions du Brésil, des cadres du Parti social-libéral (PSL), formation du président Jair Bolsonaro. Il pourrait avoir, à terme, de lourdes conséquences sur l’avenir du mouvement.

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L’histoire remonte aux élections de 2018, et à la marche vers le pouvoir du candidat d’extrême droite. Marcelo Alvaro Antonio est alors député, dirigeant du PSL dans le Minas Gerais (sud-est) et candidat à sa réélection. C’est à ce moment qu’il aurait détourné les fonds de campagne alloués à plusieurs candidates fantômes (les fameuses « oranges ») au poste de député. Ces candidates n’auraient en réalité jamais fait campagne. En tout, pour le seul Minas Gerais, près de 190 000 reais (42 000 euros) auraient été soustraits selon la justice, et ce au profit de dirigeants de la formation.

Un juge doit encore décider de l’ouverture ou non d’un procès. De son côté, le ministre du tourisme a exclu de quitter son poste. « Pourquoi me retirer, alors que j’ai la conscience tranquille ? », a simplement commenté M. Alvaro Antonio à la radio, lundi.

« L’opposition reste fragmentée »

Le maintien de M. Alvaro Antonio à son poste interroge alors que les indices contre lui se multiplient. L’affaire a déjà eu de sérieuses répercussions. Au mois de février, le tout-puissant secrétaire général de la présidence, Gustavo Bebianno, impliqué dans le même scandale, avait été brutalement limogé par Jair Bolsonaro. Mais il semble aujourd’hui que le limogeage de M. Bebianno soit davantage le fait de ses liens exécrables avec l’un des fils du président, Carlos, que cette affaire de détournement de fonds publics. Dans un pouvoir au fonctionnement clanique, se fâcher avec l’ainé des Bolsonaro, surnommé le « pittbul » du président, est, de fait, un crime de lèse-majesté.



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