En Algérie, l’opposition islamiste ne participera pas à la présidentielle du 12 décembre

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Avec le renoncement du Mouvement de la société pour la paix (MSP), il n’y aura pas de candidat de l’opposition non issue du système.

Par Publié aujourd’hui à 16h39, mis à jour à 16h55

Temps de Lecture 2 min.

Abderrazak Makri, président du Mouvement de la société pour la paix, lors d’une conférence de presse qu’il a animée au siège de son parti, à Alger, le 29 septembre 2019.
Abderrazak Makri, président du Mouvement de la société pour la paix, lors d’une conférence de presse qu’il a animée au siège de son parti, à Alger, le 29 septembre 2019. RYAD KRAMDI / AFP

Le pouvoir algérien va-t-il se retrouver seul dans l’isoloir, selon la formule du quotidien Liberté ? Après la décision, ce week-end, des formations islamistes de ne pas participer à la présidentielle du 12 décembre, il n’y aura pas de candidat de l’opposition non issue du système. Les partis du courant démocrate avaient annoncé dès la convocation du corps électoral, le 15 septembre, qu’ils ne participeraient pas à un scrutin destiné selon eux à « perpétuer le régime ».

Dimanche 29 septembre, le Mouvement de la société pour la paix (MSP), principal mouvement islamiste en Algérie, a annoncé à son tour qu’il renonçait à présenter un candidat. La formation plaidait pourtant pour un règlement de la crise à travers un retour rapide au processus électoral. Craignant une fraude organisée, elle jette l’éponge.

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La décision du MSP fait suite à une réunion, samedi soir, de son conseil consultatif, le parlement du parti. « Les préalables requis, notamment la transparence de l’élection, la satisfaction des revendications du hirak [le mouvement de contestation qui secoue le pays depuis février] ne sont pas réunis », a expliqué le porte-parole du mouvement, Bouabdallah Benadjimia.

Le maintien du gouvernement de Noureddine Bedoui, le dernier exécutif nommé par Abdelaziz Bouteflika avant sa démission le 2 avril, a convaincu le principal parti d’opposition au Parlement (34 sièges sur 462) que les conditions d’une élection transparente n’étaient pas réunies.

Les « niches de la fraude »

« C’est un indicateur de la persistance de la même mentalité qui prévalait au sein du pouvoir. Si le premier ministre était parti, cela aurait peut-être influé sur la décision du conseil consultatif, mais son maintien nous a convaincus que rien ne changera », a précisé en fin de journée Abderrazak Makri, le président du MSP, lors d’une conférence de presse qu’il a animée au siège de son parti. Le départ de Noureddine Bedoui, ancien ministre de l’intérieur accusé d’avoir organisé la fraude aux dernières élections locales, était l’une des conditions exigées par le mouvement islamiste.

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Le MSP a également critiqué la nouvelle loi électorale et l’autorité indépendante électorale mise en place pour organiser le scrutin. « Cette autorité n’est pas indépendante de l’administration. Elle est plutôt indépendante des partis politiques qui ne pourront pas contrôler le déroulement du vote », a ironisé Abderrazak Makri, en s’attardant longuement sur les « failles » et les « niches de la fraude » qui persistent. « Cette autorité aura finalement le rôle que lui donnera le pouvoir », a-t-il conclu en regrettant que, selon les remontées d’informations des militants de son parti, « de nombreux Algériens veulent pourtant aller à la présidentielle ».

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Avec le renoncement du MSP, quelques heures après celui du Front pour la justice et le développement (FJD, islamiste) d’Abdallah Djaballah, le scrutin présidentiel du 12 décembre est réduit pour le moment à une compétition entre anciens ministres d’Abdelaziz Bouteflika. Et à un duel entre Ali Benflis, chef du gouvernement de 2000 à 2003, et Abdelmadjid Tebboune, premier ministre en 2017.



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