Paris et Rome vont défendre « une position commune » sur la répartition des migrants en Europe

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Les pays de l’UE devront participer au « mécanisme automatique » de répartition, voulu par Emmanuel Macron et Giuseppe Conte, sous peine de pénalités financières.

Le Monde avec AFP Publié le 19 septembre 2019 à 01h30

Temps de Lecture 2 min.

Emmanuel Macron et Giuseppe Conte ont donné une conférence de presse au palais Chigi à Rome, mercredi 18 septembre.
Emmanuel Macron et Giuseppe Conte ont donné une conférence de presse au palais Chigi à Rome, mercredi 18 septembre. Domenico Stinellis / AP

Après des mois de brouille franco-italienne, le président français Emmanuel Macron et le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte se sont dit d’accord, mercredi 18 septembre, pour mettre en place un « mécanisme automatique » de répartition des migrants.

Après deux ans de dissensions sur cet épineux dossier, ils défendront désormais au sein de l’Union européenne (UE) « une position commune pour que tous les pays participent d’une façon ou d’une autre » à l’accueil « ou bien soient pénalisés financièrement », a expliqué M. Macron.

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Lors d’une conférence de presse commune, ils ont aussi réclamé une gestion « plus efficace » du renvoi dans leur pays d’origine des migrants qui n’ont pas droit à l’asile. Le dirigeant italien a souligné que l’Italie ne « laisserait pas les trafiquants décider des entrées sur le territoire », mais aussi jugé qu’il fallait « gérer ce phénomène », quand l’ancien ministre de l’intérieur Matteo Salvini, patron de La Ligue, refusait tout débarquement de migrants.

La France solidaire

Regrettant de son côté « l’injustice » vécue par les Italiens, Emmanuel Macron a répété que l’UE n’avait pas été suffisamment solidaire envers l’Italie. « La France est prête à évoluer sur ce point dans le cadre de la remise à plat des accords de Dublin », qui confient actuellement aux pays d’arrivée la charge du traitement des demandes d’asile, a-t-il dit. « Je ne mésestime pas ce que le peuple italien a vécu », a expliqué M. Macron, mais « la réponse au sujet migratoire n’est pas dans le repli mais dans une solution de coopération européenne efficace. »

Plusieurs ministres de l’Intérieur de l’UE (dont les ministres français, allemand et italien) doivent se réunir lundi à Malte pour discuter de ce dossier.

Les deux dirigeants n’ont toutefois pas évoqué devant la presse certaines des demandes de l’Italie venant en complément de la future répartition automatique des migrants en Europe. Parmi ces points qui restent à éclaircir figurent la répartition non seulement des demandeurs d’asile mais aussi des migrants économiques ainsi que la rotation des ports de débarquements, qui devrait intégrer des ports français. Fermé aux ONG secourant les migrants, les ports italiens se sont entrouverts ces derniers jours en laissant notamment débarquer sur l’île de Lampedusa 82 rescapés.

Un sommet bilatéral programmé

La visite du président français, la première d’un dirigeant européen depuis l’arrivée au pouvoir d’une nouvelle coalition en Italie, visait d’abord à rétablir de bonnes relations entre les deux pays, après une année de tensions avec les leaders de la précédente coalition populiste au pouvoir, notamment sur la question migratoire.

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Le chef de l’Etat français n’a passé qu’une soirée dans la capitale italienne, enchaînant un court entretien avec son homologue Sergio Mattarella et un dîner de travail avec le premier ministre Giuseppe Conte, récemment reconduit à la tête d’un nouvel exécutif où le Mouvement Cinq Etoiles (M5S) est cette fois associé au Parti démocrate (centre gauche) et non à la Ligue (extrême droite).

Entre l’Italie et la France existe « une amitié indestructible », a assuré le président français dont le déplacement à Rome a permis de programmer, pour 2020 en Italie, un sommet bilatéral, rendez-vous annuel initié en 1983 mais qui n’avait pas été mis à l’agenda l’an passé pour cause de tensions entre les deux pays.



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