[Politique] Municipales à Saint-Leu – Bruno Domen : “Il n’y aura pas de réconciliation avec Thierry Robert”

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JIR – Thierry Robert vous demande de le rejoindre sur sa future liste. Qu’allez-vous faire ? Le rejoindre ou confirmer votre candidature aux municipales de Saint-Leu ?

Bruno Domen – Je ne vais pas le rejoindre ! C’est une certitude. Concernant ma candidature, je consulte les militants, la population et les élus depuis le mois de janvier. Tout le monde me demande d’y aller. Le moment venu, je déclarerai ma candidature.

 

 

– Ca fait des mois que Thierry Robert se plaint de ce que vous ne lui parleriez plus. L’embauche de Christian Maldat est-elle vraiment à l’origine de votre brouille ?

– C’est un prétexte ! Dès le 7 mars, il poste sur Facebook “je sais construire mais je sais aussi détruire”. A cette époque, il n’est pas question de Christian Maldat. Ensuite, il y a le message du 7 avril, au Tévelave, pour la création de son association. Il dit qu’il ne soutiendra personne en 2020. Ce sont deux événements précurseurs qui montrent qu’il avait déjà ses idées en tête.

 

– Pourtant Thierry Robert assure que c’est à cause de cette embauche que vous ne vous parlez-plus…

– Avant de recruter Christian Maldat, je lui ai posé la question. Il trouvait ça très bien, il fallait le prendre, car c’est lui qui avait écrit le programme en 2008, 2012 et 2014. Il avait aussi participé à la stratégie politique. Il m’a dit littéralement : “C’est un gars compétent. C’est un fidèle et il est loyal”.

 

– Thierry Robert vous accuse en tout cas d’être celui qui a trahi…

– Je suis un homme simple. Je me sent trahi depuis le post du 19 mai, sur Facebook, où il me traite de voleur. Trois semaines avant mon investiture de décembre 2017, je lui dis clairement que je ne toucherai pas d’indemnité de maire. A l’époque, je perçois 774 euros et la ville traverse une période financièrement délicate. Et là, il se met debout et s’énerve en disant : “un élu qui travaille doit toucher une indemnité !”. J’ai fini par comprendre pourquoi. Quand il disait à la population qu’il touchait 300 euros d’indemnité de maire, c’était vrai. Mais ce que la population ne savait pas, c’est qu’il percevait aussi 5 800 euros en tant que député et 2000 euros en tant que vice-président du TCO. S’il ne touchait que 300 euros en tant que maire, c’est parce qu’il atteignait le plafond de 8 100 euros autorisé pour un élu. Au delà, il était obligé d’écrêter.

 

– Donc, le traitre, c’est lui ?

– En tout cas, je me suis senti trahi. J’ai traversé une période difficile après ce message du 19 mai. Quand on est un ami, vous ne faites pas ça. Dire que votre meilleur ami est un voleur…

  • La réconciliation est encore possible ?

  • Il n’y aura pas de réconciliation. C’est fini. Aujourd’hui, la page est tournée.

 

 

– Il dit que vous lui avez fait du mal…

– C’est lui qui juge ça. Je vous ai expliqué ce qu’il s’est passé (voir par ailleurs). Je n’ai jamais demandé à prendre sa place en mairie. Quand il démissionne de son poste de conseiller municipal en décembre dernier, il me met la pression depuis le 30 septembre pour que je sois candidat aux municipales. Je lui avais dit non. Et vous savez ce qu’il fait ? Le 6 décembre 2018, il me dit par écrit: “Salut, j’ai de nouveaux problèmes familiaux à gérer. Je ne peux plus vraiment continuer sur le poste de conseiller. Je t’ai envoyé ma démission (…) Sache que je serai toujours là pour les Saint-Leusiens et pour toi. Je sais que tu es capable de relever le défi. Je mets tous mes espoirs en toi”. La discussion sur ma candidature s’est terminée sur ce message.

 

– Vous pensez qu’il a essayé de vous détruire dès qu’il a su qu’il pourrait peut-être se représenter ?

– Exactement.

 

– Etes-vous prêt à le tuer politiquement ?

– Je ne suis pas là pour tuer l’ancien maire ou qui que ce soit d’autre. Je suis là pour gérer cette belle commune. Il y a du travail à faire. Nous avons de gros projets d’aménagement.

 

– Sa candidature vous inquiète ?

– C’est une candidature comme une autre. Il n’y a pas que celle de l’ancien maire. C’est un candidat que je connais. J’ai fait toutes ses directions de campagne qui se sont d’ailleurs toutes soldées par des victoires. Je le connais très bien.

 

– Vous assumez tout le bilan de la mandature ?

– Je suis élu depuis 2014. J’assume des choses. Des projets sont en train de sortir. Si on écoute Thierry Robert, c’est lui qui a tout fait et les autres élus n’ont rien fait.

 

– La ville a été en grande difficulté financière…

– On a été très mal à un moment. Nous étions dans le réseau d’alerte de la préfecture. Il a fallu redresser la barre. Lui même le reconnaît. On a aussi travaillé avec les services pour relancer les chantier de la médiathèque et de l’école Estella Clain.

 

– Thierry Robert s’est toujours vanté de mettre en œuvre une importante politique d’investissement. Vous assumez tout, même si la ville est entrée dans le réseau d’alerte de la préfecture à cause de ses difficultés financières ?

– La ville est sortie de ce réseau. Je l’en ai sortie ! J’assume en partie sa politique d’investissement. Mais si j’avais été au pouvoir, j’aurais utilisé le concours des autres collectivités au lieu d’emprunter. J’aurais d’avantage fait appel à la Région, au Département, au TCO. On fait des travaux depuis 18 mois avec leur participation. On peut mener des combats politiques mais on ne peut pas se battre tout le temps. A un moment, l’intérêt de tous doit primer. On n’emprunte pas alors qu’on peut obtenir des subventions des autres collectivités !

 

– Que reprochez-vous à Thierry Robert dans sa gestion ?

– Je n’ai pas de reproche à lui faire. Il défendra son bilan. Mais moi, à sa place, je n’aurais pas fait pareil.

 

– Qu’en est-il d’un rapprochement politique entre vous et Didier Robert. Beaucoup de rumeurs vont en ce sens…

– Un maire doit discuter avec les présidents de collectivité. C’est normal et c’est ce que je fais. Mais politiquement, je n’ai pas vu Didier Robert. Tout le monde raconte que je l’ai vu, lui même (NDLR : Thierry Robert) dit, dans ses vidéos, que je me rapproche de la Région, Mais c’est lui qui le dit.

 

– Vous pourriez avoir le soutien de Didier Robert pour les municipales ?

– Je n’ai pas encore déclaré ma candidature. On verra. Mais si quelqu’un vous soutient, qu’il soit LR, PCR, Région… je peux l’accepter. A condition que ce ne soit pas un parti d’extrême et que ça ne change pas ma ligne politique.

 

Propos recueillis par Jean-Philippe Lutton

 

 

 

Le film de la rupture selon Bruno Domen

 

Il ne s’en cache pas. Dans les jours qui ont suivi le premier post de Thierry Robert sur Facebook, le 19 mai, Bruno Domen était au fond du trou. Certains de ses amis tentent de lui parler de cette attaque. Bruno Domen ne veut pas en entendre parler. Il ne fait plus confiance à personne. Lui même doute profondément. La décharge est tellement forte, que, dans les minutes qui suivent le visionnage du post, Bruno Domen, n’y croit pas. “Je pensais que c’était un fake. Que son compte avait été piraté.” Et puis il doit se rendre à l’évidence quand Thierry Robert lui envoie par texto le lien du texte. Ce n’est pas un fake. Quand il repasse le film de leur rupture, Bruno Domen remonte jusqu’à 2004. C’est l’année où il a fait sa connaissance et où ils se voient tous les samedis, avec Christian Maldat “pour caler sa stratégie politique et sa stratégie de communication”. Bruno Domen devient son chef de cabinet en 2008, démissionne en 2013 à sa demande pour devenir candidat sur sa liste aux régionales et aux municipales. En 2017, Thierry Robert est réélu député. Il doit abandonner son fauteuil de maire. “Le 18 juin, il annonce à ma grande surprise qu’il souhaite faire de moi son successeur. Il ne m’avait pas prévenu. Quelque temps plus tôt, je lui avais même dit que je voulais démissionner”.

 

 

Ce jour là, il m’encense”

 

 

La crise s’aggrave au mois de mars de cette année. “Le 7 mars, je vois un premier post Facebook où il dit : « je sais construire, mais je sais aussi détruire ». Je ne fais pas un cas avec ça. Des gens me disent qu’il veut monter un coup contre moi, mais je dis que c’est impossible. Il n’y a pas l’épaisseur d’une feuille de cigarette entre nous. Le deuxième événement se déroule lors de la création de l’association Dobout et solidaire. Le dimanche, au Tévéleave, il fait un discours et, à la fin, il dit qu’il ne soutiendra aucun candidat en 2020 ! Devant moi ! Le lendemain, il m’appelle pour me parler de son discours pour savoir ce que j’en pense. Sans plus”. Les deux hommes se revoient. Le 28 avril pour un déjeuner avec leur famille et le 16 mai au cours d’une discussion de 2 heures au domicile de Thierry Robert. “Ce jour là, il m’encense. Il me dit que je n’ai pas besoin de lui pour gagner, que je vais gagner dès le premier tour, que je fais un gros coup avec le nouveau budget car on sorte du réseau d’alerte, on investit 40 millions d’euros, que notre capacité de désendettement passe de 14 à 7,25 ans… Il me dit : «franchement, les échos de terrain son favorable. Je ne vois pas comment tu peux perdre ». Il me dit que s’il y a besoin d’un coup de main, il viendra les deux dernières semaines mais qu’il n’interviendra pas pendant la campagne “.

 

Trois jours plus tard, Thierry Robert publie un texte sur son profil Facebook qui met fin à leur relation (voir par ailleurs). A partir de ce jour, Bruno Domen l’élimine de son agenda téléphonique, de son mail, exception faite de son adresse sur icloud. Thierry Robert lui enverra plusieurs messages pour essayer de rétablir les liens. Sans effet. “J’apprend ensuite qu’il veut que je lui parle et que, dans le cas contraire, il va sortir son plan B, confie Bruno Domen. Mais ce plan B, je pense qu’il l’a depuis le mois de décembre”.

 

J.-Ph.L.

 

 

 

Les mots qui ont mis le feu aux poudres

 

 

Le 19 mai, Thierry Robert publie un texte sur sa page facebook. S’il ne cite pas directement, il s’en prend clairement à lui. Il dénonce “son manque de réactivité” et questionne : “Est ce possible de servir le peuple au ralenti et avec peur de decider!?!?!?!? “. dans ce message, il fait allusion, sans le citer là encore, à l’emauche de Christian Maldat, son ancien directeur de cabinet qu’il a limogé. Il menace déjà d’activer son plan B “si aucune décision n’est prise immédiatement”. Mais la phrase qui va le plus blessé Bruno Domen est la suivante : “L’argent public c’est l’argent du peuple, pas l’argent des gens qui veulent s’en mettre plein les poches ! Je rigole en entendant certain dire qu’il n’a pas besoin des indemnités pour vivre.” L’actuel maire a le sentiment d’être qualifié de voleur, alors justement qu’il avait refuser de toucher son indemnité de maire.

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