Quinze ans après, les zones d’ombre subsistent sur la prise d’otages de l’école de Beslan

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Depuis le drame de septembre 2004, le chef du Kremlin Vladimir Poutine ne s’est jamais rendu sur place pour participer aux cérémonies du souvenir. De nombreuses questions sur l’assaut par les forces de sécurité demeurent sans réponses.

Par Publié aujourd’hui à 02h05, mis à jour à 02h06

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Commémoration du drame de la prise d’otage de l’école de Beslan, en Russie, le 3 septembre.
Commémoration du drame de la prise d’otage de l’école de Beslan, en Russie, le 3 septembre. EDUARD KORNIYENKO / REUTERS

LETTRE DE MOSCOU

Quinze ans après, Beslan est toujours en quête de vérité. La petite ville du Caucase russe reste hantée par le souvenir de sa rentrée des classes 2004. Les festives traditions du 1er septembre, cravate serrée au cou des garçons, ruban accroché aux cheveux des filles, ont viré au cauchemar lorsqu’un commando terroriste a pris en otage l’école, entassant 1 100 personnes dans le gymnase, piégeant le bâtiment d’explosifs. Pendant cinquante-deux heures, privés d’eau, élèves et parents ont vécu un calvaire. Puis les tirs, cris et flammes de l’assaut par les forces de sécurité. Au milieu des explosions et du chaos, 334 personnes sont mortes, dont 186 enfants.

Chaque rentrée scolaire est, depuis, la pénible commémoration de ces jours tragiques. « Bonjour princesse ! », taguent des parents sur les murs près de l’école. Cierges, fleurs, peluches et bouteilles d’eau débouchées s’étalent sur le sol du gymnase, symboles du traumatisme des victimes assoiffées. Ces enfants ne sont plus que des souvenirs rangés et chéris, jouets sur des étagères, robes immobiles, photos de sourires figés. Et des tombes au milieu d’un cimetière immense.

Pas dans l’histoire officielle

« Encore aujourd’hui, c’est une tragédie dérangeante pour le Kremlin », insiste Andrei Kolesnikov, du centre Carnegie à Moscou. Il n’est pas surpris que le 1er septembre 2019, pas plus que les années précédentes, Vladimir Poutine ne se soit pas rendu à Beslan pour les commémorations dans l’école transformée en mémorial. Mis à part un bref passage de nuit juste après l’assaut, le chef du Kremlin n’y est pas allé une seule fois en quinze ans. « Beslan ne s’inscrit pas dans l’histoire officielle de la Russie qui, aux yeux du pouvoir, ne peut être qu’une suite de victoires », rappelle Andrei Kolesnikov.

A Beslan, les survivants, dont quelque 700 blessés, peinent à se reconstruire une vie. Entre commémoration et colère. « Nous ne cessons de repenser aux 1er, 2 et 3 septembre 2004. Il y a tant de zones d’ombre », a regretté cette année lors de cérémonie Suzana Dudieva, la dynamique présidente du comité des mères de Beslan. « Nous sommes inquiètes parce que tout n’a pas été fait. Il n’y a pas d’enquête objective en cours. Et nous avons peur que cela se reproduise. » La mémoire de son fils unique Zaour, 13 ans, mort dans les flammes de l’assaut, guide et tourmente la vie de Suzana Dudieva. Elle s’est depuis entourée d’autres enfants comme beaucoup de parents endeuillés qui ont adopté ou aidé des orphelins.



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