une nouvelle trêve dans la province d’Idlib, dévastée par quatre mois de bombardements

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Une précédente trêve avait été décrétée début août, mais elle n’avait duré que quelques jours et le régime, appuyé par la Russie, avait repris ses raids.

Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 14h00, mis à jour à 14h17

Temps de Lecture 3 min.

Quelques heures avant l’entrée en vigueur d’une nouvelle trêve, le 31 août, une frappe aérienne russe a touché un établissement de santé dans la province d’Alep, selon l’OSDH. Des membres du personnel ont été blessés.
Quelques heures avant l’entrée en vigueur d’une nouvelle trêve, le 31 août, une frappe aérienne russe a touché un établissement de santé dans la province d’Alep, selon l’OSDH. Des membres du personnel ont été blessés. OMAR HAJ KADOUR / AFP

Le régime syrien a cessé ses frappes aériennes, samedi 31 août, sur la région d’Idlib, au premier jour d’une trêve annoncée après quatre mois de bombardements dévastateurs sur cette région du nord-ouest du pays. « Il n’y a pas d’avions de combat dans le ciel et les frappes aériennes ont cessé » après l’entrée en vigueur de la trêve unilatérale vers 6 heures locales (5 heures à Paris), a déclaré l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

Selon cette ONG, les combats ont également cessé et seuls des tirs d’artillerie sporadiques ont été entendus près de la localité de Maarat Al-Noomane, dans le sud de la province d’Idlib, frontalière de la Turquie.

Cette trêve a été annoncée la veille par la Russie, alliée du président syrien Bachar Al-Assad qu’elle aide dans le conflit, particulièrement dans son offensive contre les djihadistes et les rebelles dans la région d’Idlib.

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Une précédente trêve décrétée début août dans cette même région a volé en éclats au bout de quelques jours, le régime ayant repris ses raids après avoir accusé ses adversaires de ne pas la respecter.

Damas « se réserve le droit de réagir aux violations »

A la faveur de la trêve, Ahmed Ibrahim est retourné chez lui, dans le village de Maar Shourine, près de Maaret Al-Noomane, mais juste pour récupérer quelques affaires. « Le régime, comme d’habitude, va violer le cessez-le-feu et ne va pas tenir sa promesse », a dit à l’Agence France-Presse ce Syrien qui a fui il y a quinze jours vers une région plus au nord.

A Damas, l’agence officielle Sana a fait savoir que l’armée syrienne avait accepté de respecter l’arrêt des hostilités mais qu’elle « se réservait le droit de réagir aux violations ».

Vendredi, le Centre russe pour la réconciliation en Syrie a affirmé qu’un accord avait été conclu pour « un cessez-le-feu unilatéral des forces gouvernementales » et appelé « les groupes armés à renoncer aux provocations ».

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Fin avril, le régime de Bachar Al-Assad aidé de Moscou a lancé une opération de bombardements aériens, appuyée par l’artillerie, contre la province d’Idlib et les secteurs limitrophes dans les provinces voisines de Hama, Lattaquié et Alep, dominés par les djihadistes de Hayat Tahrir Al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d’Al-Qaïda) et où des groupes rebelles sont également présents.

Le 8 août, il a commencé une offensive au sol reprenant de nombreux secteurs, dont la ville stratégique de Khan Cheikhoun au sud d’Idlib et la totalité de la province de Hama.

« Cauchemar humanitaire »

La trêve semble constituer un nouvel effort pour éviter ce que l’ONU a décrit comme l’un des pires « cauchemars humanitaires » du conflit. Depuis la fin du mois d’avril, les bombardements syriens et russes ont tué plus de 950 civils dans la région d’Idlib selon l’OSDH et plus de 400 000 personnes ont été déplacées, d’après l’ONU.

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Les attaques contre des « Syriens innocents à Idlib doivent immédiatement cesser pour que la crise humanitaire puisse prendre fin et le processus politique progresser », a déclaré vendredi le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, après une rencontre avec l’émissaire de l’ONU pour la Syrie, Geir Pedersen.

Quelques heures avant l’entrée en vigueur de la nouvelle trêve, l’OSDH a signalé une frappe aérienne russe contre un établissement de santé dans la province d’Alep, qui a blessé des membres du personnel. Selon l’ONU, 43 établissements de santé ont été touchés depuis avril.

L’ensemble de la région d’Idlib, qui abrite quelque trois millions d’habitants, était censé être protégé par un accord sur une « zone démilitarisée », annoncé en 2018 par la Turquie, un allié de groupes rebelles, et la Russie pour séparer les zones gouvernementales des territoires aux mains des djihadistes et insurgés. Mais cet accord n’a pas été respecté et n’a pas empêché l’offensive.

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Le régime d’Assad, qui a repris environ 60 % du territoire avec l’aide militaire de Moscou mais aussi de l’Iran et du Hezbollah libanais, s’est engagé à récupérer le reste du territoire, y compris Idlib. De vastes régions aux mains des forces kurdes dans l’Est syrien échappent également au contrôle du régime.



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