A Hongkong, les manifestations pro-démocratie reprennent après les affrontements de samedi

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Alors qu’à la suite de graves dérapages, les manifestations étaient depuis plus d’une semaine redevenues pacifiques, la tension est remontée d’un cran samedi. De nouveaux rassemblements sont organisés dimanche.

Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 11h32

Temps de Lecture 2 min.

Des milliers de personnes se sont rassemblées à Hongkong, dimanche 25 août.
Des milliers de personnes se sont rassemblées à Hongkong, dimanche 25 août. Kin Cheung / AP

Après dix jours d’accalmie, les affrontements ont repris ce week-end à Hongkong entre les policiers et les manifestants. Alors que les forces de l’ordre ont utilisé, samedi 24 août, des gaz lacrymogènes et chargé des protestataires, de nouvelles manifestations sont organisées dimanche. Des milliers de manifestants pro-démocratie se sont en effet rassemblés sous la pluie dans un stade avant de défiler dans les rues de Hongkong où se préparaient d’autres rassemblements.

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Les manifestants ont cinq demandes fondamentales, parmi lesquelles l’abandon total du projet de loi sur les extraditions vers la Chine, la démission de la cheffe de l’exécutif, Carrie Lam, et une enquête sur l’usage de la force par la police.

Le territoire semi-autonome chinois connaît ainsi depuis juin sa plus grave crise politique depuis la rétrocession à la Chine en 1997. Des actions quasi quotidiennes sont organisées pour dénoncer notamment le recul des libertés et l’ingérence jugée grandissante de Pékin. Depuis, le gouvernement de Hongkong a eu recours à tout un éventail de méthodes, allant de l’intimidation à la propagande en passant par la pression économique, pour tenter de contenir la contestation. Une stratégie que les manifestants qualifient de « terreur blanche ».

Près de 2 millions de manifestants le week-end dernier

Alors qu’à la suite de graves dérapages, les manifestations étaient depuis plus d’une semaine redevenues pacifiques, la tension est remontée d’un cran samedi dans le quartier populaire de Kwun Tong, dans l’est de la partie continentale de Hongkong. Après avoir défilé dans le quartier, des milliers de manifestants vêtus de noir et portant pour beaucoup des masques à gaz et des casques de chantier ont été bloqués par des dizaines de policiers antiémeute.

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Après quelques heures de face-à-face, des radicaux ont commencé à jeter des bouteilles sur les forces de l’ordre, ou à leur tirer dessus au lance-pierre. La riposte ne s’est pas fait attendre, la police chargeant en tirant aussi des grenades lacrymogènes, qui n’avaient plus été employées depuis 10 jours.

Ce retour des affrontements est intervenue au lendemain de la chaîne humaine organisée vendredi. Près de 140 000 personnes ont participé cette initiative pro-démocratie en hommage à celle organisée il y a trente ans, le 23 août 1989, dans les pays baltes. Ce jour-là, pas moins de deux millions de personnes reliaient les 687 kilomètres séparant Tallin, en Estonie, de Vilnius, en Lituanie, afin de réclamer l’indépendance des pays baltes, alors inclus dans l’Union soviétique. Le symbole est donc évident. Hongkong se trouve aujourd’hui dans une situation comparable à celle des pays baltes avant leur indépendance effective en 1991.

Si au départ, la mobilisation était pacifique, les manifestations ont dégénéré fin juillet et début août. Il y a notamment eu le tabassage à l’aéroport de Hongkong de deux Chinois du continent soupçonnés d’être des espions à la solde de Pékin. L’incident a généré de la part des autorités chinoises des accusations de terrorisme et des menaces croissantes d’intervention de l’armée. Dimanche dernier, en réponse, une grande marche pacifique a été organisée dans l’ex-colonie britannique, rassemblant 1,7 million de personnes selon ses organisateurs

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