Président Trump, an III : la révolte des chiffres

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Les perspectives économiques des Etats-Unis se dégradent, mais l’occupant de la Maison Blanche refuse d’y voir la conséquence de sa guerre commerciale avec la Chine.

Par Publié aujourd’hui à 05h46

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Donald Trump lors d’un meeting qui a fait salle comble à Manchester, dans le New Hampshire, le 15 août.
Donald Trump lors d’un meeting qui a fait salle comble à Manchester, dans le New Hampshire, le 15 août. NICHOLAS KAMM / AFP

C’est confirmé, Donald Trump utilise une unité spéciale pour mesurer l’audience de ses meetings, « l’Elton John ». Jeudi soir 15 août, il s’est réjoui d’avoir battu le record de public détenu par l’artiste dans la salle de Manchester (New Hampshire) où il avait réuni ses troupes. Il s’était déjà félicité en juin d’avoir fait de même à Tampa, en Floride. Il va falloir s’y habituer. Attendez-vous aux titres suivants : « 1,1 sur l’échelle EJ à Machinville pour le président des Etats-Unis », « Donald Trump mesuré à 1,3 EJ à Truc City ».

Le charme d’une unité de compte bien à soi est qu’on peut lui faire dire ce que l’on veut, c’est-à-dire n’importe quoi. Donald Trump remplit les salles, ce qui le comble d’aise, il reste à savoir ce que pensent vraiment les Américains. Le taux de désapprobation de son action de président dans le New Hamsphire, dans le plus récent sondage, s’élève d’ailleurs à 57 %, ce qui raconte une tout autre histoire que celle de jeudi.

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D’autant que des chiffres deviennent des alliés de moins en moins fiables pour Donald Trump : ceux de l’économie. Ils sont cruciaux parce qu’il s’agit d’un des rares domaines où le président, depuis le début de son mandat, dispose d’un taux de confiance positif. Or les Etats-Unis ont redécouvert avec effroi mercredi un phénomène synonyme à Wall Street de peste noire doublée d’hépatite fulminante et de fasciite nécrosante : l’inversion de la courbe des taux.

Elle se manifeste quand le rendement des taux d’intérêts à deux ans dépasse ceux à dix ans. Autrement dit lorsqu’on n’attend pas monts et merveilles de l’avenir. Autrement dit quand la Récession, comme la Déroute à Waterloo, apparaît à l’investisseur qui s’émeut. Donald Trump ne prononce jamais le mot, comme pour conjurer le mauvais sort, mais il a désigné préventivement le patron de Réserve fédérale, Jerome Powell, comme coupable de tout accident de conjoncture (on ne sait jamais). Et il a tracé jeudi une perspective moyennement rassurante pour les électeurs de 2020.

« Vous n’avez pas d’autres choix que de voter pour moi »

« Vous n’avez pas d’autres choix que de voter pour moi parce que votre 401 (k) [la retraite par capitalisation] est dans les tuyaux et que tout passera à la trappe [si vous votez pour un autre]», a-t-il froidement assuré. Pour être sûr d’être bien compris, le président a insisté : « Si vous m’aimez ou si vous me détestez, il faut que vous votiez pour moi. » Ce qui simplifie bien les choses en théorie, mais pas en pratique.



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