[Faits Divers] Sainte-Marie : Anita Coudéounie retrouvée morte : Crime ou accident ?

0
35
Booking.com


Hier, la dépouille d’Anita Coudéounie a été découverte sur un promontoire quasi inaccessible à Terrain Elisa. A peine dissipé, le mystère de sa disparition a laissé la place à une autre énigme : celle de savoir s’il s’agit d’un crime ou d’un accident. Explications.

Hier matin, une semaine jour pour jour après sa disparition, Anita Coudéounie a été retrouvée morte en contre-bas d’une aire de pique-nique aménagée dans un sous-bois qui conduit à une ravine de Terrain Elisa. A quelques centaines de mètres de la maison de Georges où elle a participé à une fête d’anniversaire dans la nuit du 9 au 10 août dernier (nos trois précédentes éditions).

La découverte macabre est faite aux environs de 9 heures par un habitant du quartier qui participe à une nouvelle battue organisée par la famille de Anita Coudéounie. “C’est nous qui l’avons trouvée”, clament les proches de la disparue. Ce qui les conforte dans leur idée première qu’il est arrivé malheur à leur sœur, belle-soeur ou tante. L’homme, qui a rendu le dénouement possible, a cheminé par le sentier qui descend depuis la route pour rejoindre de petits kiosques avant de déboucher sur une ravine en contrebas.

Une fois en bas, une odeur pestilentielle envahit l’atmosphère. Il se laisse alors guider jusqu’à repérer un corps en état de décomposition avancée. Celui-ci gît plus loin sur la gauche en remontant quelque peu le lit de la ravine. Précisément, le cadavre repose sur un petit promontoire accroché à la falaise au-dessus de la ravine et en dessous d’un mur naturel de roches de six à sept mètres de hauteur. Evidemment, les gendarmes de Sainte-Marie en charge de l’enquête sont immédiatement avisés.

“ON L’A SUREMENT AIDEE…”

L’accès à l’aire de pique-nique est gelée en attendant que les enquêteurs de la brigade de recherches de Saint-Benoît et un technicien en identification criminelle procèdent à un examen minutieux des lieux. Rejoints par le capitaine Ballier, commandant la compagnie, tous se rendent au chevet de l’inconnue. Celle-ci est identifiée au moyen de sa tenue vestimentaire. Son pantalon bleu clair, sa veste grise et son pull sont rigoureusement semblables à ceux que portaient Anita Coudéounie le soir où elle s’est rendue à l’anniversaire chez Georges.

Sur place, les enquêteurs ne constatent pas de désordre vestimentaire synonyme d’agression. La malheureuse gît sur le dos, les bras le long du corps et les jambes contre un petit tronc mort. L’état de décomposition du corps indique qu’elle se trouve vraisemblablement là depuis la nuit de sa disparition. Elle a pu perdre l’équilibre pour se tuer sur le promontoire. S’agit-il pour autant d’un simple accident ? Impossible de le savoir. Car cette hypothèse se heurte à un mystère de taille… la localisation de la défunte et surtout les conditions d’accès extrêmement difficiles du lieu de la découverte.

De nombreuses personnes le disent. C’est le cas d’un premier riverain qui s’est rendu à proximité et qui connaît bien les lieux. “Il est impossible qu’elle atteigne cet endroit toute seule. C’est compliqué même pour une personne valide. Il n’y a aucune raison de se rendre là sauf si vous avez quelque chose à cacher.” Un autre témoin connaît la ravine et ses abords comme sa poche. Il s’y rend régulièrement. “On l’a sûrement aidé… C’est impossible autrement. Moi-même, si j’y vais de jour, il faut que je me tienne à quelque chose pour ne pas tomber.”

LES GENDARMES PERPLEXES

L’endroit est escarpé, le sol glissant… “Une personne seule, saoule et dont la vue est incertaine n’aurait pas pu faire ce chemin toute seule en pleine nuit.” Et l’homme de répéter en boucle : “On l’a aidée…” Il ajoute qu’il n’a jamais aperçu Anita Coudéounie ici. “Je la vois parfois. Elle habite plus bas. Ici, ce n’est pas son secteur.” Les riverains et les proches de Anita Coudéounie ne croient pas un instant à la piste accidentelle.

Pour leur part, les enquêteurs sont perplexes. Ils avaient exploré les abords de la ravine en début de semaine sans aller aussi loin. Et pour cause : l’endroit était si compliqué d’accès qu’il était peu envisageable que la disparue s’y soit aventurée. Surtout, les militaires ont peiné à se rendre sur les lieux du drame, hier matin. Clairement, il est presque impossible d’envisager que la victime ait pu se frayer un chemin jusqu’au sommet de la falaise.

Les enquêteurs ont donc cherché à passer par le haut comme pour contourner la difficulté. Ils ont bien débouché au-dessus de la ravine mais l’endroit ne donnait pas sur le promontoire. Sans compter que la végétation empêche toute progression normale. De leur côté, les gendarmes du PGHM ont profité de ce qu’ils survolaient le promontoire au moment de l’évacuation du corps pour se livrer à une reconnaissance aérienne. Ils ont aperçu un passage plutôt compliqué qui aurait conduit la victime à faire plusieurs chutes avant un ultime plongeon sur le fameux promontoire.

Si la thèse de l’accident est difficile à admettre, il faut bien avouer qu’aucun indice formel n’étaye la piste criminelle à ce jour. Sans oublier qu’une ou plusieurs personnes auraient été bien en peine pour se débarrasser du corps dans un endroit aussi inaccessible. Il faut donc attendre les résultats de l’autopsie qui interviendra lundi. Le médecin légiste parviendra peut-être à déterminer les causes exactes du décès. Et à dire s’il s’agit d’un crime ou d’une simple chute. D’ici là, le mystère de la mort d’Anita Coudéounie reste entier.

 

 

Eric Lainé

[email protected]



Source link

clicanoo

Have something to say? Leave a comment:

Booking.com