L’ancien maire de Téhéran Mohammad-Ali Najafi échappe à la peine capitale pour le meurtre de sa femme

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La famille de la défunte, Mistra Ostad, a annoncé mercredi avoir accordé son pardon à M. Najafi, lui évitant ainsi la peine de mort.

Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 15h01

Temps de Lecture 2 min.

Mohammad Ali-Najafi, en octobre 2017 à la mairie de Téhéran.
Mohammad Ali-Najafi, en octobre 2017 à la mairie de Téhéran. EBRAHIM NOROOZI / AP

Condamné à mort en Iran à la fin de juillet pour l’assassinat de sa femme, Mohammad-Ali Najafi devrait finalement échapper à la peine capitale grâce à une démarche en ce sens de sa belle-famille.

En vertu du qesas (la loi du talion) appliquée en Iran, la famille de la défunte, Mistra Ostad, avait dans un premier demandé la peine de mort comme « réparation » pour un meurtre commis contre un des leurs. L’ancien maire de Téhéran, 67 ans, avait alors été condamné à mort le 30 juillet pour avoir tué par balles sa seconde épouse, de plus de trente ans sa cadette, à Téhéran le 28 mai.

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Mais, mercredi 14 août, le frère de Mistra Ostad, Masood Ostad, a annoncé dans une publication sur Instagram que la famille avait décidé d’accorder son pardon à M. Najafi. L’agence de presse officielle de la République islamiste IRNA a précisé que l’avocat de la famille, Mahmoud Hajiloui, avait confirmé cette décision.

Dans sa publication sur le réseau social M. Ostad cite un verset du Coran : « Dieu aime ceux qui font le bien ». « Mon père, ma mère et Mahyar [le fils de Mitra Ostad] pardonnons à M. Mohammad-Ali Najafi » après une médiation qui a impliqué d’autres personnes, a-t-il écrit. « Nous sommes heureux d’avoir conclu un accord sans [avoir à verser] le sang de cette honorable personne », a-t-il ajouté, précisant espérer que M. Najafi « s’engage à se laver [de ses péchés] ».

Toujours incarcéré

L’ancien maire de Téhéran est toujours incarcéré puisqu’il a aussi été condamné à deux ans de prison pour possession illégale d’arme à feu. Il n’était pas clair dans l’immédiat si sa condamnation à mort serait commuée en peine de prison.

Le statut de M. Najafi et le parfum de scandale entourant son deuxième mariage, sans qu’il ait divorcé de sa première épouse, comme le permet la loi, – alors que la polygamie est mal perçue dans la société iranienne – ont contribué à susciter un gros intérêt en Iran pour cette affaire.

Brillant mathématicien et professeur d’université, M. Najafi, a été conseiller économique du président Hassan Rohani et ministre de l’éducation dans les années 1980 et 1990. Il a été élu maire de Téhéran en août 2017, mais a démissionné en avril 2018, en avançant des « problèmes de santé ». Le mois qui avait précédé sa démission, il avait cependant fait l’objet d’une campagne de critiques de la part du camp conservateur pour avoir assisté à une cérémonie où dansaient de petites filles. Une scène « indigne » et « peu islamique », avaient dénoncé ses adversaires.

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Certains ultraconservateurs ont jugé que ce procès démontrait la « faillite morale » des réformateurs. Au contraire, les réformateurs ont accusé la télévision publique dominée par les conservateurs d’avoir couvert l’affaire de façon biaisée à des fins politiques.

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