Élections générales: le plan politique du GM se dessine

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Les Mauriciens se rendront-ils aux urnes avant la fin de l’année ? Ils sont plusieurs à le penser.

Les grandes manœuvres sont enclenchées. Tout indique qu’on se dirige vers une dissolution anticipée du Parlement, avec des élections qui pourraient se tenir en novembre. Les «moves» du leader du MSM sont scrutés à la loupe.

L’avant dernière séance parlementaire a eu lieu ce mardi 13 août, et sera suivie de celle de vendredi. Puis, les élus qui seraient en vacances jusqu’à la dissolution. Et, peut-être, seront-ils conviés à un bref rappel de l’Assemblée nationale, pour voter un «mini-amendement» constitutionnel (voir plus loin). Les contours du plan politique du Premier ministre (PM), Pravind Jugnauth, qui porte également la casquette de leader du Mouvement socialiste militant (MSM), se dessinent peu à peu. Il devrait faire face à un calendrier fort chargé jusqu’à la dissolution du Parlement, laquelle, selon certaines indications, devrait intervenir en octobre. Le pays rentrerait alors dans une campagne électorale de courte durée, avec des élections générales qui seraient tenues en novembre.

Par ailleurs, le report des examens du Primary School Achievement Certificate (PSAC) ne serait pas une coïncidence fortuite. Initialement prévus du mardi 22 au vendredi 25 octobre, ces examens se tiendront désormais entre le 29 octobre et le 4 novembre. Bien que l’explication officielle fournie pour ce changement de date indique que les élèves «auront besoin d’une extension pour la révision, d’autant plus qu’ils ont bénéficié de plusieurs jours de congé à cause du mauvais temps», la vérité serait tout autre. Selon nos informations, les directives demandant le renvoi des épreuves du PSAC à des dates ultérieures seraient venues de l’Hôtel du gouvernement.

Nomination day

Un scénario semblable s’est produit au niveau du secondaire. Il y a deux semaines, une réunion s’est tenue entre de hauts responsables du ministère de l’Éducation et de la Private Secondary Education Authority, entre autres. Il a été demandé aux établissements secondaires du public et du privé de ne tenir aucun événement majeur durant la période allant du 22 au 25 octobre. En outre, il nous revient que l’épreuve Visual Arts, dans le cadre de la National Grade 9 Assessment, qui devait jusqu’ici se tenir le 21 octobre, risque d’être reportée également. Si aucune décision n’a encore été prise, il nous revient que cette possibilité fait l’objet de discussions.

Donc, dans les milieux éducatifs, devant ces «ajustements», on estime que le Nomination Day pour les élections générales pourrait se tenir pendant la période du 21 au 25 octobre. Quid des examens du School Certificate (SC) et du Higher School Certificate (HSC) qui se tiendront pendant cette semaine particulière ? Il faut savoir que le calendrier de ces épreuves est fixé par Cambridge International Education d’Angleterre et ne peut être chamboulé.

Les examens du SC et du HSC se tiendront ainsi du 20 septembre au 15 novembre et du 19 septembre au 15 novembre, respectivement. Selon nos informations, des collèges seront par la suite occupés avec la correction des questionnaires pour au moins dix jours après la fin des épreuves, soit jusqu’à la dernière semaine de novembre.

Dans l’entourage du MSM, on affirme que seul Pravind Jugnauth et quelques privilégiés sont au courant de la stratégie politique qui sera adoptée par la majorité, afin qu’il n’y ait pas de fuite. «En tout cas, le PM surprendra ses adversaires politiques», affirme notre source. À noter que le leader du Mouvement militant mauricien (MMM), Paul Bérenger, affirme avoir eu des indications selon lesquelles les législatives sont prévues en novembre.

Quoi qu’il en soit, le chef du gouvernement respectera un plan de travail établi, non pas par son équipe de communication du Prime Minister’s Office, mais par celle dirigée par Prakash Maunthrooa et Kobita Jugnauth, basée au Sun Trust Building. C’est cette équipe qui serait derrière les différentes sorties et autres inaugurations effectuées par Pravind Jugnauth ces jours-ci. D’ailleurs, il nous revient que le Premier ministre devrait multiplier les sorties publiques à partir de la semaine prochaine, pour tirer un maximum de profit politique des actions gouvernementales qui sont prévues.

Bagatelle dam

Ces activités comportent des volets religieux, principalement en septembre et octobre. Le Premier ministre lui-même préside un National Task Force, qui s’occupe des infrastructures et des facilités pour des célébrations religieuses. Il a tenu une réunion avec les différentes fédérations religieuses la semaine dernière, quelques jours après sa conférence de presse avec le cardinal Maurice Piat.

Dès le 2 septembre, il devrait participer à la célébration de Ganesh Chaturthi, qui a lieu le lendemain. Pravind Jugnauth accueillera ensuite le pape François, le 9 septembre. Par la suite, il devrait marquer sa présence aux différentes sessions de prière à l’occasion du «Doorga Pooja», début octobre, et de «Govinden», au milieu du mois.

Sur le plan gouvernemental, au moins deux gros événements sont déjà confirmés en septembre. Il est prévu que Pravind Jugnauth inaugure en fanfare la station de traitement d’eau du Bagatelle Dam. Ce qui devrait approvisionner toute la région des Plaines-Wilhems et de Port-Louis en eau, de manière continue. Cette nouvelle est confirmée par la Central Water Authority. Autre événement majeur, le «soft launch» du Metro Express, prévu pour le 30 septembre. Toutefois, au sein du gouvernement, l’on s’attend que le Premier ministre indien, Narendra Modi, fasse le déplacement vers Maurice, pour l’occasion. Même si, pour l’heure, cela semble hypothétique. «Rien n’est sûr, mais le souhait a été émis», déclare un député orange, qui maintient également que la dissolution du Parlement pourrait intervenir au début d’octobre.

Toujours au sein du MSM, l’on affirme que cette dissolution anticipée dépendra également des résultats des négociations que le parti soleil a entamé avec le Parti mauricien social-démocrate ainsi qu’avec des dissidents du MMM. Le gouvernement, dit-on, a en ligne de mire deux villes qui ne seraient, pour l’heure, pas à sa portée. Notamment Curepipe et Quatre-Bornes. Le MSM a également un œil spécial sur la circonscription de Savanne– Rivière-Noire.

Mini-amendement: pas à l’agenda

Il devient de plus en plus évident que le gouvernement (GM) ne compte pas proposer de mini-amendement à la Constitution, lequel vise à contourner l’obligation faite aux candidats de déclarer leur appartenance ethnique lors des prochaines élections générales. Samedi, Paul Bérenger, en conférence de presse, a affirmé que le Parlement sera bientôt dissous. Mais il a aussi avancé qu’il n’y aura pas d’amendement constitutionnel, comme ce fut le cas en 2014. Cet amendement avait permis à des candidats qui le souhaitaient de ne pas déclarer leur appartenance ethnique lors de l’enregistrement de leur candidature. Selon l’avocat-parlementaire Veda Baloomoody, s’il n’y a pas cet amendement, tous les candidats devront déclarer leur appartenance ethnique. Sinon, leur candidature sera rejetée. «C’est vrai qu’il n’y a aucune obligation de la part du gouvernement de venir avec un mini-amendement constitutionnel. Mais ce sera un manque de respect vis-à-vis de la Commission des droits de l’homme des Nations-unies.» Ashok Subron, de Rezistans ek Alternativ, préfère, lui, attendre l’issue d’une décision de justice. «Il y a un procès qui devait être fixé dans les jours à venir et, pour l’heure, je préfère ne rien dire de plus.» Toutefois, une décision de la Cour suprême peut faire le gouvernement changer sa position. Si l’Assemblée nationale n’a pas été dissoute entre-temps, le gouvernement peut rappeler le Parlement pour faire voter un Constitutional (Declaration of Community) (Temporary Provision) Bill, comme c’était le cas en 2014. Cet amendement de la Constitution requiert un vote à majorité de trois quarts.




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Lexpress

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