Un jeune Mauricien de 16 ans hospitalisé en Inde : son opération suspendue faute d’argent 

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Elle pleure de ne pouvoir être à côté de son fils dans ces moments aussi pénibles. Mais rien à faire. Elle dû rester dans le pays depuis qu’il est admis à l’hôpital en Inde afin de trouver l’argent nécessaire pour ses frais d’hospitalisation et ses traitements. Rencontre avec une mère qui arpente les quatre coins de l’île chaque jour pour trouver de l’argent pour sauver son fils. Il lui manque Rs 400 000. 

Rs 3,50. C’est la somme la moins conséquente qu’elle a récolté après une journée à collecter de l’argent. Kavita Soharaye n’est plus une inconnue. Beaucoup de personnes ont croisé sa route, beaucoup l’ont vue debout pendant des heures à Rose-Hill ou dans les centres commerciaux, la main tendue, ses papiers d’autorisation sous les bras, lasse mais déterminée à parler à qui veut bien l’entendre de l’état de santé de son fils. 

Ce dernier, 16 ans, souffre d’une Refractory Hodgins Lymphoma, une forme de cancer. Il est en ce moment avec son père en Inde et, ce depuis le 4 avril. « La maladie a été découverte en juin 2018. Il était souvent malade, faisait beaucoup de fièvre et maigrissait. Puis il a été admis pendant 15 jours à l’hôpital et on lui a fait une biopsie l’année dernière. C’est le 15 juin que les résultats sont tombés et que nous avons appris qu’il est atteint de cette maladie. Il a fait quatre mois de chimio à Maurice. Il allait mieux, mais par la suite, il n’y avait plus de traitement pour lui à Maurice. Des glandes ont été découvertes et les médecins ont dit qu’ils ne pourront le soumettre à d’autres chimio. L’appareil nécessaire n’étant pas disponible à Maurice, il a dû se rendre en Inde » Son traitement coûte Rs 1,8 million, excluant les frais de logement et de nourriture. 

Kavita travaillait auparavant comme bonne. Elle est le principal gagne-pain de la famille. Son mari est incapable de travailler depuis 7 ans et peut à peine marcher. Cela depuis un accident. Il a subi 36 opérations et passé deux ans à l’hôpital. Il est aujourd’hui invalide. Kavita s’occupait à cette époque à la fois de son mari et de sa belle-mère aujourd’hui décédée.  Lorsqu’elle a appris que son fils est malade, elle a beaucoup pleuré. « Je me suis demandé pourquoi est ce que tout cela nous tombait dessus ». 

Kavita explique qu’elle a dû s’absenter à plusieurs reprises. « Madam la finn dir mwa mo pe tro absan aret vini ». Elle y travaillait comme femme de ménage et nounou depuis 11 ans. Loin de lui en vouloir, elle fait tant bien que mal bouillir la marmite tout en étant présente à la fois pour son mari et son fils. 

Mo al partou, mo al get fami, mo mars partou, mo fer porte-a-porte.”

Une collecte épuisante

Si dans sa voix, la force de réussir prend le dessus, Kavita arbore cependant un physique épuisé.  Elle ne veut pas l’admettre, expliquant qu’elle n’a pas droit à l’échec. « C’est très dur pour moi. Si mo ti kapav pran malad mo garson mo ti pou fer li. C’est difficile de le voir souffrir ainsi. C’est encore plus dur quand on n’a pas les moyens d’offrir à son enfant la santé », dit-elle les larmes aux yeux. 

Kavita relate comment la collecte est difficile. « Le gouvernement mauricien nous aide à hauteur de Rs 800 000 incluant les billets d’avion pour les médecins. Après plusieurs mois, j’ai pu obtenir jusqu’à Rs 250 000. Mo al partou, mo al get fami, mo mars partou, mo fer porte-a-porte dan mo landrwa ek lezot landrwa, mo al dan ban magasin. Bien rare mo resi ariv ziska Rs 3 000 dan enn zourne. Mazine kan mo pou resi ramas Rs 100 000 ».

Elle s’est également rendue dans certains collèges pour des petites collectes : « Peu la somme, elle très importante pour moi. Je fais des économies, je ne dépense presque rien, je mange la même chose presque tous les jours afin de pouvoir envoyer le maximum d’argent à mon fils ». 

Insultes et agression 

Kavita se rend également sur les plages publiques pour sa collecte et elle relate qu’à plusieurs reprises, elle se fait insulter. « Les gens sont là-bas pour s’amuser et ne veulent pas que je les dérange. Une dame m’a également agressée un jour sur la plage de Flic-en-Flac. Elle ne cessait de me crier dessus et de dire des jurons. Il a fallu que d’autres personnes interviennent pour que je ne sois pas battue ». 

Impossible de travailler en ce moment. « Si je travaille, je ne pourrai pas collecter de l’argent et mon salaire ne me permettrait de payer les traitements de mon fils », dit-elle. 

Elle est encore plus inquiète car elle n’arrive pas à récolter l’argent qu’il faut. En sus, elle est seule à faire la collecte. « Les personnes qui avaient promis d’aider ne sont pas libres à cause de leur travail », poursuit cette mère. 

Et il y a quelques jours, soit mercredi le 31 juillet alors qu’une intervention était prévue, elle n’a pu avoir lieu par manque d’argent. Il manque au jeune homme Rs 400 000. Un coup difficile pour sa mère qui se sent totalement impuissante. « C’est un drame pour une mère, je veux tellement l’aider, je ne sais plus quoi faire ». 

Kavita Soharaye lance donc un vibrant appel à tous les lecteurs pour un dernier coup de pouce. « Je ne pourrai jamais assez vous remercier de m’aider à sauver mon fils… »



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Defi Media

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