[Culture & Loisirs] Adieu Boris…

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Un texto, reçu hier soir au Portugal m’apprend que Gamaleya vient de rejoindre l’au-delà. Le messager ? Son défenseur le plus fervent : Marie-Jo Lo-Tong. Ensemble nous avions retrouvé l’auteur à Barbizon sa dernière tanière, à l’occasion du Salon du Livre de Paris 2017, où son île lui rendait enfin l’hommage qu’il méritait. Une triste nouvelle nuancée par l’idée de paix que suppose la traversée « de l’autre côté » pour un homme dont l’esprit  créatif et  la passion se désolaient de la trahison de l’élocution. La parole devenue trop lente pour dire tout ce que Boris avait l’urgence de partager encore. Nous avions senti le prix de cette parenthèse hors du temps où chaque mot est important. Le poète qui flirtait avec les 90 printemps nous assurait les yeux emplis de souvenirs : «Il n’est de légende que de l’enfance…». Nous ne pouvions saisir vraiment de cette phrase l’immensité qui s’y trouvait pour lui concentrée. Même si dans la plupart de ses écrits il y fait référence pour dire les secrets, les paysages, la nature, et les « terrains letchis » où il évoluait, petit, guettant comme il disait «je ne sais quel prince venu d’Ukraine ou d’ailleurs…». Son père, Georgui Konstantinovitch, a irrigué de sa russe hérédité la créolité de sa mère, Claire Técher, dans les années 20 aux Makes du côté de La Rivière, celle de Saint-Louis, son paradis.

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Loin de son île depuis 15 ans pour raison de santé, Gamaleya y était pourtant présent comme jamais par la pensée. Bien plus que tous les «marronnages» de ses vies antérieures avec son épouse Clélie… C’est à ses enfants, les grands, les petits et les arrière petits, auprès desquels il terminait sa vie que vont en premier mes pensées, ma lointaine amitié, et à ses proches comme Patrick Quillier, avec lesquels nous partageons un profond respect pour l’homme et le poète qu’il était, n’aspirant longtemps qu’à une chose : «Être un électron libre dans la Réunion éclatée du souffle. Libre, c’est à dire possédé de la détermination qui échappe à ceux qui n’ont que peu d’intérêt pour la lecture, mais surtout pour la créativité du futur ». Un auteur dont la Réunion peut s’enorgueillir à jamais… Et rêver. Adieu Boris ! 
 
Marine Dusigne



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