L’Iran s’installe dans une logique de tension, risquée mais calculée

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La Maison Blanche a annoncé lundi de « dures » sanctions contre le guide suprême et plusieurs hauts gradés du pays. Mais, Téhéran paraît prêt à se risquer durablement dans l’escalade en cours avec les Etats-Unis.

Par Publié aujourd’hui à 06h23

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Un banderole anti Etats-Unis au bazar de Téhéran, le 23 juin.
Un banderole anti Etats-Unis au bazar de Téhéran, le 23 juin. EBRAHIM NOROOZI / AP

Le nouveau volet de sanctions décrété par Donald Trump, lundi 24 juin contre l’Iran, a paru bien léger à Téhéran. Que ces mesures de rétorsion frappent le guide suprême, Ali Khamenei, premier personnage de l’Etat, ainsi que les principaux chefs militaires du pays, a certes de quoi susciter une blessure d’orgueil. Qu’une telle mise au ban soit promise plus tard cette semaine au ministre des affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, pourrait compliquer ses allers-retours au siège des Nations unies (ONU), à New York, ainsi que ses interventions sur les plateaux de télévision américains.

Mais au-delà de ce point d’étape mineur, Téhéran paraît prêt à se risquer durablement dans l’escalade en cours avec les Etats-Unis. Jusqu’à provoquer un sentiment de vertige dans la population iranienne, en laissant craindre un dérapage vers une confrontation militaire.

Alors que les incidents se multiplient autour du détroit d’Ormuz, et que l’Iran a annoncé sa volonté de rompre ses engagements nucléaires de juillet 2015, le pays s’installe dans une logique de tension, risquée mais calculée.

La presse conservatrice en donne la mesure, en moquant depuis le 20 juin la pusillanimité du président des Etats-Unis, Donald Trump, qui s’était résolu in extremis à ne pas répliquer par des frappes aériennes à la destruction d’un drone américain au-dessus du golfe Arabo-Persique. M. Trump s’est dit réticent à provoquer des pertes humaines, tout en réitérant menaces et appels contradictoires au dialogue. Téhéran a revendiqué ce tir, en affirmant que l’engin avait pénétré son espace aérien.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi « Dix minutes avant la frappe, je l’ai stoppée » : les douze heures où Trump a failli attaquer l’Iran

Une manipulation des « faucons »

Depuis la mi-mai, Washington accuse l’Iran d’avoir saboté six navires pétroliers dans ces eaux stratégiques. Le Conseil de sécurité de l’ONU a condamné ces attaques, lundi, sans désigner de coupable. Le Royaume-uni avait quant à lui pointé Téhéran du doigt dès le 20 juin, comme peu après la chancelière allemande, Angela Merkel, avec plus de discrétion. Paris ne s’est pas prononcé, disant chercher à prévenir « une surenchère ».

L’Iran voit dans ces incidents une manipulation des « faucons » au sein de l’administration américaine, partisans d’un changement de régime à Téhéran. Ils chercheraient prétexte à provoquer une guerre, aiguillonnés par leurs alliés régionaux, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et Israël. Mais à en juger par les déclarations martiales des forces iraniennes, Téhéran paraît s’accommoder de ces tensions.



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