[Economie] Aide compensatoire à la canne à sucre : la ministre devra gagner ses arbitrages

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La disparition de l’enveloppe de 28 millions d’euros destinée à compenser la fin des quotas sucriers à La Réunion n’a pas fini de faire du bruit. Il y a d’abord eu la question d’Huguette Bello mardi dernier, lors de la séance de questions au gouvernement, lorsque Annick Girardin a bien été obligée de constater que cette somme ne figurait pas dans les documents budgétaires de cadrage. “Elle m’a fait part de sa vive inquiétude sur la réticence des autres ministères”, signalait alors le député David Lorion…

 

Puis jeudi, il y a eu la longue audition de la même ministre devant la délégation aux Outre-mer de l’Assemblée nationale qui lui a permis de révéler son trouble : “J’avoue que j’ai été prévenue un peu tard…” Et d’apporter quelques éclairages notamment sur la durée de l’aide compensatoire, qui est d’une durée de trois ans. La France l’avait notifié à l’Europe, expliquant ainsi vouloir adapter la filière canne à la libéralisation du marché du sucre en Europe.

 

“La question, a-t-elle déclaré aux députés, se pose de réinscrire cette aide dans les crédits du ministère de l’Agriculture. On est en plein arbitrage (…). Un dialogue est en cours et le Premier ministre et le président de la République sont déjà sensibilisés…” Si elle plaide en faveur de la réinscription de ces crédits au projet de loi de finances 2020 pour en faire une aide structurelle, comme le réclament les professionnels, elle a regretté qu’on ait “loupé l’adaptation”. Car il était bien question d’une période d’adaptation d’une durée de trois ans quand la France a notifié cette aide d’Etat à Bruxelles en 2017.

 

“L’arrêt brutal est difficilement concevable, a convenu Annick Girardin. On ne peut dire stop sans dire comment on accompagne cette adaptation, que personne n’a fait…” La ministre a prévenu que si l’aide était renouvelée, il y aurait nécessairement des conditions d’adaptation, et que ce travail, il faudrait le faire en partenariat avec les collectivités locales, notamment le département.

Malgré les propos de la ministre, un certain scepticisme habite toujours les députés car ils savent les efforts déjà réalisés par toute la filière canne : “Elle est allée jusqu’au bout de l’amélioration variétale, de la logistique, de l’extraction dans chacune des sucreries, assène David Lorion. Les acteurs, planteurs comme industriels, sont exsangues et ne peuvent rebondir dans un contexte international difficile. Cette aide doit devenir structurelle pour continuer une filière sucre énergie dans les DOM. Le risque de voir s’effondrer rapidement tout un pan de l’économie et le pilier de l’activité agricole n’a jamais été aussi important.”

Des parlementaires ont demandé à être reçus par le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume. Dans le même temps, les professionnels se mobilisent. Des actions qui viennent en soutien à la ministre qui était, hier encore, dans l’incertitude vis-à-vis de ses collègues de l’Agriculture et de Bercy : “Là, je ne suis pas capable de vous répondre, mais les enjeux, tout le monde les connaît.”

 

 FXG, à Paris



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