l’Iran souffle le chaud et le froid

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L’Iran a menacé de dépasser les stocks d’uranium enrichi autorisés par l’accord de 2015. Les Européens cherchent à temporiser.

Par Publié aujourd’hui à 20h48, mis à jour à 20h58

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A Arak, en Iran, en 2015.
A Arak, en Iran, en 2015. HAMID FOROUTAN / AFP

Les autorités iraniennes font monter la pression sur le dossier du nucléaire en annonçant que leurs réserves d’uranium enrichi passeraient d’ici dix jours au-dessus de la limite prévue par l’accord conclu en 2015 à Vienne. Le but est clairement de répondre aux Etats-unis mais aussi de creuser les divisions entre l’administration Trump qui a quitté le traité en mai 2018, rétablissant ses propres sanctions, et les trois pays européens signataires de ce texte entre l’Iran et les « 5 + 1 » (les membres permanents du Conseil de sécurité, plus l’Allemagne). Paris, Londres et Berlin veulent préserver cet accord laborieusement négocié pendant une décennie, qui met le programme sous contrôle international, et éviter que Téhéran ne le dénonce à son tour engendrant une crise majeure avec un rétablissement des sanctions internationales, voire des frappes américaines.

« Le compte à rebours pour passer au-dessus des 300 kilogrammes pour les réserves d’uranium enrichi a commencé et dans dix jours, c’est-à-dire le 27 juin, nous dépasserons cette limite », a déclaré, lundi 17 juin, Behrouz Kamalvandi, porte-parole de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique.

L’annonce survient dans un contexte de très fortes tensions entre l’Iran et les Etats-Unis, qui ont renforcé leur présence militaire au Moyen-Orient face à une « menace iranienne » présumée et accusent Téhéran des récentes attaques contre des pétroliers dans le Golfe, ce que Téhéran dément. Le département d’Etat américain a appelé lundi à « ne pas céder au chantage nucléaire » de l’Iran.

Ce compte à rebours d’ici au 27 juin a, de fait, été déjà entamé il y a un mois avec l’accumulation des stocks d’uranium enrichi que Téhéran ne peut envoyer en Russie à cause des sanctions et qui donc vont dépasser les 300 kilos autorisés. Le stock d’eau lourde dépassera vite les 130 tonnes permises.

« Encore le temps » de sauver l’accord

En même temps que la République islamique annonçait, en mai, ces rétorsions au durcissement des sanctions américaines, elle menaçait aussi d’ici au 7 juillet de s’affranchir de deux autres de ses engagements. Le président Hassan Rohani a fait savoir que son pays cesserait à cette date d’observer les restrictions consenties « sur le degré d’enrichissement de l’uranium » limité à 3,67 % par l’accord et qu’il reprendrait son projet de construction d’un réacteur à eau lourde à Arak (centre). Dans le même temps, le porte-parole de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique assurait « qu’aucune décision n’avait encore été prise ». En recevant l’ambassadeur de France, Paul Thiébaut, le président iranien assurait que Paris avait « encore le temps », avec les autres parties, de sauver l’accord.



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