Chagos: un planning suivi depuis deux ans

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Fernand Mandarin, décédé en 2016, et Olivier Bancoult lors du départ d’une délégation chagossienne, en 2006, pour la première visite sur leur terre natale.

«Le 16 novembre 2017, le gouvernement britannique a dit qu’il allait élargir le programme de visite dans l’archipel des Chagos. Il y avait eu trois visites l’année dernière. C’est un timing qu’on suit depuis deux ans», indique-t-on du côté du haut-commissariat britannique. Selon une source autorisée, avant que le fonds de soutien (support fund) soit annoncé en novembre 2016, c’était une visite par an. Maintenant c’est trois visites par an. Notons que la résolution des Nations unies pour porter le cas Chagos devant la Cour internationale de justice de La Haye a été votée en juin 2017.

Notre source affirme que les démarches ont débuté quatre mois avant que le premier contingent de 20 Chagossiens n’embarque pour Diego Garcia, en octobre. «Il y a toute une organisation avant le départ. Des tests médicaux, le nombre d’avions pour le transfert… on demande aux gens de s’inscrire.» Le gouvernement britannique compte organiser deux autres voyages en novembre et en février 2020. Ils se feront par avion de Maurice à Dubaï puis à Bahreïn. Les passagers seront ensuite appelés à prendre un avion militaire pour se rendre à Diego Garcia. La délégation se rendra aussi à Peros Banhos et à Salomon.

Dans un communiqué émis par le haut-commissariat britannique, jeudi, il est écrit que «ces visites sont organisées depuis 2006 et de nombreux membres de la communauté chagossienne y ont participé, incluant M. Bancoult». La réplique intervient après qu’Olivier Bancoult, le leader du Groupe Réfugiés Chagos avait demandé à la communauté chagossienne de ne pas rentrer dans le piège des Britanniques et de ne pas participer aux visites qu’ils organisent dans l’archipel cette année, lors d’une conférence de presse, le 29 mai.

«Diviser pour mieux régner»

Si, du côté du haut-commissariat, l’on affirme que les visites sont courantes, d’autres voient d’un mauvais oeil cette démarche soudaine des Britanniques. Me Robin Mardemootoo, l’avocat des Chagossiens, s’interroge. «Le gouvernement britannique fait ce qu’il fait toujours, soit diviser pour mieux régner. Il est en train de gagner le coeur des Chagossiens.» Avis partagé par Arvin Boolell, ancien ministre des Affaires étrangères. «Le Royaume-Uni a réussi à créer une scission au sein de la communauté chagossienne à Maurice et en Grande-Bretagne. Il veut faire croire que notre territoire lui appartient. C’est lui le maître à bord. Comme s’il organisait des visites pour venir chez lui.» Il qualifie la décision des Britanniques de «provocante». «C’est calculé pour créer des divisions. Pour faire croire que les Chagossiens sont au diapason avec la décision de Maurice. Les Chagossiens ont un gouvernement en exil. Pour les Britanniques, la résolution votée par les Nations unies n’est pas contraignante. Donc, ce n’est pas illégal.» Selon le député travailliste, une visite a été organisée quand Madan Dulloo était ministre des Affaires étrangères en 2006. Elle a été faite en consultation avec le gouvernement mauricien. «Cela ne mettait pas en cause notre souveraineté.»

En 2006, une centaine de Chagossiens avaient pris le bateau pour se rendre dans l’archipel. En 2017, ils étaient 22 à faire partie du voyage, du 30 octobre au 8 novembre. Malgré le mot d’ordre du Groupe Réfugiés Chagos de boycotter cette visite proposée par les Britanniques. Lors de ce voyage, le premier

d’une série de trois organisés jusqu’en avril 2018, plus de 150 demandes ont été reçues, dont 100 en provenance de Grande-Bretagne. La priorité a été donnée aux Chagossiens qui n’ont jamais visité l’archipel. Les natifs de Peros Banhos ou Salomon ont passé deux jours à visiter ces îles, avant de rejoindre les autres membres du groupe sur la base américaine de Diego Garcia.




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Lexpress

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