Liviu Dragnea, patron de la gauche et homme fort du pays, condamné à de la prison ferme

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M. Dragnea, très critiqué pour les réformes judiciaires qu’il tente de faire passer, vient par ailleurs de subir un sérieux revers aux élections européennes.

Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 15h15, mis à jour à 15h18

Temps de Lecture 2 min.

Liviu Dragnea, chef du Parti social-démocrate (SPD) roumain, le 26 mai.
Liviu Dragnea, chef du Parti social-démocrate (SPD) roumain, le 26 mai. Vadim Ghirda / AP

L’homme fort de la Roumanie, le patron de la gauche Liviu Dragnea, a été condamné, lundi 27 mai, à une peine de trois ans et demi de prison ferme dans son procès en appel pour détournement de fonds publics. Cet élu controversé, qui avait mené les sociaux-démocrates à une large victoire aux législatives de décembre 2016, s’expose donc à une incarcération imminente.

La Haute Cour de cassation de Roumanie, qui prononce également des jugements en appel pour les responsables politiques, a confirmé le verdict prononcé en juin dernier contre le chef du Parti social-démcorate (PSD) au pouvoir. En première instance, M. Dragnea avait été reconnu coupable d’avoir fait pression pour que deux employées locales du PSD soient fictivement embauchées par les services de la protection de l’enfance dans son fief de Teleorman (sud).

M. Dragnea, 56 ans, qui n’était pas présent dans la salle d’audience, dispose de 24 heures pour se rendre au commissariat de police le plus proche afin d’exécuter la sentence qui risque de plomber à long terme ses ambitions politiques.

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Référendum contre les réformes judiciaires

Liivu Dragnea avait déjà été empêché de briguer le poste de premier ministre en raison d’une condamnation avec sursis dans un autre dossier judiciaire, portant sur des fraudes électorales. Ses détracteurs l’accusent de chercher à assouplir le code pénal afin d’échapper aux différentes procédures le visant.

Décidément en mauvaise passe, M. Dragnea vient, par ailleurs, de subir un sérieux revers aux élections européennes : avec moins de 25 % des suffrages, il a encaissé le recul d’environ treize points de son parti. Il a qualifié de « tempête de haine » les critiques dont il fait l’objet.

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Le scrutin était couplé à un référendum antigouvernemental organisé par le président de centre droit Klaus Iohannis contre les réformes judiciaires de la gauche. La consultation ayant atteint le quorum requis pour être validé, fixé à 30 %, les analystes pronostiquent là encore une défaite de la majorité. Les résultats de la consultation sont attendus ce lundi.

La réforme judiciaire engagée par le dirigeant a valu début mai à Bucarest un rappel à l’ordre de la Commission européenne, qui a prévenu que la Roumanie s’exposait à des sanctions « imminentes » si elle persistait dans cette voie. M. Dragnea, qui a multiplié les discours souverainistes ces derniers mois, a rejeté ces critiques, accusant Bruxelles d’utiliser « deux poids deux mesures » à l’égard de son pays. Selon les analystes, cette offensive contre le monde judiciaire et ce tournant eurosceptique expliquent le recul du PSD dans les urnes.

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Pas candidat à l’élection présidentielle de 2019

Balayant les critiques concernant ses tentatives d’assouplir la législation anticorruption, M. Dragnea assure régulièrement que ces mesures sont destinées à combattre des abus de pouvoir de certains magistrats, qu’il accuse d’être instrumentalisés pour lui nuire. « Si les juges résistent aux pressions, qui sont inimaginables, je serai acquitté, car je suis innocent », avait-il encore affirmé dimanche soir.

Le dirigeant, qui a fait tomber deux premiers ministres de son propre camp en l’espace de sept mois et a exclu de son parti plusieurs responsables qui l’avaient critiqué, ne se reconnaît qu’un unique tort : « Ma seule faute est d’avoir accepté de devenir le président du PSD » en 2015, a-t-il déclaré dimanche.

Le chef du PSD a également créé la surprise dimanche en annonçant qu’il ne se présenterait pas contre M. Iohannis à l’élection présidentielle prévue fin 2019, contrairement à ce qu’il laissait entendre depuis des mois.

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