#toutirabien, le mot-clé qui affole les islamo-conservateurs turcs

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Ekrem Imamoglu, le maire déchu d’Istanbul, mène campagne en vue de la répétition des élections municipales prévues le 23 juin. « Tout ira bien » est son principal slogan.

Par Publié le 24 mai 2019 à 00h28

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Un cortège de manifestants reprend le slogan « tout ira bien » lancé par Ekrem Imamoglu, à Istanbul (Turquie), le 8 mai.
Un cortège de manifestants reprend le slogan « tout ira bien » lancé par Ekrem Imamoglu, à Istanbul (Turquie), le 8 mai. BULENT KILIC / AFP

LETTRE D’ISTANBUL

Confronté au discours clivant et agressif des islamo-conservateurs au pouvoir, Ekrem Imamoglu le candidat du Parti Républicain du peuple (CHP, opposition kémaliste et laïque) pour la municipalité d’Istanbul a développé sa propre stratégie : être « cool » et transparent.

Celle-ci s’est révélée payante lors des élections municipales du 31 mars, quand ce politicien aux manières douces, inconnu du public et privé de tribune médiatique, a été élu maire de la métropole du Bosphore, avec moins de 13 000 voix d’avance sur son rival du parti de la Justice et du développement (AKP), l’ancien premier ministre Binali Yildirim, un proche du président turc Recep Tayyip Erdogan.

Caméras débranchées

A peine élu, le nouvel édile a promis de « panser les blessures de chacun en rencontrant individuellement chaque segment de la société, chaque identité ethnique, chaque groupe religieux ». Il a aussi fait installer des caméras dans la salle du Conseil municipal, au sein duquel l’AKP détient la majorité, afin que les débats soient retransmis en direct sur les réseaux sociaux.

Ainsi, 3,5 millions de Stambouliotes (sur une population totale de 16 millions) ont suivi avec passion ces sessions mouvementées. Les retransmissions ont duré un peu plus de deux semaines, soit le temps passé par Ekrem Imamoglu à la tête de la municipalité. Le 6 mai, son mandat a été invalidé par la Haute Commission électorale à la demande de l’AKP, pour cause d’« irrégularités ». Dans la foulée, les caméras ont été débranchées.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Turquie : l’AKP fait annuler les élections municipales remportées par l’opposition à Istanbul

Prévu pour le 23 juin, le nouveau scrutin municipal s’annonce décisif pour l’avenir des islamo-conservateurs, ulcérés par la perte de l’ancienne capitale ottomane, après vingt-cinq ans d’un règne sans partage. Le duel sera serré entre M. Imamoglu, 49 ans, l’espoir des déçus du système Erdogan, et Binali Yildirim, 64 ans, membre éminent de l’élite au pouvoir.

Malgré ses soutiens au plus haut niveau, ses affiches placardées partout dans Istanbul, son accès illimité aux médias pro gouvernementaux, Binali Yildirim peine à ravir la vedette à son sémillant rival. Entré dans l’arène des municipales à reculons, l’ancien premier ministre ne montre guère d’appétence pour le combat politique et ne cesse d’accumuler les maladresses. Au point de devenir la risée des réseaux sociaux pour ses fautes d’orthographe, son incapacité à manier la souris d’un ordinateur, sa piètre élocution.



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