A l’Est, les scandales de corruption liés aux fonds européens se multiplient

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Plusieurs dirigeants eurosceptiques sont accusés de s’être enrichis ou d’enrichir leurs proches en détournant l’argent de Bruxelles.

Par Jean-Baptiste Chastand et Blaise Gauquelin Publié aujourd’hui à 02h38

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Un premier ministre tchèque qui risque entre cinq et dix ans de prison. Un chef du parti au pouvoir en Roumanie visé par une enquête du parquet pour détournement de fonds. Le gendre du premier ministre Viktor Orban accusé de s’enrichir sur fonds structurels européens grâce à ses liens familiaux en Hongrie… Ces dernières années, les scandales de corruption liés à ces enveloppes se multiplient dans plusieurs pays de l’Est ayant intégré l’Union européenne (UE) à partir de 2004.

Toutes les formations politiques sont touchées avec presque à chaque fois, les mêmes ingrédients sulfureux : des gens au pouvoir, ou leurs proches, profiteraient des fonds de cohésion de l’UE, tout en attaquant de plus en plus durement les institutions européennes dans leurs discours…

L’enjeu est important pour le scrutin du 26 mai : les prochains eurodéputés devront négocier la future enveloppe de fonds régionaux pour la période 2021-2027. Alors que 351 milliards d’euros ont été prévus pour 2014-2020, le départ du Royaume-Uni devrait mécaniquement réduire les montants alloués.

Sans compter que plusieurs capitales de l’Ouest veulent désormais conditionner les versements de ces sommes au respect de l’Etat de droit, voire à l’accueil des demandeurs d’asile. Dans ce contexte, même si l’argent européen a massivement servi aux populations et aux infrastructures de l’Europe médiane, la multiplication des scandales menace de décrédibiliser une des politiques pourtant au cœur de la construction européenne.

Lire aussi Pologne : la France suggère de conditionner l’accès aux fonds européens au respect de l’Etat de droit

Une partie du magot européen est accaparée

Depuis trois semaines, ils sont par exemple des milliers à défiler chaque lundi en République tchèque pour protester contre la nouvelle ministre de la justice, nommée le 30 avril après la démission surprise de son prédécesseur. Ce dernier a quitté son poste quelques jours seulement après que la police locale a recommandé la mise en accusation du premier ministre, Andrej Babis. Deuxième fortune du pays, ce dernier est soupçonné d’avoir artificiellement saucissonné, en 2007-2008, un projet hôtelier de son conglomérat, Agrofert, dans l’unique but de bénéficier d’une aide européenne de 2 millions d’euros, sous forme de fonds destinés aux petites et moyennes entreprises.

En Roumanie, Liviu Dragnea, le président du Parti social-démocrate, est, lui, mis en examen depuis fin 2017 pour avoir détourné 21 millions d’euros de fonds européens, en marge de chantiers de rénovations de voirie. Sous son contrôle, Bucarest multiplie les réformes contestées pour affaiblir la justice anti-corruption… Face aux critiques venues de Bruxelles, le leader de la gauche roumaine n’hésite pas à multiplier les discours souverainistes.



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