Carnet de voyage – En route pour le Sénégal – La Terenga : pays de l’hospitalité

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Il y a des pays où on rêve d’aller depuis toujours et d’autres où on pense ne jamais pouvoir mettre les pieds. Découvrez à travers ce reportage, le Sénégal connu aussi comme le pays de la Terenga, un mélange de couleurs, de cultures et de coutumes qui vous transportent dans un décor pittoresque.

C’est dans la région de Fatick, plus précisément, au quartier Mboubane, que je dépose mes valises. J’ai pour mission la construction d’un abri pour les enfants de rue. En tant que coordinatrice du projet au sein d’une association française à but non lucratif Made In Peace, j’ai passé un mois au sein d’une famille d’accueil africaine. Je vous invite à travers ce carnet de voyage à partager les meilleurs moments de cette aventure.

16 février – Mon arrivée chez une famille africaine

Accueillie par le chef de famille Omar Ngom, j’ai passé une semaine dans un lieu de vie typiquement africain. La vie est très simple dans un habitat limité à une pièce qui me sert de chambre à coucher et de sanitaire. Pas de futilité, de meuble ou de salle à manger. À l’heure du repas, tout le monde mange par terre et dans le même plat. Le traditionnel thiéboudienne au poulet m’est proposé en guise de bienvenue. Un plat composé de riz cassé et parfumé au goût de cube Maggi, de légumes et d’un poulet entier. Un soir, j’ai eu l’occasion de préparer le dîner et de plumer un poulet. Ici, pas de viande congelée, ni de supermarché ou de boucherie. La famille élève elle-même des poussins afin de les consommer quand ils auront atteint la taille adulte.

18 février – Découverte de Fatick

La région de Fatick est située à l’ouest du Sénégal entre Mbour et Kaolack. Je me retrouve au milieu de collines de sable où se côtoient ânes, chevaux et charrettes. Tout le monde me dévisage, car ils n’ont pas l’habitude de voir une toubab (blanc européen) ou une naar (Européene originaire d’un autre pays). Les enfants viennent tout juste de sortir de l’école et courent vers moi pour me serrer la main et échanger quelques mots en français. Le dialecte parlé est le wolof, mais les personnes scolarisées parlent français. Sous une température atteignant presque 40 degrés, mes lèvres sont brûlées  et déshydratées. Heureusement que j’ai toujours une poche d’eau dans mon sac, car ici l’eau n’est pas filtrée et nous pouvons en trouver que dans des petits sachets en plastique. Les Fatickois sont des personnes très aimables, serviables et accueillantes. Je peux m’inviter librement dans leur domicile afin de partager une tasse de thé à base de girofle.

21 février – En cuisine …, je prépare le diîner ce soir

Direction le marché et c’est à bord d’une charrette conduite par une mbam (âne) que je m’apprête à faire les courses avec Ami, la maîtresse de maison. Tout se vend à l’unité. Nous choisissons donc une carotte, une aubergine et un pâtisson qui composera le plat de ce soir. Les épices, telles que le poivre, la moutarde ou le sel, se vendent aussi à la pièce dans de petits sachets. Les légumes du plat seront partagés par la famille qui peut être quelques fois composée de 10 personnes. Les coutumes et traditions sont très différentes, mais un seul mot d’ordre règne, le partage. C’est un peuple très solidaire, heureux et très lié par la famille. Pour cuisiner, pas d’électroménagers ou d’électricité. Je prépare donc le repas à l’aide d’une bonbonne de gaz, d’une marmite et d’un grand mortier qui sert à écraser toutes les épices qui donneront du goût à mon plat.

La nourriture au Sénégal

Ce qui m’a marquée avant tout, ce sont les plats traditionnels. On ne mange que du riz cassé, et rare sont les plats à base de pâtes, frites et les hamburgers ou pizzas considérés comme des repas pour les toubabs. Parmi ce que l’on consomme le plus, on retrouve le thiéboudienne (riz au poisson), yassa (sauce aux oignons frits), mafé (sauce arachide), pastel (beignet farci), banane plantin (banane frite) ou encore le jus de bissap (fleur d’hibiscus). Le pigeon est un mets très populaire également. J’ai eu la chance de rencontrer un éleveur de pigeons qui vend ces petites bêtes à prix d’or. « Nous faisons venir nos pigeons depuis l’étranger soit la France, l’Espagne, le Portugal ou l’Autriche et de ce fait, ce sont des oiseaux de luxe, car la qualité est supérieure. La viande de pigeon est très prisée au Sénégal et on peut vendre un oiseau jusqu’à 200 euros pièce », nous explique Momar, un jeune éleveur de Mbour. 

25 février- La construction de l’abri

Durant deux semaines, j’ai coordonné  le projet « My Daara » (mon abri) avec une équipe de 15 bénévoles français. C’est dans le camp des Pionniers de Fatick, une association sénégalaise, que je me suis installée afin d’accueillir mon équipe. Chaque matin, nous nous rendions sur le chantier afin de construire de nos propres mains un abri en béton qui accueillera une quarantaine d’enfants venue étudier le Coran et la langue française. Ces garçons ont été enlevés de leur famille depuis l’âge de trois ans et sont livrés à eux-mêmes. Pour subvenir à leurs besoins, ils doivent mendier dans les rues lorsqu’ils ne sont pas en cours. Accompagnés de professionnels et de jeunes pionniers, nous avons pu construire et décorer l’abri en sept jours seulement.

2 mars – Ma nuit au village

Ce week-end sera le moment le plus marquant de mon séjour. J’ai poussé les filles de mon groupe à se surpasser et elles ont réussi haut la main. Nous avons passé la nuit dans un village très retiré où il n’y a ni eau courante, ni électricité, ni facilités sanitaires. Les maisons sont faites de briques et les toits en paille. Quant au lit, celui-ci est construit avec des lattes de bois et les bancs avec des troncs d’arbres. Comme bagage, j’ai pris uniquement une brosse à dents, du dentifrice et des lingettes nettoyantes. Arrivés au village de Fandène, nous avons eu droit à une cérémonie d’accueil. Nous avions préparé des activités pour les femmes, les familles et les enfants du village toute la journée. Moi, je devais organiser une chasse au trésor sur le thème des pirates. La nuit tombe, il fait complètement noir dans le village, mais la fête continue à battre son plein. La tradition veut qu’un combat de lutte soit organisé afin de montrer la force des garçons du village. La mise est un sac de riz de 50 kilos et le gagnant fera donc la fierté de sa famille dans le village. C’est une discipline très reconnue et là encore, on peut voir la force, l’agilité et la détermination de ces jeunes garçons dans leurs regards. Ils apprennent les techniques dès leur plus jeune âge et développent une musculature naturelle sans aucun entraînement physique. Après un bon feu de joie, c’est dans des tentes à même le sol que nous avons passé la nuit, sans oreiller, ni matelas et couverture, le tout à la belle étoile.

5 mars – La visite d’une école

Tout au long de mon séjour, j’ai pu passer de très bons moments avec les enfants que ce soit les talibés (enfants de la rue), les enfants du camp, du village ou encore ceux que nous avons visités dans une école au quartier Logandeme. J’ai pu assister à un cours de français où les enfants, munis de leur ardoise et de leur craie, essayaient tant bien que mal de suivre. Nous leur avons offert un moment de détente en leur proposant des activités dans la cour de l’école et nous avons fait don de matériel scolaire, le tout au son des chants scolaires africains. Quel fut mon plaisir d’être entourée de tant de visages rayonnants et de voir un sourire se dessiner sur chacun d’entre eux. J’ai constaté leur immense joie d’avoir pu bénéficier d’une telle journée. Je me souviens avoir rencontré une jeune fille prénommée Aminata. Cette dernière m’a confié, les larmes aux yeux, que grâce à notre visite, elle a repris confiance dans son rêve, celui de devenir un jour institutrice.

11 mars – La capitale Dakar

Je termine mon voyage en passant quelques jours dans la capitale du Sénégal à Dakar. Ici, le décor change radicalement. C’est comme si j’avais changé de pays. J’ai retrouvé mon confort habituel et surtout la nourriture européenne. La ville est beaucoup plus moderne et évoluée, mais reste très dangereuse. Une seule question me trotte dans la tête : comment peut-on imaginer qu’à quelques kilomètres de cette ville si aisée avec les rues qui grouillent de voitures et de motos, il existe des endroits sans eau ni électricité avec des habitants qui se déplacent sur des ânes.

13 mars – La maison des esclaves

Il vous faut absolument visiter l’île de Gorée, située dans la baie de Dakar. Pour s’y rendre, il faut prendre un bateau. Vous ne pouvez pas quitter le Sénégal sans visiter la maison des esclaves. Cette île mémoire fait partie du patrimoine mondial de l’UNESCO et fut le plus grand centre de commerce d’esclaves de la côte africaine. Son architecture m’a laissée sans voix et projette dans le passé à travers le contraste entre les sombres quartiers des esclaves et les élégantes maisons des marchands d’esclaves. L’île Maurice est souvent citée dans ce mémoriel où les larmes, la souffrance et la mort de nombreuses personnes symbolisent aujourd’hui la fin de la traite négrière.

15 mars – Le Lac Rose

Après l’île de Gorée, le lac Rose, de son vrai nom lac Retba, est l’un des sites les plus visités au Sénégal. Ce lac est mondialement connu par sa teinte originale et changeante de son eau qui vire quelquefois au rose. Il est possible de faire une petite virée à bord d’une pirogue, emblème du Sénégal, ou pour les plus aventureux en quad à travers les dunes de sel et de sable qui constituent également le trajet du rallye Paris-Dakar.

18 mars – Retour à Maurice

C’est l’esprit rempli de souvenirs et de belles rencontres que je pars rejoindre mes proches. C’est la seconde fois que je m’envole pour le pays de la Terenga et chaque déplacement est une nouvelle aventure. Un chef de village m’avait dit un jour : « Quand on pose un pied en Afrique on ne repart jamais sans vouloir y retourner une seconde fois, car on ne laisse personne indifférent. »



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Defi Media

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