Jeannine Mabunda Lioko, première femme élue à la tête de l’Assemblée nationale, sans surprise – JeuneAfrique.com

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Jeannine Mabunda Lioko a été élue, sans surprise, présidente de l’Assemblée nationale, mercredi 24 avril. Elle était la seule candidate. Portrait de celle qui est la première femme élue à ce poste en République démocratique du Congo.


Seule candidate au poste de présidente de l’Assemblée nationale, portée par la coalition Front commun pour le Congo (FCC) de l’ancien président Joseph Kabila et du Cap pour le changement (Cach) du président Félix Tshisekedi, Jeannine Mabunda Lioko devient la première femme élue présidente de l’Assemblée nationale. Sur 383 votants, Mabunda a revueilli 375 voix. Une élection sans aucune surprise, après l’annulation de la candidature d’Henry-Thomas Lokondo, dissident du FCC qui s’était rallié à l’opposition.

« Une femme réactive, qui ne se laisse pas faire »

Dépeinte comme « une femme réactive, qui ne se laisse pas faire » par l’un de ses proches, le député Patrick Muyaya, Jeannine Mabunda Lioko, 54 ans, réfute avoir été choisie parce qu’elle est une femme et se considère comme « une actrice politique à part entière ». Elle a promis de « transformer l’hémicycle à une maison du peuple où les lois seront élaborées pour répondre aux besoins de la population » et de mettre en place un « contrôle parlementaire efficace ».

Elle sera secondée par Jean Marc Kabund A Kabund de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social, le parti de Félix Tshisekedi, qui prend le fauteuil de premier vice-président. Président intérimaire de l’UDPS, il est un novice dans l’hémicycle.


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Boniface Balamage Nkolo co-fondateur du Rassemblement congolais pour la démocratie (RDC), plusieurs fois ministre et ancien sénateur, a pour sa part été élu deuxième vice-président. Musao Kalombo Mbuyu, ancien secrétaire général académique de l’Université de Kinshasa, devient rapporteur, tandis qu’Alfani Machozi Marie Claire et Vakpa Katumba Oruma ont été respectivement élus questeur et questeur adjoint.

Boycott de l’opposition

L’opposition parlementaire – les députés d’Ensemble pour le changement de Moïse Katumbi, du Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean Pierre Bemba et de la Dynamique pour l’unité d’action de l’opposition de Martin Fayulu – a boycotté le vote.

Tous accusent la coalition FCC-Cach de s’être accaparé indûment la totalité des sièges au bureau. De fait, sur les sept sièges constituant le bureau de l’Assemblée nationale, seul le poste de rapporteur adjoint a été réservé à l’opposition. Celle-ci a saisi le Conseil d’État, revendiquant d’obtenir le poste de rapporteur titulaire en plus du poste d’adjoint.

Élue députée nationale en 2011, réélue en 2018,  Jeannine Mabunda Lioko est, depuis juillet dernier, la présidente de la ligue des femmes du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD, le parti de Kabila).

Depuis 2014, elle était Représentante personnelle du chef de l’État – l’ancien président Joseph Kabila – en charge de la lutte contre les violences sexuelles et le recrutement des enfants soldats. Dans le cadre de cette mission humanitaire, sa feuille de route consistait à lutter contre l’impunité en matière de viols et d’aider à libérer la parole des victimes face à ce fléau, tout en facilitant le dialogue entre les diverses parties prenantes.

De la Citybank au Fonds de promotion pour l’industrie

Détentrice d’une licence de Droit de l’Université catholique de Louvain, en Belgique, et d’une licence en Sciences commerciales de l’Institut catholique des hautes études commerciales (ICHEC) de Bruxelles, elle est r réputée au sein de son parti pour son « pragmatisme » et « sa capacité à fédérer les différentes opinions dans le respect de la diversité », affirme l’un de ses proches.

Jeannine Mabunda Lioko a commencé sa carrière professionnelle en 1988 à la Citibank Congo, où elle a œuvré durant cinq ans comme gestionnaire de compte, chargée des relations avec les grands comptes et analyste crédit.De 1997 à 2000, elle a été conseillère du gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC).

En 2002, elle passe au Fonds de promotion de l’industrie (FPI), comme administratrice – déléguée générale, où elle restera jusqu’en 2012. Elle y introduira plusieurs changements dans la gouvernance, et y travaillera notamment à élargir l’accès des populations de l’arrière-pays à ce guichet de financement des petites et moyennes entreprises industrielles. Une expérience qui l’a amenée à sillonner le Congo profond et à se confronter aux besoins criants de développement locaux des Congolais ordinaires.

C’est à l’issue de cette expérience qu’elle sera nommée ministre du Portefeuille en charge de la réforme des entreprises publiques.





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JeuneAfrique

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