A la suite des attentats au Sri Lanka, les réseaux sociaux bloqués pour éviter « la propagation d’informations fausses »

0
146
Booking.com



Ce n’est pas la première fois que l’accès à Facebook est bloqué au Sri Lanka dans l’espoir d’endiguer des émeutes entre bouddhistes et musulmans.

Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 13h12, mis à jour à 13h43

Temps de Lecture 1 min.

Voir aussi Attentats au Sri Lanka : les images des églises et des hôtels attaqués

En plus d’un couvre-feu illimité sur l’ensemble de l’île, le gouvernement du Sri Lanka a décrété, dimanche 21 avril, le blocage temporaire « des plates-formes de réseaux sociaux » à la suite de la série d’attentats contre des églises et des hôtels. Officiellement, il s’agit « d’empêcher la propagation d’informations incorrectes et fausses. Ceci est seulement une mesure temporaire », a dit la présidence dans un communiqué.

Quelques heures après les attentats, Facebook et WhatsApp, tout comme Twitter, étaient bloqués ou ralentis. Ce n’est pas la première fois que le gouvernement sri-lankais décide de bloquer l’accès à Facebook. Il y avait déjà eu recours durant plusieurs jours en mars 2018 dans l’espoir d’endiguer une flambée de violences intercommunautaires dans le centre du pays. Des militants de ce pays ravagé par près de trois décennies de guerre civile avaient alerté Facebook au sujet de plusieurs messages haineux contre la minorité musulmane, en vain.

Lire aussi Facebook cherche encore la bonne solution contre les « fake news »

Des associations pointent l’instrumentalisation répétée de Facebook

En 2012, Facebook avait déjà servi de véhicule à la propagation de la haine sur l’île, contribuant à des émeutes entre bouddhistes et musulmans qui avaient causé la mort, officiellement, de plus de 200 personnes. Si la page Facebook du moine bouddhiste islamophobe Ashin Wirathua a été supprimée en février 2018, un certain nombre d’associations pointaient encore récemment l’instrumentalisation répétée du réseau social.

Dès septembre 2014, un institut de recherche sur la stabilité du Sri Lanka, le Center for Policy Alternatives (CPA), avait publié un rapport répertoriant une vingtaine de groupes de discussion en cinghalais diffusant des messages haineux sur Facebook. L’organisation avait ensuite traduit en anglais les messages pour les responsables de Facebook, puisque l’entreprise ne semblait pas s’intéresser à la langue locale.

« Dans certains pays, nous avons constaté que de fausses informations pouvaient déboucher sur de la violence physique. Au Sri Lanka, par exemple : nous aurions pu faire plus et nous allons faire plus » avait expliqué en 2018 au Monde Tessa Lyons, une des responsables de l’équipe chargée de la lutte contre les fausses informations chez Facebook. L’entreprise avait donc mis à jour ses règles et commencé à supprimer des messages aux effets potentiellement violents, comme ceux affirmant que les musulmans empoisonnaient de la nourriture consommée par des bouddhistes.

Lire aussi Que font les géants du Web contre les fausses informations ?



Source link

Have something to say? Leave a comment:

Booking.com