Que se passerait-il si Thanos effaçait la moitié de la vie sur Terre ?

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À quelques jours de la sortie d’Avengers : Endgame, revenons sur l’événement le plus marquant du film précédant : le “snap” de Thanos, qui élimine la moitié de la population de l’Univers. Ce n’est ici qu’une fiction, mais que se passerait-il sur Terre si la moitié de la population se retrouvait réellement décimée en un instant ?

Si vous ne vivez pas terré·e dans une grotte au fin fond de la Sibérie, vous êtes au courant : Avengers : Endgame sort mercredi en salles. L’un des principaux objectifs sera de ramener à la vie nos malheureux héros qui firent, l’année dernière, les frais du célèbre “claquement de doigts” de Thanos à la fin d’Infinity War. Pour faire simple, Thanos, alors muni de toutes les pierres d’infinité, avait éliminé la moitié de l’Univers. Ses intentions étaient “bonnes”, selon ses dires. L’idée générale était simple : il n’y a pas de ressources pour tout le monde. Beaucoup de gens souffrent. On élimine la moitié et tout ira pour le mieux. Mais serait-ce vraiment le cas ? Prenons le cas de la Terre.

Avengers
L’un de ces personnages a tout gâché. Sauras-tu retrouver lequel ? Crédits : Capture d’écran YouTube

Rappelons plus précisément que, comme l’a confirmé Kevin Feige, président de Marvel Studios, notre cher Thanos n’a pas réduit que la population humaine. Il a réduit en poussière exactement la moitié de la population de chaque espèce. Sont donc également inclus les fourmis noires de nos jardins, les sangliers, les poissons-lunes, ou les bactéries E. coli. Ce ne sont ici que des exemples, mais vous avez compris le principe.

Sur le papier, son intention se justifie. Trop de monde pour pas assez de ressources. On ne peut pas multiplier par deux les ressources, donc divisons par deux ceux qui en dépendent. En réalité, c’est un peu plus compliqué que ça. Cette idée est même jugée « terrible à bien des égards » par Ken Lacovara, paléontologue à l’Université Rowan (États-Unis).

Les humains, explique-t-il, ont connu une croissance démographique exponentielle. Dans les années 60, nous n’étions que trois milliards, puis six milliards en l’an 2000. Et le nombre d’humains sur Terre ne fait qu’augmenter. Ce qui veut dire qu’en l’espace de 40 ans, la population humaine aura recouvert tous ses effectifs. Partant de ce principe, décimer la moitié du monde vaut-il vraiment le coup ?

Avengers
Plus facile, c’est l’un de ces deux-là. Crédits : Capture d’écran YouTube

Au revoir les tigres, bonjour les moustiques

La même chose s’applique à la plupart des espèces terrestres, poursuit le chercheur. En revanche, certaines devraient beaucoup mieux s’en tirer que d’autres. Il existe en effet un déséquilibre entre les espèces en fonction des stratégies de survie. Les grandes gagnantes seront clairement les espèces qui font beaucoup de petits, et qui réduisent au maximum les soins parentaux. Cela signifie que les insectes, les kangourous, les rats ou les lapins s’en sortiront tranquillement.

Selon l’écologiste James Faulconbridge, à titre d’exemple, une grenouille peut produire environ 20 000 œufs en une seule saison. Beaucoup ne survivront pas. Mais décimez la moitié de la population de ces grenouilles et elles pourront aisément recouvrir leur effectif en quelques mois seulement. Les moustiques ? En un été.

En revanche, les animaux rares – autrement dit menacés – deviendraient moins nombreux et moins diversifiés génétiquement. L’écologiste prend ici l’exemple du tigre, qui aurait beaucoup de mal à revenir. Pour les espèces au bord de l’extinction, le “snap” de Thanos donnerait très probablement le coup de grâce. Réduisez de 50 % la population d’une espèce qui peine déjà à s’accrocher, et vous êtes quasiment sûr de ne plus jamais la revoir.

Star Lord
Bon ok, c’est lui. Crédits : Capture d’écran YouTube

Côté bactéries, le microbiologiste Ben Libberton rappelle que nos intestins sont truffés de milliards de micro-organismes qui veillent à notre bonne santé gastro-intestinale. Une élimination importante de ces bactéries pourrait peut-être, selon lui, permettre la prolifération de bactéries précédemment réprimées par la concurrence. Un déséquilibre pourrait alors s’installer, mais difficile de dire si nous pourrions nous en remettre facilement.

Bien évidemment, toutes les formes de vie sur Terre sont interdépendantes. Il est donc impossible de prédire précisément ce qu’il pourrait advenir de la Terre si la moitié de ses hôtes disparaissant d’un coup d’un seul. Mis à part, peut-être, que vous vous retrouveriez 40 ans plus tard avec tout autant d’humains, cohabitant avec pleins de rats et de moustiques.

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