Après un an de révolte, le Nicaragua s’enfonce dans la répression

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Les négociations sont suspendues entre le gouvernement et l’opposition. Un cortège a bravé, mercredi, l’interdiction de célébrer l’anniversaire du soulèvement.

Par Nicolas Bourcier et Frédéric Saliba Publié aujourd’hui à 09h50, mis à jour à 10h53

Temps de Lecture 5 min.

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Manifestants opposés au gouvernement Ortega, lors d’une marche à Managua, la capitale du Nicaragua, le 17 avril 2019.
Manifestants opposés au gouvernement Ortega, lors d’une marche à Managua, la capitale du Nicaragua, le 17 avril 2019. Alfredo Zuniga / AP

Aux cris de « Liberté ! » et « Justice ! », plusieurs centaines de Nicaraguayens ont bravé, mercredi 17 avril à Managua, l’interdiction de manifester pour commémorer le premier anniversaire du déclenchement d’une révolte populaire inédite contre le président, Daniel Ortega, réprimée dans le sang. L’impressionnant dispositif policier déployé dans la capitale a perturbé le cortège sans parvenir à le stopper. Un bras de fer à l’image des négociations suspendues entre le gouvernement et l’opposition qui plongent le pays dans l’impasse.

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Boucliers au poing, des centaines de policiers antiémeutes ont empêché de petits groupes d’opposants de défiler. « Dictature non, démocratie si ! », leur ont répliqué les contestataires répondant à l’appel de la coalition d’opposition, l’Unité nationale bleu et blanc (UNAB), qui réclame le départ de l’ancien guérillero du Front sandiniste de libération nationale (FSLN), âgé de 73 ans, qui se maintient au pouvoir depuis 2007 après avoir gouverné de 1979 à 1990. Une vingtaine de personnes ont été arrêtées, dont un journaliste, relâché peu après.

« Ortega appelle à la paix et au dialogue tout en violant les accords avec l’opposition et en maintenant un Etat policier »

« Ortega joue un double jeu pervers en appelant à la paix et au dialogue tout en violant les accords convenus avec l’opposition, maintenant un Etat policier répressif », déplore José Pallais, ancien député du Parti libéral et membre de l’équipe des négociateurs de l’opposition qui ont suspendu, le 3 avril, le dialogue infructueux avec le gouvernement.

Les protestataires réclament la fin de la répression, la libération des prisonniers politiques, la justice pour les victimes et la démocratisation du pays. En face, M. Ortega et son épouse, Rosario Murillo, devenue sa vice-présidente, s’accrochent au pouvoir, dénonçant « une tentative de coup d’Etat ».

325 morts, 800 prisonniers et 60 000 exilés

Baptisée « Todos Somos Abril » (« Nous sommes tous avril »), la mobilisation de mercredi faisait référence à une première manifestation, le 18 avril 2018, contre une réforme de la sécurité sociale. La répression de cette marche avait lancé le mouvement national d’insurrection qui dure depuis un an contre l’ancien sandiniste, accusé d’avoir instauré un régime « totalitaire », « corrompu » et « dynastique ».



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