Washington va autoriser des plaintes contre des entreprises étrangères à Cuba

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L’administration de Donald Trump avait encouragé en janvier « toute personne faisant des affaires à Cuba à examiner si elle fai (sai) t du trafic de biens confisqués et (était) complice de cette dictature ».

Publié le 17 avril 2019 à 00h20 – Mis à jour le 17 avril 2019 à 01h08

Temps de Lecture 2 min.

Les drapeaux cubains et américains à Cuba en 2017.
Les drapeaux cubains et américains à Cuba en 2017. Alexandre Meneghini / REUTERS

Les Etats-Unis vont ouvrir la voie à des milliers d’actions en justice contre des entreprises étrangères, notamment européennes, présentes à Cuba, a indiqué mardi 16 avril un responsable de l’administration Trump. Selon cette source, le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, John Bolton, annoncera mercredi lors d’un discours à Miami « l’application du chapitre III de la loi Helms-Burton » de 1996.

Systématiquement gelé jusque-là par Washington pour ne pas froisser ses alliés, il permet théoriquement, notamment aux exilés cubains, de poursuivre devant les tribunaux fédéraux américains les entreprises qui ont réalisé des gains grâce à des sociétés nationalisées après la révolution de 1959 dans l’île des Caraïbes.

Une mauvaise nouvelle pour les partenaires économiques du régime socialiste, au premier rang desquels se trouve l’Union européenne. « Cela va créer encore plus de confusion pour les investissements étrangers, qui aident à la création d’emploi et la prospérité à Cuba », a déclaré à la presse l’ambassadeur européen à La Havane, Alberto Navarro, ajoutant « déplorer profondément » cette décision.

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« Troïka de la tyrannie »

L’administration de Donald Trump, qui accuse Cuba de faire partie d’une « troïka de la tyrannie » en Amérique latine avec le Venezuela et le Nicaragua, avait déjà fait planer cette menace en janvier, encourageant alors « toute personne faisant des affaires à Cuba à examiner si elle fai (sai) t du trafic de biens confisqués et (était) complice de cette dictature ».

Le département d’Etat américain, affirmant avoir pris en compte les « inquiétudes » des alliés de Washington, avait finalement fait machine arrière début mars. Pas pour longtemps.

Les Etats-Unis veulent maintenir la pression sur Cuba, dont ils accusent les autorités de soutenir le régime socialiste de Nicolas Maduro au Venezuela.

Lors de l’adoption de la loi Helms-Burton en 1996, le département d’Etat américain avait estimé qu’il existait jusqu’à 200 000 plaintes potentielles, qui ont donc été gelées et pourraient être remises en selle lorsque le chapitre III sera pleinement activé.

Selon le Conseil économique et commercial des Etats-Unis et de Cuba, un groupe basé à New York qui appuie les relations commerciales entre les deux adversaires, les plaintes dans le cadre du Titre III pourraient viser des entreprises dont les chiffres d’affaires combinés atteindraient 678 milliards.

Un demi-siècle de rupture

D’après le groupe, parmi les entreprises qui pourraient faire l’objet de poursuites potentielles figurent les compagnies aériennes American Airlines, Delta et United, des chaînes hôtelières comme Marriott et Accor et d’autres firmes comme Pernod Ricard et Huawei.

L’ex-président démocrate Barack Obama avait renoué des relations diplomatiques avec Cuba en 2015 après un demi-siècle de rupture. Mais à son arrivée à la Maison Blanche, son successeur républicain Donald Trump a durci le ton et donné un tour de vis aux restrictions imposées à l’économie cubaine.

Des élus républicains qui militent de longue date pour des actions plus dures contre Cuba se sont réjouis des signaux adressés depuis janvier par l’administration Trump sur une évolution vers l’application entière de la loi Helms-Burton. « Maintenant, les entreprises qui s’empêtrent volontairement dans des partenariats avec le régime oppressif, illégitime et anti-américain à Cuba savent qu’elles vont être tenues pour responsables du fait qu’elles ont participé à bénéficier froidement des énormes pertes des victimes du régime », disait ainsi récemment Mario Diaz-Balart, un républicain de Floride d’origine cubaine.



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