Le 27 avril au Caudan Arts Centre – Danielle Halbwachs – Retour aux sources pour la soprano internationale

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Le 27 avril au Caudan Arts Centre, Danielle Halbwachs entame un retour aux sources après plus de vingt ans d’absence. La soprano mauricienne à la carrière internationale a chanté sur les plus belles scènes du monde : à la Scala de Milan, à l’Opéra Bastille à Paris et dans les opéras nationaux d’Allemagne. La cantatrice aura interprété des rôles majeurs du répertoire.

À deux semaines du grand jour, elle s’est confiée à Scope sur sa riche carrière et son impatience de partager, lors de ce récital chant et piano, son expérience de la scène lyrique auprès de ce public qu’elle affectionne et connaît bien.

Installée à Berlin, Danielle Halbwachs revient sur sa riche et dynamique carrière, qui est allée crescendo. À 35 ans, la soprano interprétait déjà les plus grands rôles, à l’instar de La Femme sans ombre de Richard Strauss à l’opéra d’État de Hambourg en Allemagne. Pour arriver au sommet de l’affiche, la jeune femme a toujours fait confiance à sa bonne étoile, même si elle estime qu’elle aurait gagné à faire moins de concessions.

Issue d’une famille de musiciens, notre compatriote a fait ses gammes en classique, mais le chant lyrique n’était pas son domaine de prédilection. À ses débuts à Maurice, elle est plutôt attirée par le jazz et joue de la guitare. “Je chantais aussi, mais pas du lyrique. Avec les copines d’école, on faisait des mini-concerts, des cabarets, etc.” Elle dispose aussi d’un vaste réseau qui lui ouvre des portes, à l’instar des frères Dumolard, de Gérard Cimiotti et d’autres grands noms du milieu musical.

Et quid de la musique classique ? “J’entendais des personnes plus âgées chanter de l’opéra, mais je n’aimais pas ce qui venait à mes oreilles à l’époque.” Pourtant, elle a baigné dans cet univers, avec une grand-mère passionnée du genre, qui avait étudié le chant lyrique et le solfège auprès d’un grand professeur à Paris, et son grand-oncle, Philippe Boulier. C’est d’ailleurs en entendant ce dernier chanter alors qu’elle a 18 ans, qu’elle voit une ouverture dans ce domaine et commence à s’y intéresser.

Carrière internationale.

En 1985, elle s’envole pour des études en Afrique du Sud, “avec comme instruments, le piano et la guitare”. Une fois au Cap, elle se fait remarquer pour sa voix. Elle débute deux ans plus tard des cours de chant. “Au départ, on me disait que j’étais mezzo. Je n’étais pas d’accord car je pouvais élancer ma voix plus haut. À mes débuts, j’étais en mesure de chanter l’Air de la Reine de la nuit de l’opéra La Flûte enchantée de Mozart.”

Nous sommes en 1988. Entre ses cours de musique et d’autres activités, l’étudiante affine ses goûts pour l’art lyrique en allant voir des opéras. Une aubaine pour la Mauricienne, qui n’avait jamais vu d’opéra dans sa petite île de l’océan Indien. Elle est captivée par le Faust de Charles Gounod, Le Vaisseau fantôme de Wagner et les opéras de Puccini. La soprano en devenir apprécie tout particulièrement cet univers “fait de théâtre, de musique et de langues étrangères”. Après une audition concluante, débute une longue et belle aventure comme chanteuse lyrique.

Poursuivant une carrière internationale en Europe, la jeune femme prendra très vite du galon. Elle fera les plus belles scènes du monde : La Scala de Milan, l’Opéra Bastille à Paris, les opéras nationaux d’Allemagne (Bavière, Berlin, Francfort, etc.). Elle jouera aussi les plus beaux rôles. Son préféré est celui de la comtesse dans Les Noces de Figaro. Son répertoire comprend aussi les rôles de la Reine de la nuit dans La Flûte enchantée et l’impératrice dans La Femme sans ombre de Richard Strauss. Elle a adoré tous les opéras de Verdi qu’elle a chantés, les Puccini et autres Mozart. Mais interpréter le répertoire wagnérien a été sa plus grande déception.

“Chanter ce qui me correspond”.

En regardant dans le rétroviseur, elle avoue qu’elle aurait dû refuser plus souvent certains rôles. “En Europe, quand on a un certain physique, il est difficile de choisir son répertoire. Avec mon mètre 80 et ma carrure, on a décidé de facto qu’il fallait que je chante Wagner. Contrairement au rôle de la comtesse dans Les Noces de Figaro, ce n’est pas un répertoire qui me correspond.”

Essoufflée par les contradictions dans le milieu, la soprano décidera de freiner et se mettra en free-lance. Une décision qu’elle ne regrette pas. “Je suis aujourd’hui beaucoup plus zen, heureuse et disponible à m’ouvrir au public dans mes concerts, récitals. De chanter ce qui me correspond, comme ce sera le cas à Maurice. Être libre de mes choix est déterminant pour pouvoir m’exprimer musicalement.”

Depuis les débuts de Danielle Halbwachs en Europe, beaucoup de choses ont changé dans le monde de l’opéra. “C’est un univers qui est devenu extrêmement rapide et qui s’épuise très vite. Avec l’essor des médias sociaux, les maisons de disques se meurent et de moins en moins de chanteuses lyriques tiennent l’affiche très longtemps.” Il faut également compter avec les nouveaux canons de beauté de la scène lyrique. “L’expression vocale est moins favorisée que le physique”, ajoute la soprano. Des stéréotypes de beauté ont tendance à déterminer la longévité d’une carrière.

Renouer avec le public mauricien.

Danielle Halbwachs est revenue à son ancien amour et enseigne depuis cinq ans le chant lyrique dans un studio à Berlin. “J’ai toujours aimé enseigner et partager mes connaissances.” Ce besoin de partager, dans une classe comme sur scène, “est une qualité purement mauricienne”. Si son amour du classique découle de ses origines européennes, “cette spontanéité et cette générosité qui m’habitent sur scène me viennent de mes racines mauriciennes. Cela a certainement été un atout qui m’a ouvert des portes”.

La soprano chantera son retour à ses racines sur la scène du Caudan Arts Centre, le 27 avril. Sa dernière scène à Maurice remonte à 1996. Plus de vingt ans après, “c’est une grande joie de revenir et de renouer avec ce public si chaleureux”. Pour ce concert en deux parties, elle sera accompagnée du chef d’orchestre et pianiste britannique Tim Ribchester, avec qui elle collabore depuis un an. “C’est un chef d’orchestre de grand talent qui apportera une touche spéciale au concert.” De belles sonorités en perspective, d’autant que la salle du Caudan Arts Centre est équipée d’un piano de concert Steinway. En première partie, les amateurs de belle musique retrouveront des mélodies de Schubert, Duparc et Rachmaninov. La deuxième partie sera consacrée à l’opéra, avec des airs de Mozart, Puccini, Meyerbeer et Tchaikovsky.

Infos pratiques

Ce concert est une initiative d’Opera Mauritius, en collaboration avec le Caudan Arts Centre. La soprano Danielle Halbwachs sera sur scène le 27 avril, de 19h30 à 21h. Les billets sont en vente sur le site du Caudan Arts Centre, au tarif suivant : Rs 350 (Troisième), Rs 700 (Seconde), Rs 900 (Première) et Rs 1,200 (VIP). Infos : 467-67-67.



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Le Mauricien

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