[Faits Divers] Migrants sri-lankais et passeurs indonésiens face à la justice

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C’est une étape judiciaire cruciale qui attend aujourd’hui les migrants sri-lankais ayant accosté samedi à Sainte-Rose à bord d’un navire en provenance d’Indonésie. Plusieurs avocats ont saisi le tribunal administratif d’une requête en référé-liberté, qui remet en cause la base légale du placement en zone d’attente des 120 demandeurs d’asile. Des moyens sont soulevés pour contester la mesure privative de liberté prise dans la foulée du refus d’entrée sur le territoire.

«C’est une situation assez exceptionnelle en France d’avoir recours à une zone d’attente temporaire en dehors d’un point de passage frontalier», explique l’un des avocats des requérants. La décision du tribunal administratif pourrait alors faire jurisprudence sur la question.

Pour autant, alors que le juge des référés examinera la requête ce matin, sa décision ne sera sans doute pas connue avant plusieurs jours. Et la question de la prolongation du maintien en zone d’attente des migrants devra être posée durant la journée de jeudi, à expiration du délai des quatre premiers jours de placement.

 

10 ANS DE PRISON ENCOURUS

 

Plusieurs salles d’audience du palais de justice de Champ-Fleuri seront donc consacrées jeudi à l’examen des demandes de l’administration de prolonger le maintien des migrants à l’intérieur du gymnase de Duparc. Plusieurs juges des libertés et de la détention (JLD) siègeront simultanément, comme cela a été le cas lors des dernières arrivées en nombre de demandeurs d’asile sri-lankais.

Afin de constater de visu les conditions d’hébergement des migrants, qui devraient être largement débattues au cours de ces audiences, l’un des JLD s’est rendu sur site hier matin. Selon nos informations, l’administration a fait installer des ventilateurs supplémentaires, alors qu’il régnait une chaleur difficilement supportable à l’intérieur de l’équipement sportif.

Quant aux trois passeurs indonésiens, ils seront déférés aujourd’hui au palais de justice en vue d’un jugement selon la procédure de comparution immédiate. Ils devront répondre, s’ils acceptent d’être jugés immédiatement, des faits d’aide à l’entrée d’étrangers en situation irrégulière en bande organisée. Auxquels pourraient s’ajouter ceux de soumission d’étrangers à des conditions de transport indigne et d’exposition à un risque immédiat de mort ou de blessures par violation délibérée d’une obligation de sécurité. Un ensemble d’infraction qui leur fait encourir une peine de dix ans d’emprisonnement.

 

Sébastien Gignoux

 


“De la traite humaine” pour Christophe Castaner

Avant de quitter précipitamment Mayotte en raison de l’incendie de Notre-Dame de Paris, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, en voyage officiel dans l’île au lagon, a répondu à des questions de journalistes locaux concernant cette nouvelle arrivée de migrants sri-lankais à La Réunion. “Nous allons les accueillir dans des conditions dignes car la France est un état de droit, puis nous allons engager des procédures de retour dans leur pays d’origine” a-t-il ainsi déclaré, ajoutant que les autorités allaient “évaluer au cas par cas si un droit d’asile est nécessaire. Mais le Sri Lanka est un pays sûr et les 100 personnes débarquées n’ont sans doute pas toutes besoin de protection.”
Pour le ministre, “une filière est en train de s’organiser depuis le Sri Lanka, il n’est pas question de la laisser s’installer.” “C’est de la traite humaine, de l’esclavagisme moderne que pratiquent ces passeurs”, a-t-il encore commenté, précisant que “l’ensemble des ministres de l’Intérieur du G7 ont fixé un objectif : celui du combat contre les passeurs.” 

 

 



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