Le gazoduc Nord Stream 2 pourrait être retardé de plusieurs mois

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Les tensions stratégiques se poursuivent autour de la construction de ce tuyau qui doit acheminer le gaz russe vers l’Allemagne sans traverser l’Ukraine.

Par Nabil Wakim et Anne-Françoise Hivert Publié aujourd’hui à 18h02

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L’« Audacia », navire poseur de canalisations pour le gazoduc Nord Stream 2, près de l’île allemande de Rügen, en novembre 2018.
L’« Audacia », navire poseur de canalisations pour le gazoduc Nord Stream 2, près de l’île allemande de Rügen, en novembre 2018. Axel Schmidt / REUTERS

Le gazoduc Nord Stream 2, pomme de discorde entre Européens, Russes et Américains, vient de se heurter à un nouvel obstacle. Ce tuyau de 1 200 kilomètres de long, qui doit acheminer du gaz russe vers l’Allemagne à travers la mer Baltique, devait être terminé fin 2019. Mais une petite île danoise, située sur le trajet du gazoduc, est en train de changer la donne. Or le retard du projet pourrait avoir des conséquences pour l’approvisionnement en gaz de l’Europe.

Le Danemark n’a toujours pas délivré de permis pour une portion de Nord Stream 2, qui doit contourner l’île de Bornholm, au sud de la Suède, et donc traverser les eaux territoriales danoises. Officiellement, l’Agence danoise de l’énergie a demandé au consortium Nord Stream, en mars, d’étudier un nouveau tracé – le troisième depuis le lancement de la procédure d’autorisation, il y a deux ans. « Nous voulons être certains que nous approuvons la route la plus optimale en termes d’environnement et d’impact pour la navigation dans le secteur », justifie Morten Christensen, porte-parole de l’Agence.

Mais le consortium Nord Stream 2 n’est pas de cet avis. Cette nouvelle exigence « ne peut être considérée que comme une tentative délibérée de retarder la réalisation du projet », a-t-il réagi, lundi 15 avril, dans un communiqué publié en même temps que le dépôt de la troisième demande d’autorisation. Dénonçant une « violation de la confiance des investisseurs », le constructeur estime que chaque jour de retard coûtera 20 millions d’euros « aux familles et aux industries européennes, qui devront payer la note ».

Pas de réponse du chef de la diplomatie danoise

Le premier tracé, présenté le 3 avril 2017, s’alignait sur celui du premier gazoduc, Nord Stream 1, inauguré en 2011. Le projet n’avait alors eu aucun mal à obtenir le feu vert du gouvernement danois, dirigé déjà à l’époque par le libéral Lars Lokke Rasmussen. Depuis, la situation géopolitique dans la région a changé et pour M. Rasmussen, de nouveau à la tête du gouvernement depuis 2014, l’« implication politique » du gazoduc ne peut être ignorée.

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Les autorités danoises ne pouvaient statuer que sur l’impact environnemental du projet. Mais le 1er décembre 2018, les députés ont adopté un amendement, qui permet au ministre des affaires étrangères de mettre son veto à toute construction sur le plateau continental danois s’il estime que les intérêts du pays, en matière de sécurité et de diplomatie, sont menacés.



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