Hugues Sauzier: «Que 100 % des petits contrats publics soient alloués aux PME en informatique»

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Hugues Sauzier,vice-président de la Mauritius Information and Technology Industry Association.

Dans le cadre du prochain Budget, l’association de l’industrie informatique a fait une demande d’aide à l’exportation car, dit-elle, le potentiel et le savoir-faire sont là. Il lui manque seulement un encadrement du gouvernement.

La Mauritius Information and Technology Industry Association (MITIA) a soumis un mémoire budgétaire au ministre de la Technologie, de l’innovation et de la communication. Quelles sont les priorités du secteur ?
Tout s’articule autour d’une économie durable basée sur l’informatique. La priorité du secteur informatique est que le gouvernement nous aide à l’exportation. Il faut aussi avoir de la maind’oeuvre pouvant travailler sur les technologies de pointe. Et une réduction de 3 % de la taxe sur les profits provenant de l’exportation alors que cela s’applique uniquement aux devices. Nous demandons au gouvernement de jouer les facilitateurs en signant des traités ou en mettant en place des mécanismes avec les pays où nous investissons.

Vous dites que le secteur a du potentiel pour atteindre une croissance supérieure. Qu’entendez-vous par là ?
Il y a un potentiel pour atteindre 10 %. Toutefois, nous faisons face à beaucoup de défis. À titre d’exemple, un des indicateurs est que ce sont les sociétés informatiques connues qui sont dans le Top 100. Or, aucune société informatique locale n’y figure. Les sociétés sont en train de piétiner pour survivre. Il y a une adéquation entre la vision pour faire du secteur de l’Information Technology (IT) un pilier de l’économie et les performances des entreprises. Dans notre document, on parle du développement du Software Engineering. Nous avons une vision de concevoir des logiciels Made in Moris à promouvoir à l’exportation.

Pourquoi les solutions locales ne sont-elles pas adoptées ?
Le savoir-faire local est négligé. À titre d’exemple, le tender process est orienté vers le prix et ne privilégie pas la qualité. On va mettre 85 % sur la technique de qualité et 15 % sur les finances. Le système actuel de contrat public est un First Past The Post, où si je suis plus cher qu’un autre, il a l’avantage sur moi. Cela ne favorise pas la qualité ni l’exportation.

Dans votre mémoire, vous parlez de quota de contrats publics pour les petites et moyennes entreprises (PME) en informatique. Pourquoi ce système de quota ?
On demande que 50 % des gros contrats soient alloués aux sociétés locales. Et que 100 % des petits contrats reviennent aux PME. Si le gouvernement est sérieux pour promouvoir l’informatique, il faut appliquer 50 % de nos propositions.

Le secteur public a tendance à octroyer les contrats à des firmes internationales. Est-ce une pratique qui met un frein au secteur local IT ?
Nos entreprises locales ont exporté leur savoir-faire en Afrique. Notamment au Ghana, en Tanzanie, au Kenya, au Lesotho, où il y a un système de gestion de pension. On a le potentiel et la capacité de produire des logiciels de grande qualité. Il nous faut un encadrement et le soutien du gouvernement. Par exemple, l’open source, qui permettrait d’aller très vite. Il faut que le gouvernement donne l’exemple.

Tous les ans, le rapport de l’Audit montre du doigt des logiciels sous-utilisés, des équipements coûteux. Le remède serait-il d’avoir des solutions locales ?
C’est la maintenance qui coûte cher, car les éditeurs utilisent cet argent pour la recherche et développement (R&D). Au lieu de souscrire aux programmes venant des États-Unis et de l’Europe, la maintenance aurait pu être faite par des sociétés mauriciennes. Je ne dis pas que ce sera gratuit, mais l’argent perçu aurait pu servir à financer la R&D localement. Maurice aurait pu développer des logiciels haut de gamme.

«Le système actuel de contrat public est un First Past The Post.

Toutefois, les solutions innovantes ne sont pas nombreuses, de startup ou autre sociétés…
Le Mauritius Research Council a lancé un appel à projets pour des solutions innovantes. Il y a un manque de target organisation. Souvent, de bonnes idées ne sont pas applicables à Maurice. On propose l’inclusion d’une ou de deux organisations pour travailler sur des projets réalisables. Cela aurait pu être cinq, ce serait placer la barre trop haut. Ce projet serait bénéfique avec un financement à faible taux aux demandeurs. Au final, c’est le satisfaction level qui est important.

Les start-up en informatique proposent toute une panoplie de services et produits. Quels sont les segments auxquels elles doivent se consacrer ?
Les solutions doivent s’orienter vers l’utilisation de drones, les objets utilisant la technologie Internet of Things et les solutions pour les secteurs conventionnels avec l’apport du Software Engineering.

On a l’impression que les start-up en informatique n’ont pas beaucoup de structures pour se développer…
Les PME n’ont pas suffisamment d’encadrement. Il y a les incubateurs et les accélérateurs. Mais ils ne sont pas assez dynamiques. Pourtant le potentiel est là. Ces start-up doivent être orientées vers des technologies de pointe et travailler avec de grosses sociétés.

La MITIA est en train de mettre en place le Salon virtuel pour intégrer les PME afin de montrer leurs compétences et leurs domaines d’expertise. Le but est de permettre à ces derniers de travailler ensemble.

Vous demandez un rôle plus actif pour l’Economic Development Board (EDB). Pourquoi ?
Les missions faites par l’EDB n’aboutissent que très peu à des résultats. Si l’EDB promouvait les solutions aux pays où ont lieu ses missions, cela pourrait être répliqué à l’étranger.




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Lexpress

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