Marine Le Pen présente son contre-projet européen à Strasbourg

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La présidente du parti d’extrême droite a présenté, lundi 15 avril, à Strasbourg, son programme. Il prône, entre autres, le souverainisme partout… sauf sur le plan monétaire.

Par Lucie Soullier Publié aujourd’hui à 20h47, mis à jour à 20h56

Temps de Lecture 2 min.

Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, à Strasbourg, le 15 avril 2019.
Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, à Strasbourg, le 15 avril 2019. FREDERICK FLORIN / AFP

« L’Europe, c’est davantage Marine Le Pen et Matteo Salvini que Jean-Claude Juncker et Emmanuel Macron. » La tête de liste du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, a donné le ton dès les premières minutes de la présentation du programme du parti d’extrême droite à Strasbourg, lundi 15 avril. Rival de la liste de la majorité présidentielle dans les sondages, le RN organise le face-à-face en dévoilant son contre-projet à près d’un mois du scrutin européen. Son « alliance européenne des nations » axée sur les « coopérations », le parti lepéniste la construit en effet en miroir au fédéralisme de l’Union européenne et à celui qu’il considère être comme son incarnation nationale : Emmanuel Macron.

Le député européen Nicolas Bay embraye, affichant une « différence de philosophie » entre les deux partis. Aux « globalistes » derrière lesquels l’ex-FN range le chef de l’Etat et l’Union européenne, le RN oppose les « localistes », concept cher aux identitaires que le parti d’extrême droite préfère désormais à celui de « nationaux ».

« Nous sommes les vrais Européens », lance Marine Le Pen en brandissant son manifeste de 75 pages « pour une Europe des nations » à la tribune alsacienne. « Patriotisme économique », « protectionnisme », « priorité nationale »… Des propositions sans surprise, qui prônent chapitre après chapitre l’abrogation de la directive sur le travail détaché, une baisse des impôts « pour les Français », ou encore l’incitation à la « préférence nationale » dans tous les domaines, et notamment économiques. Ainsi, le parti suggère-t-il l’instauration d’une « responsabilité nationale de l’entreprise » encourageant le « refus des délocalisations, l’embauche d’une main-d’œuvre nationale, l’incitation à recourir à des fournisseurs ou des produits locaux » avec, à la clé : un accès privilégié aux marchés publics.

La sortie de l’euro n’est plus d’actualité

Suppression de la Commission européenne, jugée « antidémocratique », au bénéfice du Conseil européen, représentant des Etats, sur le plan institutionnel ; retour des contrôles aux frontières nationales et arrêt de l’immigration légale sur le volet migratoire… Le programme du RN prône le souverainisme partout…, sauf sur le plan monétaire. Pour la première fois depuis son revirement post-présidentiel, le parti lepéniste inscrit dans son programme que la sortie de l’euro n’est non seulement plus une priorité, mais plus d’actualité : « Les Français ont montré qu’ils restent attachés à la monnaie unique », avance le manifeste. A la place, Marine Le Pen préconise donc une simple réforme de la gouvernance de la BCE, comme elle affirme désormais vouloir « changer cette Union européenne de l’intérieur » plutôt que d’en sortir. Volte-face qu’elle justifie par la fin de son « isolement sur la scène européenne ».

Là encore, comme souvent en matière européenne, la patronne de l’extrême droite française avance son amitié avec le ministre de l’intérieur Matteo Salvini pour illustrer les nouveaux rapprochements possibles en Europe : « Nous avons mandaté Matteo Salvini (…) pour tenter de constituer ce très grand groupe qu’on pourrait appeler souverainistes » au Parlement européen. Des alliances plus que balbutiantes, côté RN.

Au-delà d’une union encore très hypothétique entre les partis populistes européens après le 26 mai, l’unanimité des Etats membres est en outre nécessaire pour entamer la révision des traités européens défendue par Marine Le Pen. Le parti lepéniste contourne le problème en évoquant, là encore, l’arrivée au pouvoir des idées nationalistes dans certains pays européens. Et donc, la possibilité d’une minorité de blocage au Conseil européen empêchant la mise en place de certaines décisions prises par la Commission. Comme de certaines sanctions.

Lucie Soullier (Envoyée spéciale à Strasbourg)



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