[Justice] Il y a un an, mourait William Childéric, son meurtier présumé jugé le 23 avril

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Un an et neuf jours après la mort violente du photographe réunionnais, William Childéric, le procès de son meurtrier présumé s’ouvrira le 23 avril à Antananarivo. Pas sûr qu’il fasse la lumière sur les multiples zones d’ombre qui entourent ce crime.

William Childéric, père de deux filles majeures, avait 46 ans. Humaniste et artiste, il était un photographe de talent, aussi bien pour des clichés de presse que pour des prises de vues d’illustration. William Childéric a été agressé le 13 avril 2018, à son domicile, dans le quartier de Faravohitra, de la capitale malgache. Il s’y était installé en 2017 et se partageait entre la photo, sa passion et profession de base, et le centre de psychothérapie qu’il avait ouvert. Quelques mois avant sa mort, William, français de naissance, avait obtenu la nationalité malgache.

Dans la soirée du 13 avril, il a reçu la visite attendue de Ranto Rasolofoarisoa, un jeune de 19 ans, que William connaissait bien, puisqu’il est le neveu de la nouvelle compagne de son père.

Peu de temps après, William sera vu, dans la rue, par le gardien d’une case voisine de la sienne. Il est torse nu, blessé à la tête et ensanglanté. Des témoignages recueillis par la police, il ressort que, conscient, il a refusé dans un premier temps, d’être conduit à l’hôpital, en taxi. Puis William perdra connaissance. Enfin hospitalisé après avoir sombré dans le coma, il succombera le lendemain, aux blessures profondes qu’il présentait à la tête.

Ranto s’est confié à sa maman, par un appel téléphonique, puis s’est constitué prisonnier à la brigade criminelle. Interrogé par les policiers sur le mobile de son geste, le jeune majeur a déclaré avoir été contraint de tuer William, par six commanditaires qui l’auraient menacé avec une arme de poing. Rien dans l’enquête de police, ni dans l’information judiciaire n’est venu étayer cette version. Et aucun commanditaire n’a jamais été identifié, donc retrouvé.

 

Questions sans réponses

 

Les questions ne manquent pas chez les proches de William. Il n’est pas certain qu’elles trouvent une réponse dans le procès qui s’ouvrira devant la cour criminelle d’Antananarivo, le 23 avril prochain. Si, du fait de la séparation des parents de William, la famille ne sera pas constituée en une seule partie civile, les deux avocats réunionnais, le bâtonnier saint-pierrois, Georges-André Hoarau et l’avocat dionysien, Me Marius Rakotonirina partagent la même vision du dossier. ” C’est une excellente chose qu’il y ait une sorte d’union de sa famille, pour défendre sa mémoire, et pour connaître la vérité”, avance le bâtonnier. “Nous avons pu obtenir que ce crime soit qualifier de meurtre, c’est à dire commis avec l’intention de tuer , ce qui n’était pas la qualification pénale de départ”, poursuit-il. “Il y a des manques dans ce dossier, enchaîne Me Rakotonirina. Toutes les investigations n’ont pas été faites. Des confrontations indispensables n’ont pas été ordonnées. Le juge s’en est tenu aux aveux de Ranto, sans vérifier leur vérité. Donc nous ne connaissons pas le mobile de ce meurtre”.

Une autre hypothèse avancée fut que la double nationalité acquise par William était mal perçue par l’entourage familial malgache de son père. Elle aurait pu lui donner des droits sur un futur héritage. Mais rien n’est venu étayer cette éventualité. Les enquêteurs n’ont rien trouvé n’ont plus du côté du centre Mosaïc que la victime avait ouvert à Madagascar. Il s’agissait d’un mouvement qui prétendait oeuvrer dans la psychothérapie, la sexothérapie ou l’hypnothérapie.

Des proches de William pensent encore aujourd’hui qu’il s’était peut-être mis en difficulté en raison des pratiques douteuses de ce mouvement. Le sulfureux Dr Eric Dietrich, à l’origine des centres Mosaïc et de ce mouvement, limite sectaire, avait été interrogé en août 2018 par le JIR. Il reconnaissait être ami avec William Childéric et  n’excluait pas que son élimination physique puisse trouver son origine dans ces activités paramédicales et quelque peu ésotériques.

 

Jean-Noël Fortier

 


 

Une autre procédure en France

La mort de William Childéric fait également l’objet d’une procédure judiciaire en France. “Nous avons saisi la section P 20 du parquet de Paris, expliqué Me Farid Issé, du cabinet d’avocats Georges-André Hoarau. Elle est en charge du traitement des crimes commis contres des ressortissants français à l’étranger”. Un juge d’instruction a été désigné. A ce jour, les parties civiles attendent de prendre connaissance des conclusions de ses investigations.

Le bâtonnier Georges-André Hoarau veut mettre toutes les chances du côté des parties civiles, pour que jaillisse la vérité due aux proches de William. “Il y a quelque chose de plus fort que la mort, c’est la présence des absents, dans la mémoire des vivants”, dit l’avocat, citant, mot pour mot Jean d’Ormesson.

 



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clicanoo

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